Lundi 18 novembre 2019 | Dernière mise à jour 10:56

Scandale CarPostal Doris Leuthard maintient sa confiance en La Poste

La conseillère fédérale a eu des mots très durs envers la filiale de La Poste. Mais elle maintient sa confiance dans le conseil d'administration.

Doris Leuthard s'est amusée de l'éventualité de sa démission prochaine.

Doris Leuthard s'est amusée de l'éventualité de sa démission prochaine. Image: Keystone

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La Poste a vécu une véritable journée de crise lundi. Elle hérite d'un directeur général par interim et sa filiale CarPostal, coupable de malversations comptables, a été littéralement décapitée. Doris Leuthard a eu des mots très durs envers le transporteur.

«Inexcusables», c'est ainsi que la conseillère fédérale a qualifié les agissements au sein de CarPostal devant la presse. Et d'ajouter qu'ils nuisent à CarPostal, à La Poste mais entament aussi la confiance dans le service public en général.

Peu avant elle, le président du conseil d'administration du géant jaune Urs Schwaller avait également dressé un bilan désastreux des activités de l'entreprise de cars. «Je suis abasourdi par l'énergie que CarPostal a déployée pour manipuler sa comptabilité», a-t-il déclaré lors de la présentation des résultats de la vaste enquête interne commandée par La Poste.

Le Fribourgeois, ainsi que les autres membres du conseil d'administration devront assumer les conséquences de cette affaire. Le Conseil fédéral, en tant que propriétaire, a décidé de ne pas leur accorder une décharge pour les événements liés à CarPostal pour l'exercice 2017.

Direction de CarPostal licenciée

La Poste a d'ailleurs pris les mesures qui s'imposaient tant au niveau opérationnel qu'au niveau du personnel. Le rapport de confiance étant rompu, c'est l'ensemble de la direction de CarPostal qui est remerciée. La responsable de la Révision interne quitte elle aussi l'entreprise après le départ de la directrice générale Susanne Ruoff. Cette dernière est remplacée ad interim par son suppléant Ulrich Hurni.

«Le conseil d'administration assume lui aussi sa part de responsabilité», a reconnu Urs Schwaller. «A l'avenir nous devrons être plus attentifs et critiques». Lui-même a vu passer une brève information relative aux problèmes de comptabilité peu après son entrée en fonction en 2016, mais n'a pas fait le lien avec le scandale dévoilé aujourd'hui. «Je n'étais pas assez critique à l'époque». Le Fribourgeois s'est dit favorable à un système plus efficace pour les lanceurs d'alerte.

Le Conseil fédéral pas en cause

Interrogée sur la responsabilité du Conseil fédéral dans cette affaire, la ministre des transports a exclu toute faute. Dans les différents rapports publiés, aucun reproche n'est fait à la Confédération en tant que propriétaire. «Le Conseil fédéral est le dernier maillon de la chaîne», a ajouté Mme Leuthard.

Elle rejette également les critiques envers l'Office fédéral des transports (OFT). Plusieurs instances de révisions se sont penchées sur les factures et n'ont rien vu, argumente-t-elle. Et d'ajouter que «l'OFT doit aussi faire confiance que l'on respecte les lois et que toutes ces instances font leur travail». Elle a toutefois annoncé avoir commandé «un audit des contrôles effectués par l'OFT sous l'angle du droit des subventions».

«Erreur collective humaine»

Questionné sur la personne à l'origine de ce système, Urs Schwaller a répondu qu'il n'en savait rien. «Il y a une kyrielle de responsabilités» qui se dirigeront peut-être vers la fixation de directives en matière d'objectifs de bénéfices, a-t-il dit.

Selon le rapport des trois experts indépendants mandatés par La Poste, le scandale de CarPostal est à mettre sur le compte d'une «erreur collective humaine». Au vu de la longue pratique du transporteur, personne apparemment ne s'est posé sérieusement la question de la légalité de la comptabilité de l'entreprise.

Les investigations montrent cependant que les pratiques comptables étaient connues d'un large cercle de personnes: la direction, la surveillance et les organes de contrôle ont eu connaissance ou du moins des indices des irrégularités, selon le rapport. On ne peut pas mettre l'ignorance des cadres impliqués sur le compte d'une organisation insuffisante.

Plus de 90 millions

Selon le rapport, les sommes perçues indûment dans le domaine du transport subventionné se montent au total à 90,9 millions de francs pour les années 2007 à 2015, soit entre 0,2 et 5,3 millions de francs par an. Ces bénéfices illégaux résultent de milliers d'écritures comptables non justifiées. La Poste a en outre constitué une réserve de 30 millions pour les années 2016 et 2017.

Cette dernière s'est fixée pour objectif de rembourser rapidement les sommes indûment perçues. Les montants seront versés aux cantons et à la Confédération d'ici à l'automne. L'affaire a été révélée au public en février dernier dans le cadre d'une révision effectuée par l'Office fédéral des transports. (ats/nxp)

Créé: 11.06.2018, 15h08

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