Mercredi 16 janvier 2019 | Dernière mise à jour 15:03

Tendance «Mon chien est végane»

L’engouement pour une alimentation sans protéines animales conduit de plus en plus de maîtres à priver leurs compagnons carnivores de viande. Un phénomène qui divise les vétérinaires.

Après s’être convertie au véganisme il y a un an, Jessica Lorenz a supprimé la viande de la gamelle de son bichon.

Après s’être convertie au véganisme il y a un an, Jessica Lorenz a supprimé la viande de la gamelle de son bichon. Image: Olivier Vogelsang

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Choisir un régime végétarien pour ses animaux de compagnie, c'est...

Bon pour leur santé

 
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Contre nature

 
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Ecologique

 
3.2%

Bien une idée de végétarien

 
41.3%

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«Einstein» a 10 ans et il ne mange plus de viande depuis deux ans. Un régime hors norme que ce labrador croisé border collie doit à son propriétaire, Andrew Feltham, adepte de l’alimentation végane.

Extrême, pour ne pas dire contre nature, non? Ce genre de remarques, le Genevois d’origine anglaise l’entend régulièrement. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux, comme lui, à refuser de nourrir leurs protégés aux dépens d’autres animaux. «Quand j’ai pris conscience qu’en dix ans un chien de la taille du mien – 30 kilos – mange l’équivalent de huit veaux ou de deux bœufs et 400 poulets, ça m’a paru aberrant.»

C’est un omnivore

Quand il a adopté «Einstein» à la SPA, voilà cinq ans, Andrew Felt­ham venait juste de se mettre au végétarisme. Puis diverses recherches sur l’alimentation l’ont conduit au véganisme. Pour lui d’abord, puis son toutou. «Le chien n’est pas un loup. C’est une espèce créée par l’homme, qui est omnivore. De nombreuses études démontrent par ailleurs qu’une alimentation purement végétale, si elle est correctement complémentée, est aussi bénéfique pour les chiens que les humains. D’ailleurs, le plus vieux canidé du monde inscrit au Guinness Book – mort à l’âge de 27 ans – était végane. Ceux qui disent que ce n’est pas naturel de les nourrir ainsi ne se basent pas sur des faits scientifiques mais sur ce qu’ils croient savoir.»

Pour «Einstein», la transition au régime sans viande s’est faite sans problème, même si, dans un premier temps, Andrew Feltham a quelque peu tâtonné pour réussir à préparer des gamelles équilibrées, en s’inspirant de sites spécialisés sur le sujet, avec un suivi vétérinaire. «Aujourd’hui, toutes les valeurs d’«Einstein» sont équilibrées. Et on va continuer à faire régulièrement des prises de sang pour s’assurer qu’il n’a pas de carences.» Quant au toutou, qui a droit à trois heures de balade par jour, il déborde d’énergie.

Il adore les fruits et légumes

Idem pour «Branquinho», un bichon de 5 ans, végane depuis quelques mois. «Je me suis moi-même convertie à ce mode de vie il y a un an. C’était dans la logique qu’il en soit de même pour lui, d’autant que les chiens sont eux aussi omnivores. Mais auparavant je me suis beaucoup documentée», confie Jessica Lorenz. La jeune femme ne se sentant pas encore prête à cuisiner des plats équilibrés pour son animal, elle a préféré se tourner vers les croquettes véganes. «En revanche, je lui donne régulièrement des morceaux de fruits ou de légumes. Il adore ça!»

Reste que les vétérinaires sont partagés sur la question. Ainsi pour Marianne Diez, spécialiste européenne en nutrition, priver son chien ou son chat – car il y a aussi des félins véganes! – de protéines animales est une aberration: «C’est un effet de mode qui prend de l’ampleur depuis cinq ans. Mais une telle alimentation entraîne une série de problèmes pour les animaux carnivores. Leur infliger ça, c’est un manque de respect pour leur nature de carnivore et peut être assimilé à une forme de maltraitance.» Elle pointe ainsi diverses carences nutritionnelles qu’un tel régime peut entraîner, de la taurine aux vitamines A et D en passant par certains acides animés et le fer.

Des problèmes que le Dr Alessandro Capozzi, installé à Carouge (GE), ne conteste pas. Mais, pour lui, on peut très bien y parer avec des compléments alimentaires, en plus d’une source de protéines végétales. «Il est très important, en revanche, d’effectuer des prises de sang régulières et de contrôler le pH de l’urine, pour être sûr que l’animal ne manque de rien.» Pour le reste, le vétérinaire ne voit rien à redire, surtout pour les chiens. «Leur système digestif s’est habitué aux féculents et aux céréales.» Quant aux aliments véganes industriels, ils sont selon lui parfaitement équilibrés. (Le Matin)

Créé: 02.01.2017, 09h02

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