Lundi 9 décembre 2019 | Dernière mise à jour 11:57

Animaux Au chevet des oisillons tombés du nid

Pour faire face à l’avalanche de tombés du nid, le Centre ornithologique de Genthod (GE) ouvre une nurserie, digne d’un hôpital.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Jeudi matin, 11 h. Un bébé merle arrive au Centre ornithologique de réadaptation (COR) de Genthod (GE). Il est immédiatement dirigé vers une nurserie flambant neuve où sa responsable, Clémence Cretton (25 ans), l’installe dans une couveuse high-tech (avec chaleur et taux d’humidité soigneusement prédéfinis), après avoir rapidement transformé un petit récipient en nid douillet pour l’accueillir.

On est dans le plus grand service de néonatalogie, version ornithologique, de Suisse romande, voire de Suisse. Inauguré tout récemment, il accueille actuellement une cinquantaine d’oisillons éclos au centre – il arrive que des adultes qui y sont soignés pondent – ou retrouvés hors du nid.

Avec l’aide des bénévoles

Alors autant dire qu’on ne chôme pas. «C’est comme à l’usine, de 8 h à 21 h. Durant les cinq premiers jours de leur vie, les oisillons doivent être nourris toutes les 5 à 10 minutes, ensuite, ça s’espace un peu», explique la jeune femme. Mais il y a tout le reste, la préparation de la bouillie, le nettoyage des cages, des nids, le suivi du poids. Sans oublier la participation aux contrôles vétérinaires, avec d’éventuels soins en plus, assurés par la véto du COR, Émilie Brethaud.

Dans les cages, les plus grands des oisillons (mésanges charbonnières, rouges-queues, harles bièvres ou encore pics épeiches) s’agitent, bec grand ouvert, quand on passe devant. Alors que, de son côté, le minuscule merle, fraîchement arrivé, se réchauffe. «Il a l’air assez vigousse, mais il est très pâle», constate Clémence Cretton, en chargeant une bénévole de commencer à le nourrir d’ici à 10 minutes.

Car, pour l’assister, la jeune femme recrute actuellement des bénévoles qu’elle forme, et qui sont prêts à donner au minimum quatre heures d’affilée de leur temps, une fois par semaine.

«Nous sommes une structure privée qui fonctionne avec les dons… Ce qui est assez compliqué, car ils sont en baisse, alors qu’on accueille de plus en plus d’oiseaux et d’oisillons», explique le fondateur du COR, Patrick Jacot, qui souligne que la prise en charge d’un oisillon revient entre 80 fr. et 150 fr.

Augmentation du taux de survie

Jusqu’à l’ouverture de la nurserie, qui a pu être concrétisée grâce à un sponsor, les nouveau-nés étaient soignés à l’infirmerie du centre, au milieu des adultes blessés. «Le taux de survie a nettement augmenté depuis, on dépasse les 57%», se réjouit Patrick Jacot.

Il faut dire que rien n’a été laissé au hasard, que ce soit dans l’aménagement de la néonat, dans la prise en charge des oisillons, dans les mesures d’hygiène ou encore dans l’accompagnement des petits, jusqu’à leur remise en liberté. Pour ce faire, Clémence Cretton s’est inspirée de ce qui se fait de mieux dans le domaine, notamment aux États-Unis.

Relâchés dans la nature

Ainsi, on ne pénètre dans l’antre des bébés qu’après s’être désinfecté, et les soignants portent la blouse verte et le masque blanc de ceux qui travaillent dans des services de soins intensifs. «Le masque permet également que les oiseaux ne voient pas notre visage, afin qu’il n’y ait pas d’imprégnation avec l’homme. C’est indispensable, car le but est de les relâcher dans la nature», explique Clémence Cretton.

Avant d’en arriver à cette ultime et réjouissante issue, les nouveau-nés devront apprendre à passer de l’étape bouillie (identique pour tous) à une nourriture propre à leur espèce. Ils auront également droit à des jeux d’enrichissement, passeront un certain temps sous observation, en volière avant de retrouver la liberté… Un vrai cinq-étoiles. Toutefois, le mieux reste que les petits puissent être élevés par leurs parents, dans la nature. Si vous voyez un oisillon bien emplumé à terre, évitez donc de le ramasser. Ses parents veillent sans doute sur lui, à proximité. En cas de doute, appelez le COR.

Créé: 28.05.2018, 06h48

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.