Mercredi 20 novembre 2019 | Dernière mise à jour 15:06

Editorial Congé paternité: le dilemme des Romands de l'UDC

La volonté de l'UDC de s'opposer à un congé paternité de deux semaines met ses élus romands dans une position compliquée.

Le président Albert Rösti (UDC/BE) n'a pas le temps de souffler... Une fois les élections passées, l'UDC se rejette dans la mêlée en soutenant le référendum contre le congé paternité.

Le président Albert Rösti (UDC/BE) n'a pas le temps de souffler... Une fois les élections passées, l'UDC se rejette dans la mêlée en soutenant le référendum contre le congé paternité. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il l'avait déjà annoncé le 1er novembre dernier, le comité de l’UDC Suisse a décidé de soutenir un éventuel référendum contre un congé paternité «imposé par l’Etat et financé par la collectivité.» Un comité de droite «interpartis» se dévoile donc aujourd'hui et on y retrouve comme coprésidente la conseillère nationale Diana Gutjahr (UDC/TG) et Susanne Brunner de l'UDC zurichoise.

Voter sur les deux propositions?

Le délai référendaire va jusqu'au 23 janvier prochain. Le temps est court, l'actualité politique est riche avec les débuts du nouveau Parlement, la réélection du Conseil fédéral, puis les fêtes de fin d'année. Deux semaines de congé paternité, c'est déjà le fruit d'un compromis minimal du Parlement contre les quatre semaines que demandait l'initiative. Le 2 octobre, les initiants annonçaient le retrait conditionnel de leur texte, s'il n'y avait pas de référendum. Du coup, on pourrait se retrouver à voter sur les deux propositions.

Petites gens oubliés

Certains quotidiens du jour relèvent que les UDC romands ne sont pas chauds du tout à travailler pour ce référendum et on les comprend. En Suisse romande le parti a perdu quatre sièges (VD/FR/NE/BE). Certains commencent à se rendre compte que la politique alémanique pure et dure en matière sociale est l'un des paramètres qui fait partir les petites gens de l'UDC, perçue dès lors comme un parti qui se soucie davantage des nantis.

Respect de la parole

S'opposer au congé paternité en Suisse romande serait un suicide politique. Au moment où l'UDC doit réfléchir à comment remonter la pente, ce combat n'a pas lieu d'être. Il reste que le parti suisse est encore aux commandes. Dans son communiqué du 1er novembre, il est écrit: «Le congé de paternité approuvé par le Parlement fédéral durant la dernière session d’automne coûte au total plus d’un milliard de francs à l’économie et aux contribuables suisses. Respectant sa parole aussi après les élections, l’UDC combat avec détermination de nouveaux impôts et taxes.»

Les Grecs du parti?

Alors, que vont faire les Romands? Un refus d'ordre? Risquer de passer pour les Grecs du parti? Au moment où Christoph Blocher n'a pas hésité à traiter les sections romandes de«paresseuses» aux performances «affligeantes», le sujet du congé paternité tombe mal pour se mettre au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon.

Eric Felley

Créé: 08.11.2019, 19h12

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.