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Démission de Benoît XVI Pour la presse suisse, la décision du pape est humaine

Les quotidiens helvétiques saluent la sagesse et la clairvoyance de Benoît XVI qui a choisi de renoncer à sa fonction, peut-être fatigué par les scandales.

Benoit XVI restera pour beaucoup d'éditorialistes suisses un «pape de transition».

Benoit XVI restera pour beaucoup d'éditorialistes suisses un «pape de transition». Image: Keystone

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Surprise, courage, sagesse, clairvoyance et humanité: ces cinq mots résument le plus souvent, dans la presse suisse, la décision du pape Benoît XVI de démissionner. Plusieurs éditorialistes évoquent finalement un «pape de transition», par ailleurs peut-être fatigué par de nombreux scandales.

«Il est le ’serviteur des serviteurs de Dieu’ (...) C’est un service! Et en tant que tel, ont peut y renoncer», écrivent L’Express et L’Impartial. En annonçant lundi sa démission, le pape Benoît XVI «a mis en valeur l’humanité de sa tâche». Pour les deux journaux, cette «autre voie, beaucoup plus humaine, de renoncer à sa charge et de retourner à la prière» est «probablement la plus belle action de son pontificat». «D’abord un homme»

La Liberté partage cet avis: «Et si sa renonciation était la décision la plus forte de son pontificat? Elle marque une rupture avec la tradition. Elle humanise - et laïcise - le titulaire du trône de Pierre: un pape est d’abord un homme, qui n’est pas tenu à l’impossible».

Le Quotidien Jurassien va encore plus loin et parle de geste «historique et prophétique», évoquant au passage le paradoxe d’une démission «progressiste» pour un pape «conservateur». Le journal estime que Benoît XVI en prenant cette «décision sage» fait preuve de «clairvoyance».

Même écho dans Le Temps: «Il y a dans ce geste une grandeur et une lucidité qui forcent le respect (...) où la fragilité humaine est pleinement assumée». L’éditorial souligne que Benoît XVI est «un homme fidèle à lui-même, modeste et sans grands calculs». Un pape «acceptant l’aveu d’impuissance». «Un homme parmi les hommes, avec ses forces mais aussi ses faiblesses», résume Le Matin.

Multiples crises

Comme le «QJ», Le Temps qualifie le cardinal Ratzinger d’un «pape de transition». D’autres médias évoquent évidemment l’aveu du pape, qui dit n’avoir plus «les forces» de diriger l’Eglise, à l’instar du «Courrier» de Genève. Le journal cite les multiples crises de l’Eglise catholique, dont les «plus douloureuses et récentes»: le scandale des prêtres pédophiles et le Vatileaks.

Hé oui, «pape n’est pas un métier facile», rappelle la Tribune de Genève, surtout «par les temps qui courent». Et d’écrire: «A 85 ans, un Benoît XVI fatigué envoie un signal messianique à ses successeurs: combattez jusqu’au bout, mais, au besoin, sachez renoncer! Ici est la surprise du chef». Pour Le Matin, «s’il est entendu, le dernier message de ce pape est porteur d’espoir». «Une chance», «un vent de modernité», observe le quotidien.

Critiques

La plupart des journaux se montrent par ailleurs plutôt critiques sur le pontificat de Joseph Ratzinger. «Pas glorieux», écrit par exemple Le Matin. Avec des «couacs», de la «naïveté» et de la «déception», énumère pêle-mêle Le Temps.

«24 heures» a cette formule comparative: «Ce que Jean-Paul II a gagné pour l’Eglise, avec son bâton de pèlerin courant le monde, Benoît XVI l’a regagné par l’esprit en revenant à la tradition». Plusieurs médias mettent encore en avant la rigueur intellectuelle du pape actuel. «Restera donc l’image de l’interprète fidèle d’une partition figée», synthétise La Liberté.

Réformes à venir?

Dans la presse alémanique, l’opinion générale est aussi que Benoît XVI a pris la bonne décision. La Neue Zürcher Zeitung parle de «frontières humaines» de la fonction et salue une décision «honorable». Passée «l’énorme surprise», le Tages-Anzeiger et le Bund évoquent eux les nombreuses «crises» et «pannes» de son pontificat pour expliquer, peut-être, la démission du pape.

Les deux journaux se demandent toutefois si ce retrait apportera vraiment un vent frais et nouveau sur les réformes à mener dans l’Eglise catholique. Ils se disent plutôt sceptiques, tout comme la Berner Zeitung qui ne pense pas que le successeur de Joseph Ratzinger aura la tâche facile.

Même son de cloche à la Neue Luzerner Zeitung. Le journal lucernois ne pense pas que le «turbo» des réformes «ait été allumé (...) ce serait illusoire». Enfin pour la Basler Zeitung, le constat est sans équivoque: l’Eglise catholique romaine est «une organisation qui ne vit pas vraiment avec son monde». (ats/nxp)

Créé: 12.02.2013, 06h22

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