Mercredi 8 avril 2020 | Dernière mise à jour 08:09

Genève Deux des agresseurs de Saint-Jean jugés lundi

Deux jeunes sont suspectés d'avoir pris part à une agression sauvage en 2017 à Genève. Leurs deux victimes souffrent de séquelles irréversibles.

Les prévenus sont accusés d'avoir planifié «une attaque gratuite».

Les prévenus sont accusés d'avoir planifié «une attaque gratuite». Image: Keystone

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Un procès à hautes émotions s'ouvre lundi devant le Tribunal criminel de Genève. Deux hommes de 20 ans doivent répondre d'une tentative d'assassinat. En janvier 2017, ils avaient participé à une agression d'une sauvagerie inouïe dans le quartier de Saint-Jean.

Les deux victimes, des hommes âgés aujourd'hui de 37 et 38 ans, souffrent de séquelles irréversibles. L'une d'elles sera en permanence alitée et a perdu définitivement sa capacité de discernement. L'autre subit des crises d'épilepsie violentes et devra sûrement vivre dans un milieu médicalisé pour le restant de ses jours.

Les deux prévenus ont commis leur agression en compagnie de trois complices. Ces derniers, trop jeunes au moment des faits pour comparaître devant le Tribunal criminel, seront jugés par la justice des mineurs. Selon l'acte d'accusation, la bande a agi de façon «barbare et atroce», s'acharnant sur ses victimes.

Un jeu

Les prévenus sont accusés d'avoir planifié «une attaque gratuite». Il s'agissait de se défouler sur la première personne rencontrée «par pur amusement». Avant de partir en chasse, la bande des cinq s'était réparti les rôles en cette nuit de janvier. L'un était armé d'une batte de baseball, un autre tenait à la main un casque de moto.

Les deux victimes étaient assises à une table située sur les voies couvertes de Saint-Jean et discutaient. Un des membres de la bande s'est alors approché d'elles et leur a demandé une cigarette. Après avoir obtenu ce qu'il voulait, il donne un coup de poing au visage d'un des hommes, «sans aucune raison» apparente, selon l'accusation.

Ce qui s'ensuit alors est un déchaînement brutal. Une des victimes s'écroule rapidement sous l'attaque. Ses agresseurs lui assènent des coups de pied de type «penalty» à la tête. La scène dure plusieurs minutes. Son ami parvient à s'échapper, mais il est poursuivi par trois de ses agresseurs qui le rattrape et lui font subir le même sort.

Une nuit glaciale

Les assaillants n'ont pris la fuite que lorsqu'ils ont entendu les sirènes de la police. Un des malheureux ne sera retrouvé que trois heures après les faits. Il avait été laissé pour mort au-dessus des voies couvertes de Saint-Jean, dans ce lieu peu fréquenté la nuit, alors que la température était tombée à moins dix degrés.

Selon l'acte d'accusation, cette agression a la particularité d'être «purement gratuite». Des hypothèses avaient bien été avancées au début de l'affaire pour tenter d'expliquer l'inexplicable. Mais la piste homophobe et la piste conduisant à un règlement de comptes lié au trafic de drogue ont été abandonnées par les enquêteurs.

Avant l'attaque de Saint-Jean, la bande avait déjà commis cinq agressions les mois précédents, «avec une montée en puissance de la violence» d'un délit à l'autre, selon l'acte d'accusation. «C'est le film Orange mécanique», a résumé Simon Ntah, l'avocat d'une des victimes. La défense n'a pas voulu s'exprimer. (ats/nxp)

Créé: 03.03.2019, 11h00

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