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Politique «La droite se limite à injurier les Etats étrangers»

Le président du PS Christian Levrat veut discuter des grands projets de société avec Avenir Suisse, un groupe de pensée libéral. L’occasion de fustiger la pauvreté de la réflexion au PLR, PDC et UDC

Le président du PS Christian Levrat déterre la hache de geurre contre les partis bourgeois. «L’essentiel de l’activité du PLR, du PDC et de l’UDC ces dernières années consiste à essayer de se barricader face à l’étranger», résume le sénateur fribourgeois.

Le président du PS Christian Levrat déterre la hache de geurre contre les partis bourgeois. «L’essentiel de l’activité du PLR, du PDC et de l’UDC ces dernières années consiste à essayer de se barricader face à l’étranger», résume le sénateur fribourgeois. Image: Patrick Martin

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Le Matin Pourquoi répondre aujourd’hui aux 44 propositions d’Avenir Suisse ?

Christian Levrat: Parce que nous sommes convaincus que la politique, c’est l’affrontement des idées, de projets, de visions. Ce n’est pas que de commenter l’actualité immédiate. Or depuis quelques années, les partis ont pris l’habitude d’être de simples agences de communication. La droite ne fait pas de proposition, ne débat pas entre elle. Il n’y a pas d’approche conceptuelle à droite, pas de vision d’avenir.

Il n'y a pas d'idées à droite, selon vous?

Ch. L.: - Les seuls qui font des propositions qui sont un tant soit peu ambitieuses, c’est Avenir Suisse. Le pendant du PS est un «think tank» libéral. Le PLR, le PDC, l’UDC ne sont plus en mesure de débattre avec nous sur les questions de l’avenir de la Suisse.

Cela a tout d’une provocation de désigner ainsi les partis de droite?

Ch. L.: - Dites-moi quand les partis de droite ont fait des propositions de moyen et long terme. L’essentiel de l’activité du PLR, du PDC et de l’UDC ces dernières années consiste à essayer de se barricader face à l’étranger. Quand cela ne se limite pas simplement à injurier les Etats étrangers avec lesquels on a des échanges. Cela n’est pas une solution pour notre vie politique. Si aujourd’hui, la démarche du PS est une provocation, espérons qu’elle amènera au moins le PDC, le PLR et l’UDC à travailler plus en profondeur!

Vous nous dites que la politique du PDC et du PLR est de s'aligner sur l’UDC: est-ce cela qu'il faut comprendre?

Ch. L.: - Le débat n’a plus lieu dans la profondeur qu’il devrait avoir. Et l’étude d’Avenir Suisse doit agir dans ces milieux comme un coup de semonce. Le PS est habitué à ses débats programmatiques. Cela correspond à une attente de notre électorat d’essayer de voir au-delà de la semaine prochaine quels sont les grands projets de société qui nous préoccupent. Je suis convaincu qu’il y a aussi une place pour ce genre de débats à droite. C’est une erreur de l’externaliser comme le font les partis bourgeois.

Revenons au contenu: pourquoi le PS fait des propositions en réaction d’Avenir Suisse?

Ch. L.: - Le PS fait des propositions depuis des années. Notre grande discussion sur le programme du parti traitait précisément des visions à moyen et long terme. Avenir Suisse nous offre simplement la possibilité de mener un débat contradictoire avec des gens qui représentent, eux, des visions libérales orthodoxes. Libéralisation, privatisation, démantèlement de nos assurances sociales. Mais aussi des propositions plus surprenantes! Notamment dans la régulation bancaire, dans l’aménagement du territoire, on constate des convergences.

Il y a quelques années, le livre blanc du libéralisme avait suscité des discussions passionnées. Aujourd’hui, les 44 propositions d’Avenir Suisse, hormis votre réaction, n’engendre qu’une indifférence polie. L’expliquez-vous?

Ch. L.: - Tout d’abord, il y a une forme de dépolitisation de nombreux médias. Ils traitent la surface plutôt que la profondeur des choses. Ensuite, les partis bourgeois ont perdu leur capacité à intégrer le moyen et long terme dans leur réflexion. Au final, et nous l’avons bien vu quand le PS a discuté de son programme, nous nous retrouvons seuls. Ce n’est pas sain pour notre démocratie, pas sain pour la Suisse. Mais nous avons constaté que du côté libéral il existe une organisation qui fait des propositions: et il vaut la peine d’en débattre avec elle. Le PS s’attache à le faire sérieusement.

Créé: 29.01.2013, 14h54

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