Jeudi 18 juillet 2019 | Dernière mise à jour 10:09

Drogue Deal de rue à Genève: «la situation n'a pas bougé du tout»

Pour le conseiller national Benoît Genecand, le problème du deal de rue à Genève n'a pas évolué d'un ïota depuis son coup de gueule contre les «noirs».

Pour le conseiller national genevois, depuis son coup de gueule de l'année dernière, la situation n'a pas évolué sur le front du deal de rue à Genève.

Pour le conseiller national genevois, depuis son coup de gueule de l'année dernière, la situation n'a pas évolué sur le front du deal de rue à Genève. Image: Keystone

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En octobre dernier, le conseiller national Benoît Genecand (PLR/GE) s'était lancé sur les traces de Fernand Melgar pour dénoncer le deal de rue à Genève. Ses observations autour de son domicile et la persistance depuis des années de dealers avaient usé sa patience. Comme il avait dénoncé des hommes «noirs», qui font commerce dans les alentours, il s'était pris une volée de bois de vert... Le chef de la sécurité Mauro Poggia avait précisé que les forces de l'ordre avaient la situation sous contrôle. La polémique était passée. Mais la situation n'a guère changé.

«Sur la tête de sa mère»

Ainsi, comme il le raconte sur Facebook, Benoît Genecand est sorti dimanche dernier devant chez lui, rue de la Synagogue, pour lier la conversation en anglais avec un «jeune homme d'Afrique de l'Ouest» et lui demander de ne pas dealer dans sa rue... «Je ne deale pas, a répondu l'autre, j'attends un ami». Le Genevois lui demande alors de «jurer sur la tête de sa mère» qu'il n'est pas un dealer. L'autre lui dit qu'il ne voit pas pourquoi il parlerait de sa mère avec un «total étranger» et Benoît Genecand de lui rétorquer que, s'il y a un étranger ici, ce n'est pas lui!

Cinq mois plus tard...

Le conseiller national est ensuite parti faire son marché, énervé. Il constate avec son ironie mordante que les dealers respectent leur mère, car c'est la troisième fois qu'il tente sans succès d'en faire jurer un... Plus sérieusement, il regrette: «Cinq mois plus tard, la situation n'a pas bougé du tout. Tous les habitants du quartier vous le diront. M. Poggia a dit qu'on s'en occupait, mais rien ne se passe.»

Deux dealers de pincés

En octobre, Martine Brunschwig-Graf, présidente la Commission fédérale contre le racisme, avait tancé son collègue de parti, déplorant le ton «clairement xénophobe» de ses propos. Aujourd'hui, elle lui fait remarquer qu'il s'est lui-même transformé «en auxiliaire de sécurité», puisque depuis son balcon il observe la «scène» de la drogue... «Tu ne crois pas si bien dire, lui répond-il, de diligents inspecteurs des stups se sont invités sur mon balcon pour pouvoir pincer un ou deux dealers!»

«Shérif ?»

Tout le monde n'apprécie pas le zèle de Benoît Genecand à vouloir faire appliquer la loi. Le conseiller municipal socialiste Sylvain Thévoz lui fait remarquer: «Ma rue... Tu es propriétaire de rue toi? Tu fais aussi ça avec les voitures mal parquées et les chauffards qui conduisent avec leur natel, j’espère. Un vrai shérif (un brin obsessionnel) ce Benoît...» En tout cas, la balle du deal de rue semble à nouveau dans le camp de Mauro Poggia, le nouveau magistrat providentiel.

Créé: 27.02.2019, 09h08

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