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Insolite Les dernières heures de Jésus en Playmobil

Trois Valaisans sont à l'origine de cette œuvre qui captive petits et grands. À découvrir à l’ancien Musée de l’Évêché de Sion.

En chiffres

750 figurines en plastique composent l’installation. Parmi celles-ci, saurez-vous retrouver le sorcier Gandalf, un bandit armé d’un pistolet, ou Martin Luther?

15 m2: la surface totale de l’œuvre. Il aura fallu près de 40 heures, réparties sur plusieurs semaines, pour la mise en place.

200 m de câbles, habilement dissimulés, illuminent les différentes scènes.

40 palettes CFF ont été nécessaires pour constituer la structure de base.

L’Evangile en Playmobil

Week-end de Pâques. Entre les congés prolongés, les bouchons sur l’autoroute, les courses aux œufs et les abus de chocolat, la fête religieuse fait de la résistance. À Sion, l’ancien Musée de l’Évêché joue une carte pour le moins originale: présenter la Passion du Christ en Playmobil. De la Sainte Cène à la mise au tombeau, plus de 750 figurines animent un diorama géant de 15 mètres carrés. Un tableau tridimensionnel fourmillant de détails, «à la Brueghel», dit humblement son créateur, Christian Roten, en revisitant des scènes parmi les plus emblématiques de l’histoire de l’art occidental.

Prouesse ou gadget? Geste d’ouverture ou banalisation du sacré? Un jésus en Playmobil en fera froncer plus d’un. Faut-il encore s’en étonner? Voilà belle lurette qu’on voit le Christ sous forme de jouet en plastique, de héros de bande dessinée ou de court-métrage sur YouTube. Il est là, le génie du message chrétien. Un message universel, qui vit dans le présent et s’adapte aux formes d’expression contemporaines. Brueghel, fût-il «l’Ancien», a aussi incarné un temps la modernité.

Pour autant, le culte du plastique n’a rien d’obligatoire. On peut aspirer à une expression religieuse plus solennelle, ancré dans l’histoire, dans les chants ou dans la pierre. Il existe des endroits où vivre sa foi comme cela. Sans du tout tomber dans un conservatisme réducteur. Cette diversité n’implique nullement une religion «à la carte», où chacun se sert et fait les aménagements qui l’arrangent. Il est des fondamentaux qui font l’essence du christianisme. Des valeurs qui ne se cachent pas dans telle ou telle représentation de Jésus, mais qui se vivent au quotidien, dans les actes inspirés notamment de sa vie.

Simon Koch, Rédacteur en chef adjoint

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«Regarde là-bas!» «Woaw!» «T’as vu le chevalier?». Répartis autour de l’installation géante, ces écoliers sédunois sont captivés. Sous leurs yeux ébahis se déroule la Passion du Christ, qui relate les dernières heures du Messie lors du Vendredi-Saint.

«C’est intéressant parce que ce n’est pas un truc d’adulte, ça nous correspond et c’est plus animatif (sic)», explique Ambre. À ses côtés, Quentin et Maya font preuve du même enthousiasme. «C’est impressionnant, poursuit leur camarade Cecilia. Je me demande comment il a pu faire tout ça.»

Juge et collectionneur

«Il», c’est Christian Roten. Ce juge de profession est surtout un collectionneur passionné des jouets Playmobil. «Les premiers modèles sont sortis en 1974, se souvient-il. J’avais alors 7 ans. J’ai redécouvert ces figures grâce à mes enfants, il y a une quinzaine d’années. Je suis sûrement le plus accro de la famille, mais ils ont bien sûr aussi le droit de jouer avec.»

Spectacle son et lumière

Au total, plus de 750 figurines ont été nécessaires pour composer cette surprenante structure. «Il m’a fallu une année de réflexion en amont, à raison d’un moment par-ci, par là, poursuit le concepteur. Rien que la mise en place m’a pris une quarantaine d’heures sur plusieurs semaines.»

Pour faire vivre cette fresque en quatre dimensions, Christian Roten s’est entouré de Patrick Zufferey et de Frédéric Revaz. Les deux ingénieurs, respectivement en électronique et en informatique, ont mis sur pied un récit son et lumière. «On a utilisé plus de 200 mètres de câbles», détaille Patrick Zufferey.

Les 40 tableaux s’illuminent progressivement, tandis qu’une vidéo est projetée sur le mur. L’évêque de Sion, Mgr Lovey, et le vicaire épiscopal, Pierre-Yves Maillard, ont prêté leurs voix pour lire les textes de l’Évangile. «C’est une façon de rejoindre les plus jeunes dans un univers qui leur est familier, détaille le vicaire. Le défi de toute communication, c’est aussi d’utiliser un langage commun. Cette œuvre permet de rentrer plus facilement dans cette histoire de la Passion et du mystère de Pâques.»

Gandalf et Martin Luther

L’homme d’Église avait déjà été conquis par une crèche de Noël réalisée par Christian Roten en 2014. «Ces figurines éveillent l’esprit et peuvent susciter la joie et l’amusement, avance Pierre-Yves Maillard. Je ne vois pas la foi comme quelque chose d’austère, bien au contraire.»

Décor majestueux, la ville de Jérusalem au Moyen Âge grouille de saynètes, tantôt réalistes, tantôt cocasses. La multiplication des détails est bluffante. Il faudrait des heures pour parvenir à tout décortiquer. Amateur d’histoire de l’art, Christian Roten cite comme sources d’inspiration les peintres flamands Brueghel et Memling, dont les grands tableaux fourmillent de scènes de vie du quotidien.

Le concepteur s’est aussi amusé à glisser quelques anachronismes dans l’installation. Parmi les centaines de personnages, on trouve ainsi Martin Luther, le Réformateur protestant, des héros du «Seigneur des Anneaux» dont le célèbre sorcier Gandalf le Gris, ou encore un bandit et son pistolet. Depuis son ouverture, cette Passion du Christ hors du commun connaît un succès inespéré. «Nous sommes très heureux de voir autant de monde au musée», acquiesce Frédéric Revaz.

De quoi songer déjà à d’autres projets? «Non, ce sera le dernier parce que cette Passion nous a demandé tellement de temps», répond Christian Roten. Imaginée pour Pâques, l’installation sera visible jusqu’aux vacances d’été. (Le Matin)

Créé: 14.04.2017, 10h25

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