Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 08:41

Atome Débat sous tension sur la sortie du nucléaire

Le Conseil national va consacrer au moins cinq jours de discussion pour le projet énergétique 2050. La droite s'oppose déjà à la fermeture des anciennes centrales.

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L'abandon du nucléaire devrait être très progressif en Suisse. Le Conseil national va entamer dès jeudi prochain 27 novembre la discussion et lui consacrer bien cinq jours de la session d'hiver. Les échanges entre la droite, qui freine des quatre fers, et la gauche, qui exige des garanties plus poussées, s'annoncent tendus.

L'UDC veut enterrer le projet

Le ton va être donné dès le départ. L'UDC propose d'enterrer purement et simplement la stratégie énergétique 2050, qui met en place les jalons en vue d'une sortie par étapes de l'énergie atomique. Le parti ne devrait pas trouver nombre d'appuis.

Faute d'un refus total, les démocrates du centre vont s'allier aux libéraux-radicaux pour tenter de renvoyer le projet au Conseil fédéral garni de différents mandats dilatoires. Cette stratégie paraît également vouée à l'échec.

Question de dates

Car même si «l'émotion suscitée par l'accident de Fukushima est peut-être retombée, nous n'avons pas le choix», a souligné Doris Leuthard dans une interview récente. La conseillère fédérale est claire: personne ne propose de construire une nouvelle centrale nucléaire et la vie de celles qui sont en activité s'achèvera bien un jour.

Oui mais quand? Cette question constitue le nerf de la guerre. L'idée de débrancher les centrales nucléaires au bout de 45 ans au maximum ne va pas rassembler de majorité. La Chambre du peuple va balayer l'initiative populaire des Verts «Sortir du nucléaire».

Le peuple aura le dernier mot puisque le parti n'entend pas retirer son texte. Le Conseil fédéral ne propose pas de délais précis pour l'abandon du nucléaire, se contentant d'interdire la construction de nouvelles centrales.

Délais extensibles

La Chambre du peuple va probablement fixer un couperet, même s'il risque d'être extensible. Selon la majorité de la commission préparatoire, les propriétaires de centrales devront présenter un concept de poursuite de l'activité à long terme après 40 ans d'exploitation. Si ce document est approuvé, l«exploitation pourra être prolongée de dix ans à plusieurs reprises.

En théorie, la Suisse, qui détient déjà le vétéran des réacteurs au plan mondial avec Beznau I, pourrait donc se retrouver avec une centrale vieille de 60 ans, au prix de gros investissements des exploitants. La gauche conteste des délais trop longs, et prône un maximum de 50 ans, mais elle préfère un agenda imparfait à un vide juridique.

La droite dure ne veut rien savoir et soutient même la poursuite de l'exportation de déchets nucléaires en vue d'un retraitement - une pratique soumise à moratoire et qui devrait être bannie à l'avenir.

Fermer le robinet

Ces questions ne seront abordées qu'en fin de débat. Tout d'abord, le National devra débroussailler les procédures visant à réduire la consommation d'énergie et à soutenir les énergies renouvelables. Là aussi, les avis divergent.

La consommation moyenne finale d«énergie par personne et par an devrait reculer de 16% d«ici 2020 et de 43% d«ici 2035, par rapport à l«an 2000. Mais la droite freine. La majorité veut restreindre les moyens pour parvenir à diminuer la consommation. Exit ainsi les mesures contraignantes de réduction pour les groupes électriques ou les sanctions envisagées en cas de non-respect des buts prévus.

L'idée de recourir davantage aux énergies renouvelables est contestée par l'UDC. Aux yeux des écologistes en revanche, la révision de la loi sur l'énergie freine le développement du courant vert, en fixant des objectifs de production pour 2020 qui seront atteints bien avant la date sans mesure supplémentaire. En 2035, solaire, hydraulique, biomasse et autres éoliennes devraient produite 52 milliards de kWh.

Primes d'injection

Le coup de pouce actuel à l'injection de courant vert dans le réseau devrait être remplacé par un système de primes favorisant les producteurs qui respectent plus les besoins du marché. Le financement serait assuré par une hausse de la ponction sur le prix de l'électricité, qui passerait de 1,5 à 2,3 centimes par kWh, si la droite ne parvient pas à bloquer l'augmentation.

Aujourd'hui, plus de 36'000 projets de centrales à énergie verte, essentiellement solaires, sont en attente d'un financement. Toute hausse des moyens serait donc bienvenue pour accroître la part des énergies renouvelables.

Côté énergie hydraulique, les grandes centrales hydrauliques seraient favorisées au détriment des petites, qui produisent peu, coûtent cher et portent atteinte à la biodiversité des cours d'eau. Les allègements fiscaux pour les investissements qui permettent des économies d'énergie dans les bâtiments ne semblent guère contestés. (ats/nxp)

Créé: 21.11.2014, 09h46

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