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Suisse Bientôt un pool d'experts pour les djihadistes

Berne est sur le point de créer un groupe de spécialistes pour prendre en charge les combattants de retour de Syrie ou d'Irak.

Quelque 16 djihadistes sont rentrés au pays ces dernières années.

Quelque 16 djihadistes sont rentrés au pays ces dernières années. Image: AFP

42 cas d'extrémisme signalés à l'armée

L'année dernière, 42 cas d'extrémisme ont été signalés à l'armée. Leur nombre a diminué de 8 comparé à 2016 pour se rapprocher de la moyenne des cinq dernières années.

Les signalements pour motifs djihadistes ont reculé. Ils représentaient un quart (huit cas) des annonces contre 15 un an plus tôt. Leur nombre est en nette baisse pour la première fois depuis cinq ans, a indiqué lundi le Département fédéral de la défense (DDPS). L'augmentation continuelle des signalements pour djihadisme observée entre 2013 et 2016 ne s'est pas confirmée. Il est toutefois trop tôt pour dire si cette évolution est temporaire ou durable, selon le rapport du service spécialisé Extrémisme dans l'armée.

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Quelque 93 personnes ont quitté la Suisse ces dernières années pour rejoindre les djihadistes en Syrie, Irak, Somalie, Afghanistan ou encore au Pakistan. Parmi eux, 29 sont morts au combat et 16 sont revenus au pays. Si leur nombre est faible, ils représentent toutefois un casse-tête pour les autorités d'exécution des peines qui ne savent souvent pas comment les traiter, ni sur le plan légal, ni sur le plan de leur réintégration.

Raison pour laquelle, le Conseil fédéral va adopter ces prochaines semaines des mesures pour soutenir les autorités nationales et cantonales dans leurs démarches avec les voyageurs du djihad. Elles font partie d'un plan d'action national de lutte contre le radicalisme et l'extrémisme violent, a dévoilé dimanche la Neue Zürcher Zeitung. Mesure principale: la création d'un pool d'experts sur lequel les cantons pourront s'appuyer, un groupe qui mettra en commun et partagera les compétences et expériences de tous.

Limites du fédéralisme

«Dans notre système fédéraliste, c'est chaque fois un canton qui se voit attribuer la compétence notamment au niveau de l'exécution des peines», a expliqué lundi André Duvillard, délégué du Réseau national de sécurité (RNS) interrogé sur les ondes de la RTS. «Le faible nombre de djihadistes qui rentrent fait que l'on n'arrive pas à développer de véritables expériences et connaissances, explique-t-il. L'idée est donc de créer ce pool d'experts qui puisse venir en aide aux autorités concernées.

Selon lui, les 16 premiers cas que la Suisse a dû traiter ont mis en exergue «la complexité de la prise en charge de ce type de personnes». Et de rappeler que l'on parle non seulement des djihadistes qui rentrent des zones de combat, mais aussi de ceux qui se sont radicalisés en Suisse. «Ces gens-là doivent aussi pouvoir bénéficier de ces mesures-là.»

Créé: 23.04.2018, 11h10

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