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Genève Barazzone ou la chute brutale du premier de classe

Sur les réseaux sociaux, le politicien se fait étriller pour ses notes de frais. L'opportunisme, l'invraisemblance des explications et l'inégalité de traitement font hurler les citoyens.

En remboursant une somme importante de frais perçus depuis 2012 et en s'excusant, Guillaume Barazzone pensait bien faire. Mais ses explications et son attitude n'ont pas convaincu grand monde.

En remboursant une somme importante de frais perçus depuis 2012 et en s'excusant, Guillaume Barazzone pensait bien faire. Mais ses explications et son attitude n'ont pas convaincu grand monde. Image: Keystone

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Guillaume Barazzone (PDC/GE) figurait comme une valeur sûre de la politique genevoise et nationale, mais en quelques semaines, son étoile a explosé. Le 23 octobre, il informait que lui aussi avait fait un voyage à Abu Dhabi, comme Pierre Maudet, pour assister à un Grand Prix de Formule 1. Financé par un ami avocat espagnol, les circonstances de ce périple, en novembre 2017, font dorénavant l'objet d'une enquête préliminaire du Ministère public genevois.

Mais le plus dur était à venir. Si le voyage aux Emirats n'avait entraîné aucune dépense à charge de la Ville, le train de vie du conseiller administratif a été passé à la loupe par la Cour des comptes. Révélées jeudi, la hauteur des frais pour 2017 (42 224 francs), la facture téléphonique (17 315 francs) et la confusion entre ses cartes bancaires privées et professionnelles ont suscité un tollé. Sentant le vent du boulet, Guillaume Barazzone a décidé de rendre une partie des frais (52 000 francs) perçus depuis 2012 et s'est excusé: «Je n'ai pas fait tout juste, j'ai commis des imprudences et des erreurs involontaires.»

Malgré son mea culpa, le conseiller administratif et conseiller national n'a trouvé aucune pitié dans les commentaires publiés sur les réseaux sociaux. L'impression qui prévaut, répétée sans arrêt, est qu'il prend les gens «pour des imbéciles». On peut classer les réactions par thème.

1. L'opportunisme

Sa décision de rembourser les frais, qu'il considérait comme non justifiés, alors que la Cour des comptes menait son enquête, passe pour de l'opportunisme. «C’est fou quand même de remarquer des erreurs uniquement quand la Cour des Comptes se pointe...», note un internaute, ou celui-ci: «Quand il apprend qu'on va contrôler ses dépenses, il se dépêche de rembourser.»

2. L'invraisemblance

La notion «d'erreurs involontaires» crispe les esprits: «Ces erreurs étaient toujours à son avantage, note untel. Pas une fois il n'est arrivé qu'il se trompe et paye une note professionnelle avec sa carte privée...» Un autre doute alors de ses capacités: «S'il n'est pas capable de faire de différence entre ses cartes et les autres... Comment il administre ses mandats pour lesquels il a été élu ?» Ou enfin, sa réaction est bien tardive: «C'est seulement maintenant qu'il remarque qu'il utilise la mauvaise carte depuis six ans et qu'il rembourse.»

3. L'inégalité de traitement

C'est un des aspects où l'opinion publique est la plus sensible. Malgré des excuses et le remboursement conséquent, l'impunité passe mal: «Alors qu'un chômeur est culpabilisé pour beaucoup moins... Deux poids deux mesures...». Les réactions s'enchaînent: «Une erreur est souvent involontaire, mais les autres citoyens sont parfois condamnés pour une pomme ou 5 centimes»; «dans n'importe quel travail on se serait fait virer pour abus de confiance ou je ne sais quelle cause»; «aux communs des mortels on ne pardonne rien, on leur tape dessus sans hésitation à la moindre occasion.»

4. L'incompétence

Comment, en 2017, peut-on payer une facture de téléphone annuelle de plus de 17 000 francs ? Les gens ne comprennent pas qu'on puisse dépenser une somme pareille alors que tout le monde sait qu'il y a des abonnement forfaitaires: «17 000 balles de téléphonie mobile? Allo? Un abo tout compris Europe/Amérique du Nord, c'est 180 francs par mois...» Ou encore: «Avec un abonnement pour 80 francs par mois c’est illimité... Au moins en Suisse.»

5. L'arrogance

Enfin, la façon dont les conseillers administratifs se sont expliqués agace: «Tous ont des excuses dignes d'ados pris lors d'une rentrée au petit matin. Au lieu d'assumer ils s'enfoncent encore davantage que ça devient presque comique de les écouter se disculper.» Enfin, cette impression générale: «La justification est encore pire que l'erreur.»

Créé: 02.11.2018, 13h01

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