Dimanche 17 novembre 2019 | Dernière mise à jour 18:09

Chronique Une baise ou trois becs? Les bises, c’est l’enfer!

Saluer une connaissance en l’embrassant semble une évidence. Mais dès qu’on voyage en France ou en Belgique on est complètement perdus.

Ça à l’air facile. Mais ça ne l’est qui si on reste chez soi...

Ça à l’air facile. Mais ça ne l’est qui si on reste chez soi... Image: iStock

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Les choses sont à peu près claires: lorsqu’on retrouve une connaissance, on se fait des becs. Trois. C’est le cas pour deux femmes, un homme et une femme, plus rarement pour deux hommes, mais tout le monde connaît ces conventions. Reste qu’elles ne sont valables qu’en Suisse romande. En traversant la frontière, le faux pas est presque certain.

Tel est le constat qu’on peut tirer de cartographies proposées dans «Parlez-vous (les) français» (Ed. Armand Colin), qui paraît ce mercredi. Il s’agit du second atlas des expressions régionales qu’on peut dénicher dans la francophonie européenne du linguiste Mathieu Avanzi, maître de conférences à la Sorbonne.

Une bise, une baisse, un schmutz

Alors? Si vous proposez un bec à un Français ou un Belge, il se demandera peut-être ce que vous lui voulez. Car dans la majeure partie de la France, on se fait la bise. Mais en Picardie, on se fait une baisse, dans l’est de la France un schmutz et en Belgique une baise, ce qui n’a rien de sexuel. Sinon, en Normandie, on dit plutôt se boujouter, et dans le centre-ouest de la France on parle de se biser ou se biger…

Mais celui qui apprendrait cette carte et ses frontières par cœur ne serait pas tiré d’affaire. Car le nombre de bises à effectuer varie aussi. Trois en Suisse romande, une en Belgique: c’est clair pour ces deux pays. Mais en France c’est une, deux, trois ou quatre selon la région. Et la répartition du nombre de becs suit des frontières improbables dessinant de multiples enclaves.

De quoi s’arracher les cheveux. Ou donner envie de rester chez soi. Et ce n’est pas fini: il reste encore une différence qui peut théoriquement mener à un bisou sur la bouche aussi involontaire que gênant. Pourquoi? Car la première bise ne se pose pas sur la même joue selon les régions...

Précisons que ces résultats cartographiés, tirés d’un sondage en ligne, montrent la réponse majoritaire dans une région donnée. Différentes manières de s’embrasser peuvent donc coexister sur le même territoire.

Dans un article sur le sujet publié dimanche, le linguiste Mathieu Avanzi note encore que les becs donnés peuvent aussi varier selon les générations. Et que la «question se complexifie encore quand on cherche à tenir compte du contexte (dire bonjour, dire au revoir, se souhaiter la bonne année, etc.), du lien de parenté des personnes impliquées, ou de leur genre.»

Bref, pour qui voudrait s’y retrouver, c’est l’enfer! Et si on se serrait la main?…

Renaud Michiels

Créé: 08.10.2019, 06h42

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