Vendredi 10 juillet 2020 | Dernière mise à jour 16:30

Editorial La crise économique, outil de sélection naturelle?

Après la crise sanitaire, qui a touché des personnes fragilisées, la crise économique risque d'en faire de même avec les entreprises. Les sénateurs ont refusé un fonds spécial d'indemnisation.

On a déjà dépensé un montant gros comme ça..., semble montrer Ueli Maurer aux parlementaires. Pour le Conseil fédéral, il est temps de tourner la page des dépenses exceptionnelles dans la crise du coronavirus.

On a déjà dépensé un montant gros comme ça..., semble montrer Ueli Maurer aux parlementaires. Pour le Conseil fédéral, il est temps de tourner la page des dépenses exceptionnelles dans la crise du coronavirus. Image: Alessandro della Valle/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il existe une similitude entre une épidémie, qui affecte des gens déjà en mauvaise santé, et une crise économique, qui touche des entreprises également en mauvaise santé. Après une période de dépenses inédite dans l'histoire de la Confédération, le Conseil fédéral estime qu'il en a assez fait. Ce genre de crise permet aussi de faire le tri parmi les bons et les mauvais éléments du tissu économique.

Le temps de lever le pied

L’épisode du coronavirus n’a pas fait bouger les fronts sur les affaires courantes du Parlement. Mais la menace d’une crise économique y est bien présente dans les esprits. La Confédération a engagé près de 60 milliards de francs pour y faire face, une somme proche de son budget annuel de 75 milliards pour 2020. Le temps est venu de lever le pied. Certes, cet argent n’est pas entièrement dépensé, puisque 40 milliards représentent des cautionnements. C'est le chômage qui constitue le gros morceau de la facture.

L'onde de choc dans l'économie

Le ménage fédéral sort affaibli de ces trois mois de folie, qui ont dû parfois empêcher de dormir le placide chef des Finances, Ueli Maurer. Cependant, l’économie suisse ne s’est pas arrêtée et les milieux financers n'ont guère perdu de leurs couleurs. L'onde de choc est surtout ressentie dans la «petite» économie composée de PME, de sarl. ou d'indépendants, qui ont vu leurs revenus disparaître ou fondre.

Un fonds d'indemnisation?

Dans leur fief, nos politiciens sont confrontés au désarroi de ces électeurs et tentent de trouver des solutions à Berne. Le Conseil des Etats a ainsi débattu ce jeudi de la création d'un fonds d'indemnisation des dommages COVID-19 «visant la compensation, totale ou partielle des dommages économiques subis en raison des mesures prises afin d'endiguer la pandémie». Les personnes qui bénéficient d'un cautionnement solidaire ou les personnes lésées qui remplissent les critères du cautionnement auraient pu prétendre à une compensation dans un temps qui n'était pas précisé et pour des montants non précisés. C'était une idée aussi floue que généreuse.

Une mentalité partagée

Faut-il encore de l'argent public dans cette affaire? Cette crise ne serait-elle pas aussi un outil de sélection naturelle? Seules les structures saines vont survivre, celles qui avaient assez de réserves par exemple. Ce peut être brutal, mais cela reflète une mentalité assez partagée dans ce pays. Selon la formule de Darwin: «Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.»

«... soit elles n'existent plus»

La Confédération semble suivre cette logique. Le Conseil fédéral ne voulait surtout pas d'un fonds d'indemnisation suppplémentaire. Il le justifie ainsi: «Soit les entreprises ont déjà surmonté les conséquences économiques de la pandémie par leurs propres moyens ou grâce à l'aide de transition de la Confédération, soit elles n'existent plus. Dans les deux cas, des prestations supplémentaires de la Confédération n'ont plus d'utilité.» Voilà qui est dit.

Un refus et un petit oui

Les conseillers aux Etats ont suivi Ueli Maurer en refusant la proposition par 33 voix à 9. Par contre, ils ont adopté de justesse – par 19 voix contre 18 et 3 abstentions – une motion qui demande que les entreprises puissent faire appel une seconde fois aux crédits Covid-19. Après, on fermera le robinet une fois pour toutes! Mais elle doit être encore acceptée par le Conseil national.

Eric Felley

Créé: 05.06.2020, 06h48

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.