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Votations du 18 mai «Tous les délinquants sexuels ne sont pas des Marc Dutroux»

Le professeur Philip Jaffé, docteur en psychologie à l'Uni de Genève, évoque le climat qui entoure l'initiative de la Marche blanche sur les pédophiles et les problèmes que pose le texte, auquel il est opposé.

Philip Jaffé a rejoint le camp des opposants à l'initiative sur les pédophiles. Ci-dessous en vidéo il livre son regard sur le débat.

Philip Jaffé a rejoint le camp des opposants à l'initiative sur les pédophiles. Ci-dessous en vidéo il livre son regard sur le débat. Image: Christine Talos

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L'initiative de la Marche blanche soumise au peuple le 18 mai ne protégera pas efficacement les enfants contre les abus sexuels de récidivistes. Un comité interpartis du «non» au texte «pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants», a estimé le 10 avril à Berne que le durcissement à venir du code pénal la rendait superflue.

Pour eux, la révision du code pénal qui entrera en vigueur en janvier est bien plus complète que le texte. Contrairement à l'initiative, elle permettra d'interdire une activité avec des enfants non seulement en cas de délits sexuels, mais aussi pour toutes les autres formes de violence, qu'elles soient physiques ou psychiques. Elle englobera par ailleurs les auteurs d'abus commis dans la sphère privée. Or, l'initiative n'offre pas le début d'une solution pour les agressions commises dans ce cadre, soit la majorité des cas, selon les opposants.

Débats parfois houleux

Ceux-ci ont pris leur courage a deux mains pour s'opposer au texte de La Marche Blanche. Les débats sont en effet parfois houleux avec les partisans de l'initiative, certains opposants ayant essuyé la critique de militer en faveur des pédophiles! En vidéo, le regard du professeur Philip Jaffé, docteur en psychologie à l’Université de Genève et directeur de l’Institut universitaire Kurt Bösch. Il fait lui aussi partie des opposants...

Philip Jaffé rappelle qu’en Suisse, un garçon sur dix et une fille sur cinq sont victimes d’abus avant d’atteindre leurs 16 ans. En outre, 40% des abus sexuels sur mineurs sont commis par des mineurs. Or ceux-ci ne récidivent pas à l'âge adulte dans 90% des cas. Pour lui, l’initiative ne concerne donc qu’une toute petite minorité de gens, tout en punissant à large échelle.

Il faudrait désormais mieux prévenir les abus sexuels sur les enfants, souligne encore Philip Jaffé. Pas forcément que dans les écoles, mais aussi auprès des gens qui risquent de passer à l’acte, que ce soit des jeunes ou des adultes, soit tous ceux qui éprouvent des pensées malsaines ou déplacées à l’égard de mineurs.

(nxp)

Créé: 12.04.2014, 08h41

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