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Patinoire Les arches du HC Ajoie retournent chez le père fondateur

L'entrepreneur Charly Corbat avait imaginé la patinoire couverte de Porrentruy. Un demi-siècle plus tard, sa structure symbolique retourne dans son village.

Toute une histoire

Membre fondateur et ancien président (1983-1984) du Hockey-Club Ajoie, Hervé de Weck a retracé l'histoire d'un club officieusement fondé en 1947. Le HC Porrentruy fait sa première sortie sur l'étang de Bonfol. Hervé de Weck détaille un match disputé devant huit cents spectateurs «dont le poids risque de causer la rupture de la glace». Les bandes n’existent pas: le champ de glace est délimité par des poutres, si bien que des joueurs terminent leur trajectoire dans le public. «Lorsqu’un puck part au diable vauvert, spectateurs, joueurs et arbitres se mettent à sa recherche», raconte Hervé de Weck. Dans une baraque, on sert du thé à la cannelle et des beignets. Après la disparition du HC Porrentruy, le HC Vendlincourt naît en 1956 à l'initiative de Charly Corbat. Cet entrepreneur aura l'idée folle de construire à Porrentruy une patinoire artificielle, couverte et régionale, avec des fonds privés. En 1971, Charly Corbat esquisse la stratégie qui conduira à sa construction. Le chantier s'ouvre l'année suivante, sans permis de construire, alors que Porrentruy est encore une commune bernoise. La huitième patinoire couverte de Suisse est inaugurée en 1973. Le 10 mars, les membres du HC Vendlincourt font de leur club local un club régional de 2e ligue: le HC Ajoie, futur vainqueur de la Coupe de Suisse, en 2020.

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Le HC Ajoie était en deuil en 2018, lorsque le père fondateur du club s'est éteint à 88 ans. Patron d'une scierie à Vendlincourt, Charly Corbat a donné au club de hockey de son village une dimension régionale, en initiant la construction d'une patinoire couverte en 1973, huit ans avant la création du canton du Jura.

Ce qui distingue la huitième patinoire couverte de Suisse, c'est sa structure en bois, avec une toiture portée par une vingtaine d'arches. Mais 47 ans se sont écoulés et cette année, c'est à Lausanne que le HC Ajoie a fait le bonheur du dernier canton en remportant la Coupe de Suisse, la capacité de sa patinoire de Porrentruy étant insuffisante pour la finale.

Au Voyeboeuf

Une nouvelle patinoire est construite au lieu-dit Voyeboeuf. L'idée du Syndicat intercommunal du district de Porrentruy, c'est de faire tout en bois. Premier partenaire naturel: la scierie Corbat, gérée à Vendlincourt par un petit-fils et un petit-neveu de Charly Corbat. Une entreprise qui cartonne, avec 70 employés, au point d'avoir servi de décor à la série suisse «Wilder».

Le bois de la nouvelle patinoire sera 100% jurassien. «Tout est affaire de synergie, dans un format régional qui constitue un véritable cercle vertueux!», s'enthousiasme Gauthier Corbat, né douze ans après la construction de la patinoire en démolition.

Halle détruite

C'est lors d'une réunion de travail qu'une idée a germé: les arches de la patinoire étant coûteuses à démonter, à évacuer et à éliminer, pourquoi ne pas les récupérer pour reconstruire une halle détruite l'été dernier par un incendie survenu à la scierie de Vendlincourt?

Ajouté à la dimension émotionnelle, le côté pratique a convaincu Gauthier Corbat. Les arches serviront non seulement à remonter la halle détruite, mais à construire une nouvelle usine à pellets.

Vingt-quatre mètres

«Les arches forment l'élément emblématique de la patinoire», indique le directeur adjoint du groupe Corbat. Gauthier Corbat est séduit par l'aspect symbolique de l'opération, mais pas seulement: «Le message à faire passer est celui de la durabilité», dit-il.

Problème révélé par des carottages: dans une région humide, qui plus est sur un champ de glace, le bois lamellé-collé qui constitue les arches s'est imbibé, surtout derrière les panneaux publicitaires. «Le défi consistera à les sécher au soleil, voire dans une tente équipée d'une soufflerie», explique Gauthier Corbat. D'une portée de 24 mètres, les arches sont divisibles par le milieu.

Chantier ralenti

Le coronavirus étant passé par là, le chantier de la patinoire s'est ralenti, tout comme celui de la scierie. La nouvelle patinoire sera-t-elle opérationnelle le 1er octobre prochain? La nouvelle usine le sera-t-elle le 1er décembre? Rien n'est moins sûr, mais Gauthier Corbat met du coeur à l'ouvrage en hommage à son grand-oncle, avec qui il a travaillé pendant trois ans.

«L'ancienne patinoire, c'est Charly Corbat qui l'a pensée: son fils se souvient de l'avoir vu esquisser une maquette à la maison», rapporte Gauthier Corbat. À lui désormais, avec son cousin Benjamin, de participer à la nouvelle construction tout en sauvant l'élément symbolique de l'ancienne: «C'est un effort de famille. Quand on est au travail à la scierie, c'est comme si Charly était là», conclut Gauthier Corbat.

Vincent Donzé

Créé: 30.03.2020, 18h25

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