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120 ans du sionisme «Ce congrès ne doit pas justifier la colonisation»

Benjamin Netanyahu veut commémorer, à Bâle, les 120 ans du Premier congrès sioniste. Le socialiste Carlo Sommaruga craint une instrumentalisation. Berne attend d'en savoir plus.

Carlo Sommaruga s’inquiète du fait que Benjamin Netanyahu puisse utiliser le contexte historique de cette célébration pour justifier la colonisation des Territoires palestiniens

Carlo Sommaruga s’inquiète du fait que Benjamin Netanyahu puisse utiliser le contexte historique de cette célébration pour justifier la colonisation des Territoires palestiniens Image: Keystone

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netan­yahu a prévu de célébrer cet automne les 120 ans du sionisme à Bâle. C'est en effet dans la cité rhénane que s'est tenu à la fin août 1887 le Premier congrès sioniste, où Theodor Herzl y dévoila son «plan de réunification nationale juive».

L'évènement ne manque pas de susciter certaines inquiétudes sur les bords de Rhin et à Berne. Carlo Sommaruga (PS/GE) a déposé une motion pour connaître les intentions du Conseil fédéral à ce sujet, explique la Basler Zeitung dans son édition du 14 mars 2017.

Rien de concret officiellement

Ce sont notamment des questions de sécurité qui posent problème puisque Tel-Aviv prévoit d'inviter moult personnalités étrangères. L'ambassade israélienne à Berne a confirmé que toutes les options restaient ouvertes mais que rien de définitif n'avait été décidé.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) garde pour le moment un profil bas. «En ce qui concerne cet évènement, le DFAE n'a encore reçu aucune demande officielle de la part du gouvernement israélien et n'est donc pas en mesure de confirmer cette information», a expliqué la porte-parole Silvia Müller.

Pas de justification de colonisation

Dans sa motion, Carlo Sommaruga s'inquiétait que la célébration de ce congrès «ne se transforme en une plateforme internationale de la politique israélienne d'annexion des Territoires palestiniens».

Il n'entend pas interdire à des officiels israéliens de venir en Suisse à cette occasion, n'y voyant aucun problème. Mais il refuse de voir l'histoire instrumentalisée. «Pas question que Benjamin Netanyahu n'utilise le contexte historique pour justifier la colonisation des Territoires occupés», a souligné le conseiller national proche des milieux palestiniens.

Des politiciens bâlois se font également entendre. Le conseiller national Eric Nussbaumer (PS) n'a rien contre la célébration de l'évènement. «Les fonctionnaires de police sont tout à fait capables d'assurer la sécurité, comme ils le montrent au WEF de Davos et à d'autres occasions.» Mais il attend des politiciens qui seront présents pour les cérémonies qu'ils laissent de côté leurs ambitions électorales. «Et surtout Benjamin Netanyahu dans ce contexte», a-t-il ajouté.

A la charge de Bâle

Didier Burkhalter a répondu lundi par écrit à la motion de Carlo Sommaruga sans prendre position mais en rappelant que cet évènement relevait de la souveraineté cantonale. Une délégation israélienne a déjà évoqué le sujet avec les autorités bâloises lors d'une visite de travail. Le DFAE se dit prêt à soutenir le canton pour la sécurité et d'autres questions à ce sujet.

Dans l'immédiat, le Conseil d'Etat bâlois garde le silence. «La transparence est désormais importante puisque les coûts et les devoirs liés aux mesures de sécurité vont impacter la vie quotidienne», estime Eric Nussbaumer.

Le Conseil d'Etat justifie sa réserve par le manque de clarté entourant encore le projet. «En l'état actuel des choses, nous ne pouvons nous exprimer concrètement ni sur la manifestation prévue, ni sur les aspects sécuritaires ou les coûts», a déclaré son porte-parole Marco Greiner

Créé: 14.03.2017, 11h58