Dimanche 22 septembre 2019 | Dernière mise à jour 13:20

Argovie Condamnée pour avoir lu les emails de son ex

Une femme séparée de son mari est tombée sur son mot de passe par hasard et en a profité. Elle n'aurait pas dû.

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Accéder à un compte e-mail est punissable même si le mot de passe a été découvert par hasard. Le Tribunal fédéral confirme la peine pécuniaire avec sursis infligée pour son indiscrétion à une femme séparée de son époux.

La recourante avait trouvé les données d'accès au compte sur une carte que son mari avait laissée dans le bureau qu'ils avaient partagé dans l'ancien domicile conjugal. Comme elle avait des doutes sur son droit à accéder aux e-mails, elle avait fait des recherches sur Internet.

Elle avait également interrogé un proche qui était procureur. Celui-ci estimait qu'une telle action n'était pas illégale. Dans un arrêt publié mardi, le Tribunal fédéral est d'un tout autre avis: la manière dont des données d'accès ont été obtenues n'est pas décisive. Un comportement actif n'est pas nécessaire pour que le délit d'accès indu à un système informatique soit réalisé.

Pas de consentement

La haute cour confirme ainsi la décision rendue par le Tribunal cantonal du canton d'Argovie en octobre dernier. Elle estime aussi que l'époux avait laissé traîner involontairement son mot de passe et que cet oubli ne pouvait pas être assimilé à un consentement à un accès à ses e-mails.

La femme, qui a été condamnée à une peine pécuniaire avec sursis de 50 jours-amendes à 30 francs et à une amende de 300 francs, avançait qu'une infraction comme l'accès indu à un système informatique impliquait une énergie criminelle pour être punissable. Comme par exemple dans le cas du hacking ou du phishing.

Les juges de Mon Repos ont aussi rejeté l'argument de l'erreur sur l'illicéité dans laquelle se serait retrouvée la recourante à la suite de l'information donnée par son ami procureur. Elle ne pouvait pas s'y fier dans la mesure où il ne s'agissait pas d'une information officielle.

En outre, la femme a encore cherché à se renseigner par la suite sur Internet, comme l'analyse de son ordinateur par la police scientifique l'a prouvé. Ce comportement montre qu'elle avait le sentiment au moins diffus de faire quelque chose d'illégal. Dans ces conditions, l'erreur sur l'illicéité doit être écartée, conclut le Tribunal fédéral. (arrêt 6B_1207/2018 du 17 mai 2019) (ats/nxp)

Créé: 04.06.2019, 12h10

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.