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Cime Deux jours avant le scandale, l’avion était déjà sur le Mont-Blanc

Le biplace genevois au cœur de la polémique s’était également posé sur le toit de l’Europe dimanche dernier.

L'avion genevois, photographié mardi sur le Mont-Blanc.

L'avion genevois, photographié mardi sur le Mont-Blanc. Image: Facebook/Laurent Leemans

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Où exactement sur le Mont-Blanc s’est posé l’avion genevois au cœur du scandale? Dans une zone illégale, quelque part entre le mur de la Côte et les Rochers Rouges supérieurs, à quelque 4500 mètres d’altitude, comme l’ont affirmé les autorités françaises? Ou en toute légalité «dans la région dite du Dôme du Goûter», comme le prétend L’Aéroclub de Genève?

Le site de référence Flightradar24, «populaire et fiable», nous glisse un expert de l'aéronautique, permet de reconstituer les parcours du biplace genevois de ces derniers jours. Que nous apprend-il? Une grosse surprise, d’abord: on peut voir le trajet du piper de mardi dernier, le 18 juin, jour où la polémique a éclaté. Mais on découvre aussi que le même avion s’était déjà posé sur le Mont-Blanc deux jours auparavant, le dimanche 16 juin…

Mutisme de l'aéroclub

Qu’y faisait-il? Sollicité par «Le Matin», l'Aéroclub de Genève ne souhaite pas s’exprimer et renvoie toujours à son communiqué de mercredi. «En l’état, une enquête est en cours et l’Aéroclub de Genève n’entend pas faire de déclaration supplémentaire avant que le rapport émanant des autorités ne soit rendu public», nous indique-t-il.

La présence du piper suisse sur le Mont-Blanc dimanche ne dit en l’état rien de la légalité ou pas de cette escapade. Mais elle ne va certainement pas amuser les autorités françaises, extrêmement remontées contre «les deux abrutis» qui se sont posés mardi sur le toit de l’Europe, pour reprendre les termes du maire de Saint-Gervais Jean-Marc Peillex lâchés durant le 19:30.

Règles sur les altisurfaces

Pour le reste, Flightradar24 permet de se faire une idée du vol qui a outré les autorités de Chamonix et Saint-Gervais. On peut voir que l’avion a tournoyé plusieurs minutes autour du Mont-Blanc, comme un témoin l’avait d’ailleurs indiqué. Puis il se pose sur le Mont-Blanc vers 7 h 40. Altitude indiquée: 4350 mètres.

Que dit la loi? Le Service de l’Information Aéronautique français établit et diffuse les publications aéronautiques françaises, nommées AIP. L’une d’elles concerne les altisurfaces ou altiports, ces zones en montagne où des avions peuvent se poser sous certaines conditions. Celle du «Glacier du dôme du Goûter» est à 2 km au nord-ouest du sommet du Mont-Blanc, est-il précisé. Ainsi que ses coordonnées géographiques. Voici où est l’altisurface. Et où l’avion suisse s’est posé selon Flightradar.

Infographie Yannick Michel

Le biplace semble donc être «en dehors des clous». Mais pas de beaucoup: à un kilomètre environ de l'altisurface. Mais la précision de la géolocalisation de Flightradar ne semble pas assez bonne pour être formel. En outre, une altisurface n’est pas un point mais bien une zone d’atterrissage. Qui est assez grande en l’occurrence, «200 sur 500 m» indiquent les références officielles.

Pas pour les loisirs

La localisation de l’avion fera partie des enquêtes suisses et françaises. Mais elle ne représente pas le cœur de la polémique. L’important sera de déterminer ce que faisaient les deux personnes venues de Genève sur le Mont-Blanc. De la formation ou de l’entraînement «à la pratique des atterrissages en montagne, qui est à l’origine du sauvetage aéroporté», comme l’a affirmé l’aéroclub de Genève? Ou était-ce une «dépose» en vue d’une escalade facilitée du sommet, comme l’estiment les autorités françaises?

Les règles sur les altisurfaces sont en tout cas claires. Elles ne sont pas utilisables pour des loisirs ou des activités commerciales.

Créé: 21.06.2019, 13h36

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