Mercredi 26 septembre 2018 | Dernière mise à jour 09:52

Lamal Assurance maladie: vers une surenchère des franchises?

La cheffe de la CSS, Philomena Colatrella, propose de porter à 5000 et 10 000 francs les franchises de l’assurance-maladie. Les parlementaires sont loin d’être convaincus.

À la tête de la CSS, numéro 1 de l’assurance de base en Suisse, Philomena Colatrella voudrait changer le système vers moins de solidarité.

À la tête de la CSS, numéro 1 de l’assurance de base en Suisse, Philomena Colatrella voudrait changer le système vers moins de solidarité. Image: Gaëtan Bally/Keystone

(Image: Laurent Crottet/LMS)

«De telles franchises ne seraient pas possibles sans mesures d’accompagnement»

Philippe Nantermod, conseiller national (PLR/VS)

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Des franchises à 5000, voire 10 000 francs? La patronne de la CSS, Philomena Colatrella, n’y va pas avec le dos de la cuillère. Dans un entretien publié par la SonntagsBlick d’hier, elle propose de doubler ou quadrupler l’actuelle franchise la plus élevée de l’assurance obligatoire des soins, celle de 2500 francs.

Constatant que «le seuil de la douleur pour le niveau des primes a été atteint», la cheffe de la CSS (1,34 million d’assurés) en appelle à une rupture: «C’est un modèle complètement différent! Le CSS Institute for Health Economics a fait une analyse (…). Les franchises élevées apportent des économies d’un milliard de francs par an.» Cette option permettrait de faire baisser les primes de 170 francs par mois et par personne et, par un mécanisme de redistribution des subsides actuels, les plus faibles resteraient soutenus car «en cas de maladie, personne ne devrait avoir à renoncer à la visite du médecin».

Pour Rebecca Ruiz (PS/VD), membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du Conseil national, «c’est une proposition extrême qui implique une remise en question du modèle de solidarité actuelle et le laminage de la classe moyenne. Mais ce type de proposition, sans modèle, sans chiffres étayés, c’est un peu de la sculpture sur nuage.»

Raymond Clottu (Ind./NE) n’est guère plus emballé: «Si je considère les familles, en tant que comptable, je vois bien que dans la classe moyenne, elles n’ont pas des économies qui permettraient d’avoir des franchises aussi élevées. D’une manière générale, je ne crois pas non plus que des franchises élevées ont un réel impact sur les coûts de la santé.»

«Compte épargne santé»

Même le PLR n’avait pas osé proposer des franchises à 5000 ou 10 000 francs… Philippe Nantermod (PLR/VS) estime toutefois qu’il y a matière à réflexion: «Mais on ne peut pas introduire comme ça de telles franchises au risque que les gens n’aient pas les moyens ensuite de payer. Cela n’est pas possible sans mesures d’accompagnement.»

Le Valaisan verrait bien «un compte épargne santé» où l’assuré pourrait placer les gains qu’il réalise grâce à une franchise haute, soit aujourd’hui environ 1600 francs par année. Ensuite, avec la garantie de ce compte, il pourrait obtenir des franchises encore plus hautes: «Ce ne serait pas seulement pour les riches, mais pour tous ceux qui veulent choisir ce système et épargner, selon le principe du deuxième pilier.» (Le Matin)

Créé: 16.04.2018, 11h34

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