Samedi 6 juin 2020 | Dernière mise à jour 20:37

Argovie Confinement: des caméras pour traquer les indisciplinés

La police argovienne peut désormais surveiller en temps réel les éventuels rassemblements dans l'espace public dans tout le canton, afin de pouvoir intervenir.

La lutte contre la propagation du coronavirus passera par la vidéosurveillance en Argovie.

La lutte contre la propagation du coronavirus passera par la vidéosurveillance en Argovie. Image: Keystone

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Contrôler la discipline des habitants face aux mesures de protection contre le coronavirus devient difficile par beau temps. L'Argovie fait appel à la vidéosurveillance. Son gouvernement a décrété une ordonnance en ce sens avec effet immédiat.

Pour faire respecter et contrôler les interdictions prononcées par le Conseil fédéral dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, la police argovienne peut désormais compter sur les caméras homologuées par le service de protection des données. Elle surveillera ainsi en temps réel les éventuels rassemblements dans l'espace public dans tout le canton, afin de pouvoir intervenir.

Valables pour l'instant jusqu'au 19 avril, les mesures ordonnées par le Conseil fédéral interdisent tout rassemblement de plus de cinq personnes dans l'espace public. Une distance d'au moins deux mètres doit en outre être respectée entre les personnes.

Omniprésence policière impossible

Surveiller le respect de ces mesures uniquement à travers la présence policière dans l'espace public est impossible pour des raisons d'effectifs, invoque l'exécutif argovien jeudi. La police doit donc pouvoir faire appel à des «patrouilles virtuelles» sous forme de vidéosurveillance. Les caméras concernées ne sont pas cachées. Elles sont visibles dans l'espace public.

La police argovienne pourra aussi mettre en place des installations supplémentaires de vidéosurveillance sans obtenir l'autorisation du service de protection des données. Elle devra les démonter lorsque le Conseil fédéral lèvera ses mesures.

L'ordonnance spéciale du gouvernement argovien est valable durant six mois au maximum. Elle sera levée dès que les mesures de protection contre le coronavirus ne seront plus en vigueur.

Règles habituelles en la matière

Selon la Conférence des commandants de polices cantonales, la solution argovienne ne pose aucun problème. «Les même règles s'appliquent que lors de toute autre surveillance de l'espace public», a précisé son président Stefan Blättler face aux médias réunis à Berne.

Présente également face à la presse du Palais fédéral, la vice-directrice de l'Office fédéral de la justice Susanne Kuster a ajouté que les directives habituelles en matière de protection des données restaient en vigueur.

Les polices serrent la vis

Avec l'arrivée d'un temps clément, l'application des mesures de protection contre le coronavirus se complique en Suisse alémanique. A St-Gall, la police municipale a appelé jeudi la population à respecter l'interdiction de rassemblement et d'utilisation des installation sportives ainsi que la distance minimale de deux mètres. Elle déplore le fait que de nombreuses personnes ne s'y tiennent pas.

Même constat à Winterthour (ZH), où la police municipale renforce sa présence et ses contrôles en ville en raison de l'indiscipline de nombreux habitants. Elle n'hésitera pas à distribuer des amendes de 100 francs, a-t-elle prévenu jeudi.

Parcs et promenades fermés

Les villes alémaniques continuent de réduire l'accès aux parcs et aux promenades particulièrement courus. La ville de Lucerne a annoncé jeudi la fermeture, à partir de samedi, d'une partie importante des quais longeant la rade du lac des Quatre-Cantons. A Zurich, une mesure identique est en vigueur depuis deux semaines. Il en va de même de la terrasse du Palais fédéral à Berne, notamment.

Contrôles sur l'axe du Gothard

Accompagner l'appel du Conseil fédéral à rester chez soi est plus délicat, vu qu'il s'agit d'une recommandation et non pas d'une interdiction de sortir. La police uranaise entend toutefois effectuer des contrôles routiers sur l'axe du Gothard, indique-t-elle à Keystone-ATS.

Elle confirme une information des journaux de Tamedia, selon laquelle une stratégie est en cours d'élaboration avec la police tessinoise pour dissuader les automobilistes de se rendre au sud des Alpes à Pâques, notamment. L'Office fédéral des routes en est partie prenante.

«On ne peut obliger quelqu'un à faire demi-tour. Nous appelons donc les éventuels voyageurs à être raisonnables», précise Gusti Planzer, porte-parole de la police uranaise qui entend informer les automobilistes par oral et en leur distribuant des flyers.

La police uranaise a toute même dû sévir contre l'exploitant d'un téléphérique. Ce dernier transportait des skieurs, ce qui est actuellement interdit. Il a été dénoncé à la justice. (ats/nxp)

Créé: 02.04.2020, 16h24

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