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Pollution Castors en danger

Les hydrocarbures dans une rivière genevoise menacent les rongeurs.

Olivier Bodmer pose avec un crane de castor près d'un arbre abattu par des castors dans une forêt de Vernier

Olivier Bodmer pose avec un crane de castor près d'un arbre abattu par des castors dans une forêt de Vernier Image: Maxime Schmid

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Des castors souillés et des poissons intoxiqués par une pollution au pétrole. C’est ce scénario catastrophe qui s’est déroulé l’après-midi du 6 février dans la Seymaz, cours d’eau qui traverse plusieurs communes genevoises. «J’ai averti les pompiers, qui sont venus dans la demi-heure», raconte Olivier Bodmer, naturaliste qui surveille la cinquantaine de castors rôdant dans le canton. Comme à son habitude, l’homme se baladait dans les bois de Vandœuvres, spot apprécié par ses protégés poilus. Il est tombé des nues en découvrant la nappe huileuse sur la rivière: «Il y avait une couche qui descendait depuis Pont-Bochet. Sur le moment, je me suis inquiété pour la faune locale.» Collecteurs en cause

Et comment cette saleté est-elle arrivée dans la Seymaz, au juste? «Nous ne pouvons pas le prouver, mais nous soupçonnons les collecteurs d’eau pluviale d’en être à l’origine, informe Alexandre Wisard, directeur du Service de la renaturation des cours de l’eau. Cette fois-ci, la quantité de pollution était très faible. Surtout par rapport à d’autres épisodes que nous avons eus au même endroit, en amont de la rivière.» L’homme reconnaît tout de même «qu’en plus grande quantité, les hydrocarbures peuvent se loger dans le pelage du castor et lui nuire durablement.»

Réactifs, les pompiers ont posé un barrage de rétention sur la partie la plus sale, en aval de la rivière. Au total, quatre hommes pour une opération d’une petite heure: «Ces épisodes de pollution, sauf dans les cas extrêmes, ne sont pas considérés comme de grandes urgences, confie le premier lieutenant Philippe Favero. Nous ne pouvons pas faire grand-chose pour empêcher la dissolution de substances lâchées dans la rivière, à part poser un filet absorbant. Ce type d’incident arrive d’ailleurs assez régulièrement.»

Pour Olivier Bodmer, en revanche, rien n’est résolu: «Nous avons besoin d’une voirie des eaux, qui effectuerait des nettoyages quotidiens. Les animaux ne supportent pas nos déchets.» En attendant cette révolution éventuelle, les castors ne sont pas à l’abri d’un nouvel épisode de pollution.

Créé: 13.02.2016, 14h46

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