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Familles Carrière et mômes, duo gagnant

Avoir trois enfants revient à la mode. C’est même très bien vu pour les hommes qui font carrière. Pas pour les femmes.

Vendredi dernier, le président du PDC est devenu papa pour la troisième fois.

Vendredi dernier, le président du PDC est devenu papa pour la troisième fois. Image: Twiiter

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Et de trois! Le «petit» Maxime Darbellay, dont le poids à la naissance (4,5 kilos) justifie les guillemets, est venu agrandir la famille du président du PDC. Comme de plus en plus de Suisses, les Darbellay ont fait le choix de sortir par le haut du modèle familial occidental de la seconde moitié du XXe siècle. Certes, pas encore de quoi affoler le taux de fécondité suisse, puisque dans le même temps davantage de femmes ne procréent pas. Mais les familles nombreuses ne sont plus l’apanage des migrants ou des milieux ouvriers.

Gage de stabilité

Le sociologue Eric Widmer, spécialiste de la famille, s’est penché sur le phénomène, il en tire cette conclusion: «Plus les hommes font carrière, plus ils ont d’enfants. Pour les femmes en revanche, c’est le contraire.» Exemples en politique: le conseiller fédéral Ueli Maurer a six enfants, le secrétaire d’Etat Yves Rossier cinq, le conseiller fédéral Alain Berset trois, tout comme le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet. Les femmes, de leur côté, sont plutôt entre zéro (les conseillères fédérales Doris Leuthard ou Simonetta Sommaruga) et deux, même si la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf en a trois. «Trois enfants, c’est un défi pour une femme active, comme mon épouse avocate, estime Christophe Darbellay. On sent déjà devoir changer un peu notre organisation, car elle ne veut pas renoncer à sa vie professionnelle.»

Si les chiffres manquent encore sur le sujet, l’observation d’Eric Widmer se vérifie aussi dans le monde économique: les cadres et les dirigeants auraient plus d’enfants que les autres. Comment l’expliquer? «A partir de quatre ou cinq enfants, c’est interprété, pour les hommes qui font carrière, comme un gage de stabilité et de confiance, répond le professeur. Implicitement, les entreprises estiment que le candidat ne va pas quitter facilement son travail ou demander une année sabbatique.

Dans ce cas, le nombre élevé d’enfants est un faire-valoir de la disponibilité, de la responsabilité, du sérieux et de la prévisibilité professionnelle du candidat.» Avoir des mômes poserait son homme, donc. Mais rendrait la femme suspecte! Eric Widmer: «Les femmes qui ont beaucoup d’enfants souffrent parfois du préjugé contraire: elles seraient professionnellement plus imprévisibles, moins disponibles d’esprit, sujettes aux absences car trop centrées sur leurs responsabilités familiales.» Si la mode est aux enfants, elle n’est toujours pas à l’égalité. (Le Matin)

Créé: 28.07.2014, 13h43


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