Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 18:28

VS Y. Buttet: «Ma femme dépérissait et je buvais de plus en plus»

Pour la première fois depuis l'affaire éponyme, le Valaisan de 41 ans raconte, aux côtés de son épouse Laetitia, l'ouragan qui a failli emporter leur famille. Il se livre, comme jamais. Sur l'homme, le mari infidèle, le père et le politicien laminé. Sans rancœur. Sans aigreur.

Laetitia et Yannick Buttet reviennent de très très loin.

Laetitia et Yannick Buttet reviennent de très très loin. Image: Darrin Vanselow

Le parquet condamne Yannick Buttet

Le procureur général adjoint, Jean-Pierre Greter, vient de trancher. Il condamne Yannick Buttet (PDC/VS). Son ancienne amante avait porté plainte contre lui pour utilisation abusive d'une installation de télécommunication, menaces et injure en novembre dernier (lire le détail dans notre entretien). De là est née l'affaire Buttet, peu après le début du tsunami Weinstein du côté de Hollywood et la vague de prédateurs sexuels qui s'en est suivi.

Le politicien valaisan a été immédiatement comparé au producteur américain, accusé, lui, de harcèlement, d'agression sexuelle, voire parfois de viol. Les gestes déplacés et les dérapages en public du démocrate-chrétien - liés à l'alcool, à ses problèmes de couple et à cette relation extraconjugale - le placent en mauvaise posture. Il est poussé à démissionner de la vice-présidence du PDC suisse et de sa fonction de conseiller national, à Berne. Il reste président de la commune de Collombey-Muraz (VS).

Au cours de son instruction pénale, le procureur Greter avait refusé de poursuivre Yannick Buttet pour les trois infractions alléguées par la plaignante, une collègue de parti. Le magistrat avait en revanche retenu la contrainte au sens de l'article 181 du Code pénal suisse (CPS): «Celui qui, en usant de violence envers une personne ou en la menaçant d'un dommage sérieux, ou en l'entravant de quelque autre manière dans sa liberté d'action, l'aura obligée à faire, à ne pas faire ou à laisser faire un acte sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire (ndlr. pour l’avoir obligée à le bloquer sur les réseaux sociaux et le téléphone et à insérer la clef de son domicile dans sa serrure depuis l’intérieur, pour empêcher Yannick Buttet d’accéder chez elle)

30 jours-amendes

Dans l'ordonnance pénale notifiée ce matin aux parties, le ministère public retient également l'appropriation illégitime au sens de l'article 137 CPS: «Celui qui, pour se procurer ou procurer à un tiers un enrichissement illégitime, se sera approprié une chose mobilière appartenant à autrui sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire (…). Si l'auteur a trouvé la chose ou si celle-ci est tombée en son pouvoir indépendamment de sa volonté, s'il a agi sans dessein d'enrichissement ou si l'acte a été commis au préjudice des proches ou des familiers, l'infraction ne sera poursuivie que sur plainte. (ndlr. pour la clé de Madame)

Yannick Buttet est condamné à 30 jours-amendes à 220 francs avec sursis durant deux ans ainsi qu'à une amende de 1320 francs. Joint il y a quelques minutes, le politicien valaisan se dit déçu et ne partage pas l'interprétation du parquet. Le fait qu’il n’ait jamais fait usage de cette clef n’a apparemment pas convaincu le procureur général adjoint. Le président de Collombey-Muraz réfléchit à la suite à donner à cette décision. Faire opposition ou pas. La deuxième procédure dans l’affaire Buttet – pour la fuite au sein de la police valaisanne des informations le concernant (violation du secret de fonction) – ne semble pas être instruite avec la même diligence. Interpellé par son avocat il y a plus de deux mois, le Ministère public valaisan s’enferme dans le silence.

evelyne.emeri@lematin.ch

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*Cette rencontre exclusive a eu lieu mardi 17 juillet avant que la justice ne tranche.

Yannick Buttet est tombé amoureux d’une autre. Faible sexe fort. Il n'a pas pu lutter. «Je ne croyais pas que ça pouvait m'arriver. Cette histoire a explosé tous mes repères, toutes mes valeurs, l'essence de mes engagements politiques et, surtout, ma famille.» L'ex vice-président du Parti démocrate-chrétien suisse, l'ex-conseiller national PDC, mais le toujours président de la commune de Collombey-Muraz (VS) ne se cache pas derrière de faux-semblants. A partir de mai 2015, il a entretenu une relation intime pendant plusieurs mois avec une collègue de parti qui vit à Sierre. «Je ne voulais pas d'une maîtresse. Je n'arrivais pas à choisir entre elle et mon épouse. Ma femme dépérissait et je buvais de plus en plus. J'ai aggravé des comportements totalement inadéquats. J'ai merdé. Je n'ai jamais voulu blesser personne. C’est mon erreur, ma faute. J'assume. Je ne demande pas de complaisance.»

«Je ne voulais pas d'une maîtresse. Je n'arrivais pas à choisir.»

Notre journaliste du matin.ch, Evelyne Emeri, a rencontré le couple dans sa maison à Muraz (VS). Un entretien de plus de trois heures.

Laetitia Buttet, son épouse, nous rejoint dans le jardin de la villa familiale de Muraz, dans le Chablais valaisan, où nous avons convenu de ce face-à-face à trois, hautement sensible. La femme trompée et bafouée a pardonné, dans la douleur et la violence de la souffrance. Son physique ne reflète pas sa force, menue, discrète, poids plume, elle a recommencé à travailler pour ne pas sombrer, pour s'occuper la tête. Sans elle, le politicien ne s'en serait pas sorti. Elle ne dit rien, elle l'écoute. Il le répète à l'envi: «J'ai été magnifiquement soutenu par mon épouse.» Il la regarde, ses yeux humides disent sa profonde reconnaissance. Et bien plus. «En fait, ma relation extraconjugale nous a finalement rapprochés. On s’est retrouvés. Nous avons beaucoup parlé, de tout, en oubliant les jugements et en recentrant notre profond attachement. Aujourd'hui, on peut tout se dire.»

Les amis et les faux amis

Il y a aussi eu les amis, qui ont permis à Yannick Buttet de tenir bon. Les vrais. «Des amis qui se sont révélés et que je n'attendais pas.» Des connaissances sans liens particuliers ou de parfaits anonymes. «Des gens choqués qu'on me lynche en m'attaquant sur le plan privé. Tout le monde était au courant de ma liaison, ma femme également. Ces personnes m'écrivaient parce qu'elles saignaient avec moi. On a reçu des dizaines de lettres, du sel (ndlr. pour purifier leur habitation), des cakes… Tout cela est très touchant. Et la population de Collombey-Muraz, la commune, le Conseil municipal, tous là, derrière moi. Certains ont mis plus de temps à comprendre la déferlante qui s'abattait sur moi. Je ne leur en veux pas. Et je n'oublie pas mes camarades de l'armée (ndlr. il est lieutenant-colonel EMG/état-major général), très solidaires dans mon chemin de croix. De tout ce soutien, j’en ai pleuré.»

«Berne n'est plus un objectif, mais une option.»

L'ancien vice-président du PDC retournera-t-il à Berne? Rien n'est moins sûr.

A contrario, il y a eu «les silences, assourdissants». Et les vrais faux amis. «Ceux qui ne m'aimaient déjà pas et qui ont trouvé le «bon» prétexte pour m'enfoncer. Une partie des milieux homosexuels et LGBT ont été les plus virulents de tous (ndlr. défenseur de la famille traditionnelle, il est opposé au mariage entre personnes de même sexe). Politiquement, des collègues dont j'étais vraiment très proche m'ont laissé tomber. Le PDC ne m'a pas rattrapé ou retenu. Seul, le parti local a été présent. Aujourd'hui, dans la rue, dans les restaurants, des quidams m'interpellent régulièrement, me demandent de retourner à Berne et de me présenter aux Fédérales en 2019. Berne ne me manque pas. Ne pas défendre le Valais, oui. Je n'ai pas planifié ma carrière. J'ai cette envie d'être utile à mon canton. Je ne peux pas me défaire de ça. Je n'ai jamais eu conscience de ma position. Berne n'est plus un objectif, mais une option.»

La fuite et la chute

L'ascension en politique de Yannick Buttet a été fulgurante. Un parcours de jeune premier. L'homme communique, passe bien, il est très proche du peuple, il croule sous les mandats politiques et associatifs – et maintenant sportif avec le BBC Monthey-Chablais qu'il tente de sortir de la gonfle –. «J'ai besoin de défis. Je suis un idéaliste. Il faut que les choses avancent, vite. Ça a souvent passé pour de l'arrogance, alors qu'il fallait juste décider. En fait, je suis timide. La politique m'a obligé à me surpasser. Je défendais une fonction, pas moi-même.» Jusqu'au faux pas et à sa révélation publique fin novembre 2017 dans Le Temps. Il ne s'agira plus de se surpasser, mais de gérer. L'info a fuité: le surdoué, la bête de tribune trébuche. Il est à terre. Son ex-maîtresse a appelé la police dans la nuit du 18 au 19 novembre. Il était au bas de son immeuble et sonnait à l'interphone. Interpellé dans le jardin, il sera ramené chez lui par une patrouille. Et elle déposera plainte pour utilisation abusive d’une installation de télécommunication, menaces et injure. Aucune de ces infractions ne sera finalement retenue par le procureur en charge de l’affaire. La procédure pénale menée contre Yannick Buttet l’est désormais pour le stalking par message et le fait qu’il n’a pas rendu la clef que sa maîtresse lui avait initialement glissé dans la poche à son insu.

«Quand c’est sorti, j'ai commencé une chute sans fond. On doute de tout.»

«En fait, ma relation extraconjugale nous a finalement rapprochés. Aujourd'hui, on peut tout se dire.»

«J'avais beaucoup bu ce soir-là. Je voulais juste lui parler. C’était difficile de couper. Je ne l’avais pas revue depuis longtemps. Je voulais savoir ce qu’elle vivait. C’était le cœur qui parlait. Quand c’est sorti dans la presse, j'ai commencé une chute sans fond. On doute de tout. On éteint les incendies.» Le 3 juillet, les deux parties ont comparu devant le procureur général adjoint, Jean-Pierre Greter. De la procédure pénale, le démocrate-chrétien ne dira rien, si ce n'est qu'il aimerait être traité «comme n'importe quel citoyen lambda.» Un renvoi devant un tribunal pour des messages envoyés après leur rupture et pour une clé de chez elle, qui traînait à la commune de Collombey-Muraz et qu'il n'a jamais utilisée, semblerait fou. L’affaire Buttet sera-t-elle classée sans suite? Ou sera-t-il condamné à quelques jours-amendes avec sursis? Le Parquet a tout en mains pour se déterminer.

La clinique et le sevrage

Alors, à qui profite le crime? Pourquoi attaquer Yannick Buttet en novembre dernier alors que sa relation sierroise est terminée? Alors que son couple est sorti de sa grave crise conjugale en automne 2016, un an plus tôt? «Peut-être de la vengeance pure ou alors, c'était piloté. Je ne veux pas savoir qui. J'aimerais savoir pourquoi?» Qui a transmis cette plainte à plusieurs médias, «lue par 30 policiers», comme l'indique un fichier interne au Ministère public? Le secret est particulièrement bien gardé. La réponse est connue dans le nanomicrocosme, la parole est scellée. Entre-temps, le parquet valaisan a ouvert d'office une deuxième procédure dans l’affaire Buttet pour violation du secret de fonction. «Si je me défends, je méprise la partie plaignante. Si je ne me défends pas, je suis coupable de tout.» L'alcool a tout démultiplié, tout altéré, désinhibé. «J'ai toujours été très tactile. C’est vrai qu’en cas d'excès... Mais je ne suis pas le harceleur que l’on a décrit.» Sa femme confirme sans ambages: «Il a toujours été comme ça, tactile.» La hausse de sa consommation d'alcool ne lui a pas échappé, ses dérapages et ses absences répétées non plus. Certes, l'affaire de Sierre était derrière eux. «C'est vrai, j'ai parfois voulu prendre de ses nouvelles, mais jamais rien d'agressif ou de menaçant.» Pris dans l'essoreuse médiatique, conscient de sa surconsommation, il se fait hospitaliser à la Métairie, à Nyon (VD), en décembre dernier. «Je n'étais ni dépressif, ni en burnout. Je devais cesser de boire.»

«Peut-être de la vengeance pure ou alors, c'était piloté. Je ne veux pas savoir qui. J'aimerais savoir pourquoi»

Regards croisés avec une devise commune: aller devant.

Une fois là-bas, plus un verre pour trinquer, plus un coude à lever. Le sevrage, point. «Je ne souffrais pas d'une dépendance physique, mais d'une consommation problématique qui aurait pu avoir des conséquences sur un plus long terme. Je suis traité pour une gastrite. J'ai eu un suivi psychiatrique individualisé. J'ai aussi intégré un groupe de travail sur les addictions. Je n'étais pas jugé. J'étais écouté et j’écoutais. Je suis resté en contact avec certains patients de ce groupe. Comme je ne suis pas dépendant, j'ai le droit de boire un verre dans un cadre très strict: ici, à la maison, avec mon épouse, c'est tout.» Yannick Buttet a minci. De 91 kg, il a passé à 78. « Je ne m'étais jamais donné le droit d'être faible ou fragile. Ma grande chance, c'est de ne pas être tombé en dépression. Les psys disaient que ce serait impossible. Je n'ai avalé aucun antidépresseur, anxiolytique ou somnifère. Je suis un miraculé. Maintenant, je dois penser aux miens, avant tout le reste. Ça aussi, j'ai dû l'apprendre. J’ai vraiment pris conscience de mes travers.»

L'homme et le combat

Depuis Noël dernier et son retour de la clinique spécialisée, celui qu'on a baptisé le Harvey Weinstein suisse et, partant, traité de prédateur sexuel, ne prête plus le flanc à ce type de critiques. Il a reconnu ses attitudes et ses gestes déplacés. Il s’en est excusé à maintes reprises. «J'ai dépassé tout cela. Mes idéaux n'ont pas changé, c'est moi qui ne suis plus le même. Je n'ai pas à me cacher.» L'homme et le politicien font deux désormais. «Avant, je disais que ma famille était ma priorité, ce n'était pas vrai, je n'étais jamais là. Aujourd'hui, je redécouvre des tas de choses à la maison. Je m'implique réellement avec mon épouse pour nos deux enfants (une fille de 12 ans et un fils de 10). J'ai aussi repris la course à pied.» Il a fallu rendre les armes, au sens propre comme au figuré. Abandonner un combat pour un autre. «J'ai appris à freiner de partout, particulièrement s'agissant de mes implications hors du cadre familial.» Il a dû rendre son fusil d'assaut et son pistolet d'ordonnance. «Ils craignaient que je les utilise contre moi!»

«Qui d’autre en Suisse a été massacré comme ça dans les médias pour une affaire privée?»

Le Valaisan a-t-il sérieusement pensé à se suicider au plus fort de la tempête? «Non, jamais. Certains m'ont dit: «Si j'étais à ta place, je partirais au Canada ou j'irais au Rhône.» C'est particulier d'entendre ça. Je n'allais pas faire ce plaisir à ceux qui n’attendaient que ça.» Laetitia intervient subrepticement. «C'était un suicide inconscient», pointant la lente et longue descente aux enfers qui a conduit et contraint son époux à l'abstinence. «Moi, j'ai eu envie de le tuer, oui», plaisante-t-elle aujourd’hui. Yannick Buttet sourit. «Qui d’autre en Suisse a été massacré comme ça dans les médias pour une affaire privée? Ça peut tuer quelqu'un effectivement. J'ai eu ma leçon de vie. Je relativise différemment. Quand tout sera fini (ndlr. faisant allusion à la procédure pendante), je serai intuable. Et je me tatouerai «Tout ce qui ne tue pas, rend plus fort (Nietzsche). Mais ce moment est encore loin.»

La justice et l'infraction d'amour

Laetitia a aussi hâte que le Ministère public tranche: «Nous sommes en attente. Je ne suis pas apaisée, s'il n'est pas apaisé.» Les seuls moments de stress de son mari, c'est bien cette plainte qu'il ne comprend pas, ou plus avec le temps qui a passé. «Parce que c'est lié à l'émotionnel et à l'incertitude. En même temps, j'ai confiance dans les institutions. Si ce n'est pas classé et que je suis condamné, je contesterai. Je ne l'ai pas harcelée. C'est vrai, courant 2017 après la rupture, il y a encore eu des messages. Je voulais avoir de ses nouvelles. Elle (ndlr. la plaignante) n'a rien à gagner.» L'épouse humiliée ne l'est plus, elle s'accroche en entendant les paroles de son homme. Le cœur chavire encore. Elle aussi, elle surtout, a dû subir le regard des autres, protéger leurs enfants en âge de lire manchettes et journaux. «Ils vont bien.», confie-t-elle, «Ils sont très bien entourés (ndlr. copains, proches...)

«J'ai quand même été assassiné politiquement. Le bouc émissaire, on l’a eu.»

Yannick Buttet se définit lui-même comme offensif, trash, mordant en politique, mais profondément humain. «Je suis un naïf. Je suis proche des gens.» Le duo recomposé suit une thérapie de couple. Le 60% que lui rapporte désormais la présidence de sa commune est un peu light pour la famille. Le travail de son épouse compense. Les propositions de job sont là. Tout est suspendu par la justice. Son poste de commandement à l’armée est en stand-by. Et la vie parlementaire n'est plus une attente absolue. «Il me faudrait une sacrée bonne raison pour me relancer. J'ai quand même été assassiné politiquement par le privé. Le bouc émissaire, on l’a eu.» Le quadra a commis une infraction d'amour. Il s'est mal conduit avec d'autres femmes, piégé par l'ivresse des profondeurs du pouvoir et ses effluves. Il ne le nie pas. Il regrette. Cette tranche de vie qui a tout transpercé, l'homme, le mari infidèle, le père et le politicien laminé aimerait la publier en toute transparence dans un livre. Plusieurs éditeurs sont déjà sur les rangs.

evelyne.emeri@lematin.ch

(Le Matin)

Créé: 15.08.2018, 13h44

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