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Guerre de 1992-1994 La Bosnie demande à la Suisse de ne pas extrader Naser Oric

La Bosnie ne veut pas que l'ancien chef militaire de Srebrenica soit extradé vers la Serbie qui l'accuse de crimes de guerre.

Naser Oric avec son avocate à La Haye en 2008. L'ancien commandant militaire de Srebrenica a été arrêté le 10 juin à la douane de Thônex-Vallard (GE) sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la Serbie l'an dernier.

Naser Oric avec son avocate à La Haye en 2008. L'ancien commandant militaire de Srebrenica a été arrêté le 10 juin à la douane de Thônex-Vallard (GE) sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la Serbie l'an dernier. Image: Keystone

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La justice bosnienne ne veut pas que la Suisse extrade vers la Serbie l'ancien chef militaire musulman de Srebrenica, Naser Oric, que Belgrade accuse de crimes de guerre. Selon elle, une extradition mettrait en danger une procédure en cours en Bosnie.

Cette procédure a été ouverte en 2009 par le parquet pour crimes de guerre de Sarajevo, ont rapporté l'agence de presse bosnienne Fena et Reuters, sans donner plus de détails. Le parquet national de Bosnie a adressé un message à la Confédération pour que Naser Oric puisse répondre de ses actes devant la justice de son pays.

Pour l'heure, aucune demande d'extradition de la part des autorités bosniennes n'est parvenue en Suisse, a déclaré le porte-parole de l'Office fédéral de la justice (OFJ), Folco Galli.

La justice bosnienne s'est déclarée prête à collaborer avec le parquet serbe pour organiser un procès à Sarajevo et à prendre en considération de nouveaux éléments de preuve apportés par la justice serbe, ajoute le service de presse du parquet de Bosnie.

Les autorités de Sarajevo ont déjà rappelé que la Serbie et la Bosnie ont signé en 2013 un accord de coopération juridique prévoyant que les dossiers concernant les crimes de guerre seraient cédés à la justice du pays d'origine du suspect. Soit dans ce cas-là Bosnie.

Audition prévue à Genève

Selon Folco Galli, la Suisse a reçu lundi la demande formelle d'extradition déposée par la Serbie à l'encontre de Naser Oric. Le ministère public genevois va entendre l'accusé, sur demande de l'OFJ, et les autorités fédérales prendront ensuite leur décision sur la base de cette audition et d«une éventuelle prise de position de l'avocat de l'accusé, a-t-il expliqué.

Nacer Oric a d'ores et déjà fait savoir qu'il contesterait une éventuelle extradition. L'ancien commandant militaire de Srebrenica a été arrêté le 10 juin à la douane de Thônex-Vallard (GE) sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la Serbie l'an dernier.

Cet homme de 48 ans est soupçonné d'avoir commis en 1992 des crimes de guerre avec quatre autres personnes dans la localité de Zalazje dans l'est de la Bosnie, près de Sarajevo. Neuf personnes avaient été tuées.

Une ombre sur les 20 ans de Srebrenica

Naser Oric est considéré comme un héros dans son pays. La décision de Belgrade de réclamer son extradition risque d'envenimer davantage les relations entre les deux pays, à trois semaines des commémorations du 20e anniversaire du massacre de Srebrenica, prévues le 11 juillet.

Une membre de l'association des Mères de Srebrenica, Munira Subasic, a appelé Sarajevo à «rompre les relations diplomatiques avec la Serbie». Cette mesure permettrait de montrer que «nous ne restons pas silencieux quand on arrête des personnes innocentes qui ont défendu leur pays», a-t-elle souligné.

( /ats/nxp)

Créé: 22.06.2015, 17h51

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