Mardi 26 septembre 2017 | Dernière mise à jour 22:01

Orages à répétition Même le climat s'américanise en Suisse

Comme aux Etats-Unis, les incidents climatiques extrêmes s’enchaînent. Le point avec les experts.

Samedi 28 mai, des éclairs puissants ont illuminé le ciel du Chablais, vu ici depuis Clarens (VD).

Samedi 28 mai, des éclairs puissants ont illuminé le ciel du Chablais, vu ici depuis Clarens (VD). Image: Reporter mobile

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Au pays de l’Oncle Sam, les tornades, la grêle et les pluies battantes sont monnaie courante. En Suisse, par contre, les habitudes climatiques sont plus allégées… Jusqu’à maintenant, du moins. Car à la vue des intempéries impressionnantes de ces dernières semaines, qui dureront au moins 10 jours supplémentaires selon divers météorologues, notre proximité avec les Etats-Unis n’a jamais été aussi frappante. «La corrélation entre orages extrêmes, comme ceux relatés chaque année sur le continent américain, et réchauffement climatique est devenue une évidence grâce aux études statistiques», souligne Georg Klingler, expert climatique auprès de Greenpeace Suisse. «Si les scientifiques ne parviennent pas à donner des explications claires sur cette tendance, les chiffres sont sans appel. Il y a par ailleurs une augmentation notable de ces incidents en Suisse cette année.»

Même son de cloche chez Martine Rebetez, climatologue à l’Université de Neuchâtel et à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage: «Les tempêtes deviennent de plus en plus violentes, assure la chercheuse. De nouvelles tendances peuvent être relevées cette année, à commencer par la présence de la masse neigeuse en dessous de 2000 mètres jusqu’à fin mai. La baisse de 0,8 °C de la température moyenne pour cette période en est également responsable. S’il a toujours plu au printemps, les précipitations n’ont jamais été aussi abondantes.»

«Une situation atypique»

Autre impact du mauvais temps chronique: une plus grande puissance énergétique de la foudre. «Les rencontres entre les courants chauds et les vents froids créent davantage de dangers pour la population, en cas d’orage», continue Martine Rebetez. Quant aux risques de tornades, ils concernent surtout nos voisins français et allemands: «Les cyclones surgissent sur des grands espaces plats, détaille la spécialiste. En Suisse, avec les reliefs des montagnes, nous sommes à l’abri dans la majorité des agglomérations. C’est plutôt les surplus de pluie et de grêle qui feront des dégâts sous nos latitudes.»

Pour sa part, Vincent Devantay, météorologue chez MeteoNews, préfère éviter les pronostics catégoriques. Cet expert note surtout que la multiplication d’orages en 2016 est due à la convergence de différents paramètres: «Les vents faibles en altitude rendent les intempéries stationnaires. En clair, il peut pleuvoir beaucoup sur un emplacement unique, alors que les intempéries se déplacent habituellement, raconte-t-il. La Suisse est davantage menacée par des crues et des inondations que par des tornades.» Certains cantons sont plus exposés que d’autres: «Fribourg, qui a notamment connu des épisodes de grêle ce week-end, et Saint-Gall restent les régions les plus vulnérables», précise le scientifique.

Pour certains, la pluie est du pain bénit. Gaël Handschin, photographe fribourgeois spécialisé dans les images d’éclairs, fait partie des rares autochtones à se réjouir du déchaînement météorologique actuel, qui lui permet de réaliser des clichés spectaculaires. Selon ce passionné, c’est la multiplication des orages supercellulaires, condensés puissants d’éclairs et de tonnerre, qui serait responsable de la durée démesurée des intempéries. «L’atmosphère instable crée les conditions idéales pour les tempêtes, s’enthousiasme-t-il. En seulement deux jours, j’ai pu prendre une quantité impressionnante de photos d’éclairs. J’espère que ça va continuer.» Pour percevoir le rayon de soleil par un temps nuageux, après tout, ce n’est qu’une question de perspective. (Le Matin)

Créé: 06.06.2016, 13h23


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