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Suisse Ce que Doris Leuthard va toucher avec Bell et Coop

L'ex-conseillère fédérale va entrer aux conseils d'administration des deux entreprises et sera donc rémunérée. Son choix suscite bien des commentaires.

L'arrivée de Doris Leuthard chez Coop pose problème à beaucoup de monde.

L'arrivée de Doris Leuthard chez Coop pose problème à beaucoup de monde. Image: Keystone

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En images, la carrière de Doris Leuthard

En images, la carrière de Doris Leuthard L'Argovienne a annoncé sa démission du Conseil fédéral pour la fin de l'année. Élue fin 2006,elle a été deux fois présidente de la Confédération.

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L'ex-conseillère fédérale Doris Leuthard devrait faire son entrée chez Bell et Coop, où elle a été désignée pour siéger aux conseils d'administration des deux sociétés, a-t-on appris mardi. Le groupe bâlois a évoqué une «personnalité expérimentée et bien connectée au niveau national et international», sans évoquer ce qu'elle allait toucher comme salaire. C'est la ««Handelszeitung» »qui s'en est chargée. Elle a dévoilé que les deux mandats allaient rapporter à l'Argovienne quelque 100'000 francs chacun, soit 200'000 francs.

Ce total permettra donc à Doris Leuthard de continuer de percevoir sa rente d'ancienne conseillère fédérale fixée à 226'000 francs. En effet, selon un règlement de la Confédération, les magistrats bénéficient d’une retraite complète équivalant à la moitié du traitement d’un magistrat en fonction qui est de 451’417 francs au 1er janvier 2019. Mais si un ancien ministre poursuit une activité lucrative, sa retraite est réduite de manière à ce que son nouveau salaire et sa rente cumulés ne dépassent pas la rémunération d'un conseiller fédéral en fonction.

La presse critique

Au-delà de son salaire, le choix de ces conseils d'administration interpelle la presse. Ainsi le ««Tages-Anzeiger»» évoque mercredi de possibles conflits d'intérêt. «Coop est tributaire d'une infrastructure opérationnelle, que ce soit dans le domaine des transports ou de l'énergie. Et les normes environnementales sont cruciales pour les grands distributeurs», écrit-il.

Or Doris Leuthard connaît personnellement les dossiers et les acteurs et possède un vaste réseau dans les cantons que ce soit en termes d'entreprises et de politiciens, poursuit-il. En outre, elle dispose d'un excellent réseau international et peut attirer l'attention des grands distributeurs sur les développements et les normes dans le domaine de l'environnement ou du libre-échange.

Conflit d'intérêt

Au-delà des avantages que pourrait apporter l'ancienne conseillère fédérale à Coop, le «Tages-Anzeiger» évoque surtout un conflit d'intérêt avec Hansueli Loosli, le patron du groupe et également président du conseil d'administration de Swisscom. A ce titre, sa ministre de tutelle était donc Doris Leuthard. Et le patron de Coop était aussi le plus proche allié de l'Argovienne, souligne le journal. Un conflit d'intérêt qu'a également relevé la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) qui a même tweeté à ce sujet.

Mais pour le sénateur Robert Cramer (Verts/GE), «s’il y a conflit d’intérêts, c’est pour Hansueli Loosli lui-même», indique-t-il dans «Le Temps» mercredi. Doris Leuthard chez Coop ne le dérange pas. «Il s’agit d’une coopérative, qui ressemble plus à Pro Senectute qu’à une société à but clairement lucratif avec des rémunérations élevées. Elle va plutôt rendre service en apportant ses compétences», estime-t-il.

Destin peu glorieux

Benoît Genecand dans ««La Liberté»» prend lui aussi la défense de Doris Leuthard. «Lui demander à 55 ans de rester inactive, ce serait du gâchis. Et il y a tellement peu de femmes dans les conseils d’administration que ça me paraît plutôt être une bonne nouvelle.»

«La Liberté» souligne quand même dans un commentaire que ce soupçon de copinage est gênant et se demande si Doris Leuthard aurait perdu son fameux nez politique. Le journal regrette surtout ce choix, tant la ministre à la retraite pouvait «espérer un destin plus glorieux que d’aller user ses tailleurs dans un fauteuil d’administrateur pour un job tout ce qu’il y a de plus alimentaire.»

Les Suisses critiques également

Et qu'en pensent les Suisses? Les journaux alémaniques du groupe Tamedia ont interrogé leurs lecteurs. Mardi en fin de journée, la moitié d'entre eux estimaient inacceptable le fait qu'un ancien conseiller fédéral se lance dans les affaires, relève notamment la «Basler Zeitung». Près de 19% estimaient délicat ce rapprochement entre commerce de détail et politique. Seuls 32,5% des sondés jugeaient que l'arrivée de l'ancienne ministre chez Coop était une bonne chose.

Créé: 27.02.2019, 10h31

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