Dimanche 16 juin 2019 | Dernière mise à jour 06:01

Technologie Blockchain: Avenir Suisse évoque les opportunités

Mardi, Avenir Suisse a évoqué la blockchain et ses avantages dans le monde de la finance.

La numérisation bouleverse aussi le monde de la finance.

La numérisation bouleverse aussi le monde de la finance. Image: Keystone

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Les technologies des registres distribués (DLT) et de la blockchain offrent des opportunités pour la place financière, et l'Etat serait mal inspiré de les corseter dans une législation spécifique, estime Avenir Suisse. Le groupe de réflexion libéral a plaidé mardi à Zurich pour la fixation de grands principes plutôt que d'un «verrouillage».

La numérisation bouleverse le monde de la finance (entre autres domaines) au point qu'une récente étude du cabinet de conseils A.T. Kearney prévoit que dans les cinq prochaines années, une banque sur dix en Europe sera soit rachetée, soit fusionnée. Les registres distribués (ou DLT, pour Distributed Ledger Technology) et de la blockchain jouent un rôle central dans ce processus.

Stockage de données

Etroitement liées, ces technologies permettent de stocker des données de façon élargie, sans organe de contrôle centralisé, et débouchent sur une désintermédiation. Le fait de pouvoir «zapper» les intermédiaires dans les transactions - l'authentification des parties prenantes étant garantie et vérifiable directement - permet d'accélérer les processus, de faciliter la transparence et, in fine, de réduire les coûts.

«Jusqu'à présent, la Confédération a fait tout juste dans ce domaine, en évitant de trop réglementer et en s'engageant en faveur de ces technologies», a déclaré à AWP Jérôme Cosandey, directeur romand d'Avenir Suisse. «Mais il convient de poursuivre sur cette voie et de résister aux tentations d'une trop grande réglementation.»

Souplesse à préserver

Il arrive fréquemment que l'on confonde DLT et blockchain, parce que ces systèmes sont proches. Mais la blockchain est en réalité plus spécifique et représente un sous-groupe de la DLT. Toute blockchain est aussi une DLT, mais la réciproque n'est pas vraie. Une blockchain - qui peut-être privée ou publique - se présente comme une séquence de blocs (ou paquets) de données qui, mis bout à bout, représente une chaîne de blocs.

Une DLT est une base de données pouvant être distribuées en différents lieux également sous une autre forme. Dans les deux cas, la transparence des données est garantie, mais la blockchain, réputée inviolable grâce à sa structure en blocs, présente un degré de sécurité maximal.

«Ces technologies évoluent très vite. Il ne faudrait pas figer et verrouiller le tout en voulant régler toute la problématique dans une loi spécifique. Le cadre réglementaire doit juste fixer les grands principes, comme par exemple de traçabilité des fonds et la transparence des acteurs, mais sans définir précisément les moyens d'y arriver», a plaidé M. Cosandey.

Gestion des clés privées

Les auteurs de l'étude, Jennifer Anthamatten et Pascal Lago, ont interrogé une quarantaine d'acteurs du secteur. Les opportunités l'emportent largement sur les craintes que peut susciter cette numérisation, estiment-ils. Les chances qui se présentent pour la Suisse en la matière concernent le marché des capitaux, le commerce extérieur et la gestion d'actifs.

Les banques peuvent ainsi se profiler notamment dans la conservation et la gestion des clés privées qui servent d'accès à chaque système DLT. La conservation des «tokens» (jetons de participation numériques) offre aussi des opportunités. Pour le commerce extérieur, DLT et chaînes de blocs permettent de rendre les documents consultables à tout moment par les parties prenantes, sans grande dépense administrative.

«Trouver un équilibre»

Au final, il convient «de trouver un équilibre entre la sécurité juridique et une réglementation aussi légère que possible», estime le «think tank». Des adaptations (des lois existantes) sont en tout cas préférables à la mise en place d'une législation spécifique. Enfin, il convient de raisonner en termes de «nation DLT», au-delà des microcosmes régionaux.

Selon les estimations, 3200-3300 personnes travaillent actuellement dans la branche en Suisse. (ats/nxp)

Créé: 04.06.2019, 08h30

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