Lundi 9 décembre 2019 | Dernière mise à jour 23:28

Suisse Christian Levrat: la succession est lancée

Le successeur de Christian Levrat sera élu par le Congrès du PS Suisse agendé les 4 et 5 avril 2020. La pression sera forte pour élire une femme à la tête du parti.

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Le président du Parti socialiste suisse Christian Levrat va quitter ses fonctions en avril, après douze ans à la tête du PS. Sa succession est lancée et plusieurs noms circulent déjà. Est-ce le tour d'une femme, jeune et alémanique? C'est le portrait-robot qui se dessine pour l'instant.

C'est dans des interviews publiées mardi par «La Liberté» et le «Blick »que M. Levrat, 49 ans, a fait son annonce officielle. «J'ai été président pendant douze ans, avec beaucoup de plaisir et d’énergie. Mais ça use, aussi bien sur le plan politique que personnel. Il faut savoir passer la main», explique le Gruérien.

Interrogé sur l'influence du score historiquement bas du PS lors des dernières élections sur sa décision, M. Levrat reconnaît assumer «une part de responsabilité dans ce résultat». Il relève toutefois que tous les grands partis sont à leur niveau le plus bas. Il assure que son départ a été «décidé depuis longtemps» et qu'il n'est pas en lien avec le score aux fédérales.

Délai de candidature au 19 février

Après le scrutin du 20 octobre, plusieurs élus socialistes avaient publiquement demandé le départ du Fribourgeois. Parmi eux figurait la conseillère d'Etat zurichoise Jacqueline Fehr, qui estimait que le PS devait devenir plus jeune et féminin.

Le successeur de Christian Levrat sera élu par le Congrès du PS Suisse agendé les 4 et 5 avril 2020. L'annonce de l'ouverture des candidatures est fixé au 11 décembre avec un délai qui courra jusqu'au 19 février, a indiqué mardi le parti. «Afin de garantir un processus de candidature équitable, la présidence du Comité directeur du PS demandera la nomination d'une commission électorale», précise la formation.

Les noms de plusieurs papables ont déjà circulé dans les médias. Les conseillères nationales Mattea Meyer (ZH), Nadine Masshardt (BE), Flavia Wasserfallen (BE), Samira Marti (BL) et Barbara Gysi (SG) ont été évoquées de même que les conseillers nationaux Cedric Wermuth (AG) et Jon Pult (GR). Mme Masshardt et M. Pult ont aussitôt décliné l'offre mardi. Certains suggèrent une co-présidence.

Jeunes et femmes du PS s'expriment

Un portrait-robot de la candidature idéale semble en tout cas se dessiner: une femme, jeune et alémanique. La Jeunesse socialiste (JS) a été la première à réagir. Elle exige une direction du PS plus jeune, féminine, activiste et militante, plaidant donc pour un changement de personnes et de structures.

«La nouvelle présidence devra présenter une alternative de gauche complète et renforcer le caractère activiste et militant du PS. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons convaincre les gens et sortir le PS de l'impasse», revendique Pauline Schneider, vice-présidente de la JS. Climat, égalité et répartition des richesses devront être la priorité, selon elle, pour réformer le système économique.

Interrogées par Keystone-ATS, les femmes du PS font, elles plutôt profil bas pour l'instant. «Il y a évidemment le souhait d'avoir une femme à la tête du parti», affirme la co-présidente des Femmes socialistes Natascha Wey, précisant que des discussions ont commencé avec plusieurs possibles candidates.

Du côté des syndicats, on ne s'avance guère plus. Il s'agira de «trouver la même solidité et stabilité» que le prédécesseur, dit Pierre-Yves Maillard, président de l'Union syndicale suisse (USS).

De la trempe de Christianne Brunner

Dans un sourire, le politologue socialiste Nenad Stojanovic affirme que l'Argovien Cédric Wermuth serait le candidat idéal, s'il était une femme. Plus sérieusement, il estime qu'un profil du type de celui de l'ancienne présidente du PS Christiane Brunner pourrait faire l'affaire.

«Il serait dommage qu'après douze ans de présidence masculine il n'y ait pas une présidence féminine ou du moins un profil qui parle mieux à l'électorat féminin». Et de citer quelques noms, pêle-mêle: la Vaudoise Ada Marra, la Tessinoise Marina Carobbio, la Zurichoise Mattea Meyer ou la Saint-Galloise Barbara Gysi.

«La pression va être forte pour élire une femme à la tête du parti», renchérit le politologue bernois Michael Hermann. Pour lui, c'est Flavia Wasserfallen qui sort actuellement du lot. Elle a déjà dirigé le Secrétariat général du PS et contribué à fixer des perspectives d'avenir pour le parti.

Autre élément à prendre en compte, selon M. Hermann: la chaleur humaine. Christian Levrat est l'un des politiciens suisses les plus influents, un stratège, un joueur d'échecs, mais il lui manquait cette chaleur humaine dans sa communication, observe-t-il. Ce sera donc aussi un grand défi pour sa succession. (ats/nxp)

Créé: 12.11.2019, 16h02

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