Lundi 17 février 2020 | Dernière mise à jour 03:39

Genève Agression à Saint-Jean: 14 ans de prison requis

Le principal accusé pour une agression sauvage commise à Saint-Jean(GE) risque une peine de 14,5 ans de prison. Son complice risque 14 ans.

Image: Keystone

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Le procureur Dario Nikolic a requis, jeudi, 14,5 et 14 ans de prison à l'encontre des deux prévenus de 20 ans jugés pour l'agression sauvage de deux trentenaires, un soir de janvier 2017, dans le quartier de Saint-Jean, à Genève.

Pour le représentant du Ministère public, les accusés doivent être reconnus coupables de deux tentatives d'assassinat. Les agresseurs avaient agi à l'époque avec trois de leurs copains avec qui ils formaient la bande des «Brathers». Ces comparses, mineurs au moment des faits, seront jugés séparément.

Pour M. Nikolic, la faute commise par les prévenus est gravissime. Considéré comme le meneur de la bande, un des accusés a frappé les victimes à la tête avec une batte de baseball. L'autre a donné des coups de pied au visage d'un malheureux, alors que celui-ci se trouvait à terre, inconscient.

Pas des psychopathes

«Cette affaire est profondément insupportable et les crimes sont monstrueux», a souligné le procureur dans son réquisitoire. Les accusés ne sont pourtant pas des monstres, a ajouté le magistrat. «Ils ont grandi à Genève, y ont été scolarisés, ont une famille». Ce ne sont ni des psychopathes ni des sadiques, selon lui.

La bande avait déjà perpétré plusieurs agressions les semaines qui ont précédé la virée sanglante de Saint-Jean. Les jeunes passaient à tabac des personnes rencontrées au hasard. Au procès, ils n'ont donné aucune explication à leur acte. Il y a eu une banalisation de la violence, a souligné Simon Ntah, l'avocat d'une des victimes.

«On frappe des gens puis on va passer la soirée chez un des membres de la clique», a-t-il souligné. A Saint-Jean, les cinq jeunes sont passés à la vitesse supérieure. Des armes ont été utilisées. Les victimes ont reçu des coups de batte, mais ont aussi été tapées avec un casque de moto.

Pas de mobile

Selon l'avocat, le pire est que les agresseurs n'avaient pas de mobile. Le procureur, dans son réquisitoire, a parlé d'une simple envie de se défouler, «d'homicides pour tromper l'ennui». Après leur agression à Saint-Jean, les membres de la bande, une fois rentrés chez eux, ont échangé des photos sur what's app.

«Je te frappe, je te défonce comme un démon, je t'oublie et je poursuis ma vie», a résumé M. Ntah, reprenant des paroles d'une chanson des rappeurs PNL, que la bande écoutait à l'époque. Pour l'avocat, les membres de la clique se sont probablement identifiés à ce groupe, mais pour eux «c'était plus que de la musique».

Laura Santonino, l'avocate de l'un des trentenaires qui s'est fait massacrer à Saint-Jean, a rappelé que deux vies ont été sacrifiées, car les victimes, gravement handicapées aujourd'hui, ont eu la malchance de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. «Cela aurait pu arriver à n'importe qui d'entre-nous».

Le procès se poursuit vendredi avec les plaidoiries des avocats de la défense. (ats/nxp)

Créé: 07.03.2019, 11h58

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