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Débat linguistique Le canton de Vaud fâché par les exigences des CFF

A la suite d’un appel d’offres des CFF, l’entreprise Matisa SA a déchanté lorsqu’elle a été informée des exigences linguistiques de l'ex-régie fédérale. Le Conseil d’État s’est emparé de l’affaire.

Les exigences germanophones des CFF fâchent le canton de Vaud

Les exigences germanophones des CFF fâchent le canton de Vaud Image: Keystone

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En plein cœur des débats sur l’enseignement des langues au sein de la Confédération, les CFF mettent les pieds dans le plat. Afin de faire l’acquisition de locomotives et de tracteurs destinés à entretenir les voies, l’entreprise a fait un appel d’offres. Matisa SA, basée à Crissier, a été contrainte de renoncer à un chiffre d’affaires de 100 millions de francs à cause de l’obstacle de la langue. Selon un article publié le 9 septembre par 24 heures, les CFF ont exigé que l’ensemble des documents relatifs au projet soient rédigés dans la langue de Goethe: «S’il s’agissait juste de faire une offre en allemand, cela n’aurait pas posé de problème, explique le directeur financier de Matisa SA, nous avons des chefs de projet germanophones. Mais là, il fallait que même les plans soient en allemand. Nous ne pouvons pas demander à nos techniciens, ou même à nos dessinateurs, de tous être bilingues».

Le service de presse de la firme, dont la Confédération est l’unique actionnaire, se défend en affirmant que les appels d’offres «sont rédigés dans la langue du lieu du développement» dudit projet.

Indignation dans le canton

Pour les conseillers d’État Philippe Leuba et Nuria Gorrite, il s’agit de discrimination, voire de provocation: «Ces exigences sont incompréhensibles, commence le premier, elles doivent disparaître». «On peut parler de provocation, appuie la seconde, ce n’est pas juste la traduction de l’offre mais l’ensemble de la conduite du projet, il faut des chefs de chantier germanophones, etc».

Les deux conseillers d’État ont adressé une missive à Andreas Meyer, président de la direction du groupe CFF, ainsi qu’à Doris Leuthard, conseillère fédérale.

Ce conflit intervient dans un contexte plus que tendu entre les défenseurs des deux langues nationales, dont l’affrontement se poursuit jusqu’à l’attribution des marchés publics de la Confédération. 9% des appels d’offres sont attribués à des Romands, tandis que les Alémaniques bénéficient de 80%.

«Il serait bien que nos entreprises puissent concourir avec les mêmes chances que nos voisins alémaniques», souligne Nuria Gorrite.

Créé: 09.09.2014, 11h04

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