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Berne L'amour de la politique au temps du coronavirus

A quelque chose malheur est bon. La plupart des parlementaires sont d'accord: les conditions de travail sont nettement plus calmes sans visites.

Depuis le début de la session, l'absence de visite au Parlement a eu un effet positif sur le travail des parlementaires et une conséquence directe: ils sont bien plus présents dans la salle.

Depuis le début de la session, l'absence de visite au Parlement a eu un effet positif sur le travail des parlementaires et une conséquence directe: ils sont bien plus présents dans la salle. Image: Anthony Anex/Keystone

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Il fêtera ses 73 ans lundi prochain, 16 mars, le doyen du conseil national, Jean-Pierre Grin (UDC/VD), fait partie du groupe à risque. Il le sait bien entendu, mais il n'est pas de nature bileuse. Le virus passera-t-il par lui ? Il sourit en haussant ses larges épaules... «On n'en sait rien...», lâche-t-il mi-fataliste, mi-amusé.

Attention...

Depuis le début de l'épidémie en Suisse, le Vaudois a changé ses habitudes: «Je ne prends plus les transports publics, mais bon, je ne les prenais pas beaucoup. Par contre ce qui a changé, c'est que je me désinfecte les mains régulièrement, c'est quelque choce que je ne faisais pas avant.. Autrement, j'évite aussi d'aller dans les magasins où il y a du monde. Je fais atttention, mais je ne suis pas inquiet.»

Plus de temps pour les collègues

D'une manière générale, les parlementaires apprécient le calme qui règne dans le Palais fédéral depuis le début de la session. Pas de va-et-vient de groupes de visiteurs, nettement moins d'agitation, presque du silence, un peu comme un dimanche sans voiture... Pour Isabelle Chevalley (Verts/VD) : «C'est surtout beaucoup moins fatigant, il y a moins de bruit et nous avons plus de temps pour nos collègues. En tant normal les visites nous absorbent beaucoup de temps».

«On abandonne pas le bateau»

Pour Ada Marra (PS/VD) «C'est calme, on peut travailler tranquillement, il n'y a plus de lobbyiste, mais c'est spécial... Nous devons nous responsabiliser, si quelqu'un ne sent pas bien, il ne doit pas venir. Par contre nous nous devons de poursuivre la session. Le Parlement c'est un peu le capitaine du bateau et on abandonne pas le bateau. Notre message doit être rassurant.»

La session jusqu'au bout ?

Une question demeure toutefois: ira-t-on jusqu'au bout de la session? L'Assemblée nationale française a décidé de jeter l'éponge lundi après que cinq de ses membres (sur 577) ont été atteints par Covid-19. Le virus finira-t-il par entrer dans l'enceinte du Palais fédéral? Par qui ? Si c'est le cas, faudra-t-il interrompre la session ?

«Jamais dans son histoire...»

Personne n'a la réponse. Baptiste Hurni (PS/NE) estime que ce serait un précédent: «Jamais dans son histoire, le Parlement helvétique n'a interrompu une session, même pendant la guerre». Pour lui, la tentative de Thomas Aeschi (UDC/ZG) d'arrêter les débats visait surtout à empêcher le Parlement d'entériner la rente-pont avant la votation de l'initiative de l'UDC contre la libre circulation. Sans succès.

Une semaine par session?

Jean-Pierre Grin, lui, n'a pas suivi la motion de son collègue zougois. Il trouve l'ambiance apaisée, mais il regrette finalement les tribunes vides: «J'aime bien regarder les jeunes qui viennent visiter le Palais fédéral, ils sont là pour l'apprentissage de la démocratie...» S'il se réjouit que le Parlement retrouve son fonctionnement normal, il trouve que ce serait «peut-être bien de renouveler une semaine par session sans visite». Ou peut-être une session par année, celle du printemps en souvenir de l'épidémie.

Eric Felley

Créé: 10.03.2020, 08h01

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