Vendredi 5 juin 2020 | Dernière mise à jour 20:26

Touchant Des clowns chantent aux balcons des malades durant la pandémie

L'association Clown To Care a fait danser les patients de plusieurs hôpitaux romands dans le respect des distances sociales.

Nathalie Grivel, 53 ans, fondatrice de l'association Clown To Care à Vevey et coach spécialisée en éthique.

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L'humour ne connait aucune barrière. Même la distance sociale servant à endiguer la pandémie n'a pas empêché l'association Clown To Care basée à Vevey (VD) intervenant dans les soins palliatifs adulte, de dessiner des sourires sous les masques.

Vêtus de costumes flashy, de nez rouges et émanant une gaieté communicative, ces joyeux lurons au grand cœur ont entraîné malades et soignants dans leur danse depuis les balcons et jardins environnants de trois institutions médicales romandes.

Effet de surprise garanti

Interpellés par des voix provenant de l'extérieur, les patients de l'hôpital d'Orbe (VD) se sont précipités sur leurs balcons. Dans le jardin, l'auto proclamée «chorale du double mètre fleuri» composée de trois clowns tenant un ruban de mesure en papier, gage de leur respect des distances anti COVID-19, a interprété des chants à leur attention.

«D'un accord avec les institutions, les patients ne sont pas avertis de notre venue et ça surprend toujours, s'amuse Nathalie Grivel, fondatrice de l'association. C'est une façon ludique d'apporter de la joie et du rêve à ceux qui souffrent en cette période difficile.»

Les clowns qui avaient l'habitude d'arpenter les couloirs des hôpitaux et d'approcher les malades dans leurs lits se sont retrouvés privés de ce précieux contact lorsque la crise est arrivée. C'est dans la peau de son personnage prénommé «Léontine» que cette ancienne infirmière de 53 ans a eu la révélation.

Du yodel à Claude François

«Comme les clowns ont toujours des solutions à tout, je me suis demandé ce que penserait Léontine de cette situation. Elle aurait répondu: puisqu'on ne peut plus aller dedans, allons dehors!» Les résidents des hôpitaux de Lavaux et de Riviera-Chablais à Rennaz ont aussi eu droit à la visite surprise de la joyeuse compagnie.

Du yodel chanté au micro jusqu'à la chorégraphie de Claude François: les animations ont semé une ambiance festive qui a fait danser les patients masqués du haut de leurs balcons. Même quelques soignants n'ont pas résisté à leur emboîter le pas.

Et pas question d'en priver les malades alités en soins palliatifs. Pour leur manifester leur soutien, les clowns ont grimpé à leurs fenêtres. Une attention plutôt originale qui a décroché des larmes à une fille venue rendre visite à son père.

Faire rêver plutôt que faire rire

On aurait tendance à penser que la mission du clown est de faire rire. Surtout les enfants. Mais l'association vise un autre objectif: «On ne cherche pas à créer l'hilarité mais plutôt à faire rêver pour que les patients puissent se décentrer de leur maladie, souligne Nathalie Grivel. On veut aller à leur rencontre, dans leur humanité, saisir des éléments de leur vie et construire un univers commun qui va les captiver.»

Et de préciser: «On est loin du spectacle, de la jonglerie, du clown de cirque, mais plutôt dans une dimension de rencontre, de bien-être, voire d'accompagnement spirituel. On souhaite leur offrir quelques instants de partage durant lesquels la complicité et les sourires peuvent remplacer l’inquiétude.»

Le clown, un personnage vulnérable

Si la Veveysanne d'adoption, aujourd'hui formatrice et coach en éthique a choisi le clown comme personnage pour approcher les malades, ce n'est pas par hasard.

«Ce qui est intéressant avec le clown, c'est qu'il est vulnérable et authentique. Il donne à voir sa fragilité, ses parts d'ombre et ses souffrances, son humanité en somme. Ce qui permet de toucher les personnes en situation de maladie grave. La vulnérabilité de chacun est l'accès à cette rencontre éphémère.»

Fondée en 2014, l'association Clown To Care compte aujourd'hui six clowns professionnels. Vivant de cotisations provenant des établissements médicaux et de dons, elle peut intervenir dans toutes les unités de soins palliatifs adulte en Suisse romande.

Laura Juliano

Créé: 20.05.2020, 09h13

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