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Choquant Un cheval mort, c'est de l'art?

Un corps d’étalon suspendu par des sangles est exposé à la vue de tous à Genève. Les réactions sont plutôt vives.

Exposé depuis vendredi jusqu’à fin mai, «Cheval de bataille» attire l’attention de tous les passants.

Exposé depuis vendredi jusqu’à fin mai, «Cheval de bataille» attire l’attention de tous les passants. Image: Lionel Flusin

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Oeuvres d'arts animales

Oeuvres d'arts animales Quatre créations polémiques.

Des cochons tatoués.

Le chat volant.

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Amorphe. Tête en bas. Soutenu par deux sangles. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’œuvre de Maya Bösch et Régis Golay est saisissante. Installé depuis vendredi dans le Zabriskie Point, un abribus de Plainpalais transformé en galerie, l’étalon empaillé suscite réactions scandalisées, étonnement ou admiration. Comme l’a révélé la Tribune de Genève hier, l’œuvre restera accrochée à la vue des passants jusqu’à fin mai.

Pas de provocation gratuite

«Nous comprenons que cette pièce puisse susciter des réactions fortes surtout chez les enfants et les végétariens, explique le collectif Zabriskie Point qui gère l’exposition. Dans un contexte autre, par exemple au sein d’un salon de chasseur, l’objet serait d’une banalité absolue. C’est donc cette décontextualisation qui ouvre à une complexité de sens et crée le trouble, et finalement le débat.» Le collectif se défend aussi d’avoir voulu provoquer pour provoquer. «Notre but n’est absolument pas de choquer, lancent les artistes. Par contre, notre lieu a la singularité d’être entièrement transparent et d’être situé en plein milieu de Genève, au cœur du quartier populaire de Plainpalais. Ce lieu surexpose naturellement ce qui y est montré et nous met à nu, les artistes comme les passants, spectateurs volontaires et involontaires.»

Ce n’est pas, et de loin, la première fois que des artistes utilisent des animaux dans une œuvre. Que ce soit un lancer de chat, des cochons tatoués ou un cheval encastré dans un mur, à chaque fois les réactions indignées sont au rendez-vous. «Mais en quoi est-ce différent des animaux empaillés qu’on peut voir dans les musées? demande Pierre Keller, ancien directeur de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL). L’artiste utilise l’animal comme un matériau. Tout est possible tant que cela fonctionne. Provoquer se justifie si cela permet de faire passer le message.» Et l’expert de remarquer tout de même ne pas être fan de ce genre d’installation. «Je n’aimerais pas avoir cela chez moi, cela me dégoûte un peu. Alors que je peux apprécier des œuvres beaucoup plus hard.»

Réactions «très émotionnelles»

Charlotte Moser, directrice d’une galerie d’art contemporain à Genève, souligne que les animaux sont, avec les bébés, les deux sujets qui choquent lorsque l’art s’en empare. «Les gens ont souvent des réactions très émotionnelles face à ce type d‘œuvre. Ils ne portent pas un regard assez aiguisé et ne cherchent pas à connaître le propos de l’artiste.» Elle rappelle également que «l’artiste est là pour pousser les gens à se poser des questions et à arrêter d’avaler tout ce que les médias nous servent». Et ce cheval, alors, à quoi doit-il nous inciter à penser? «Pour les artistes, «le cheval de bataille» représente toutes les batailles déchues – les grandes et les petites – surtout celles qui demeurent dans l’invisible», relève Zabriskie Point. Au contraire de l’œuvre en elle-même qui s’offre en pleine lumière.

Créé: 04.04.2013, 05h57

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