Mercredi 23 octobre 2019 | Dernière mise à jour 12:23

Tourisme Les échos suisses de la faillite de Thomas Cook

Un patron bernois, une opération de rapatriement nommée Matterhorn: la débâcle du voyagiste a d'étranges liens avec notre pays.

Le dernier avion Thomas Cook s'est posé ce matin à l'aéroport de Manchester. Il avait décollé dimanche soir d'Orlando, en Floride, avant que la compagnie n'annonce sa faillite.

Le dernier avion Thomas Cook s'est posé ce matin à l'aéroport de Manchester. Il avait décollé dimanche soir d'Orlando, en Floride, avant que la compagnie n'annonce sa faillite. Image: AFP

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En 2014, il était pressenti pour reprendre la direction du voyagiste suisse Kuoni, pour lequel il avait travaillé. Mais Peter Fankhauser avait préféré se montrer fidèle à la compagnie britannique Thomas Cook dont il était employé depuis 13 ans: il avait alors accepté de succéder à Harriet Green à la direction générale du groupe. Une annonce qui avait créé la surprise, écrivait «Bilan» à l'époque. Car Harriet Green n'occupait ce poste que depuis 2 ans, elle qui avait été nommée afin de redresser Thomas Cook qui, déjà, avait été proche de la faillite. Son départ inattendu, elle l'avait expliqué en disant qu'elle avait rempli sa mission, mais cette annonce avait tout de même inquiété les investisseurs.

Il a touché 10 millions de francs

Quatre ans plus tard, c'est donc Peter Fankhauser, 59 ans, qui a été obligé d'annoncer la faillite du groupe: «C'est un profond regret pour le conseil d'administration et moi-même de ne pas avoir réussi. Je tiens à m'excuser auprès de nos millions de clients, nos milliers d'employés, fournisseurs et partenaires», a-t-il écrit dans un communiqué, déplorant un «jour profondément triste pour une entreprise pionnière du voyage organisé». Reste que la presse britannique rappelle aujourd'hui que si le voyagiste sombre, ses dirigeants ont touché près de 25 millions de francs ces cinq dernières années. Et que le seul Peter Fankhauser a reçu depuis son entrée en fonction en 2014 10 millions de francs, dont une prime de 3,5 millions reçue en 2015.

Peter Fankhauser, né en 1960, a grandi à Trub et a obtenu un doctorat à l'Université de Saint-Gall. Photo: Thomas Cook Group

Si ces chiffres peuvent paraître choquants, surtout énoncés au moment d'une faillite et avec des centaines de milliers de touristes coincés, le «Telegraph» ajoute que, selon les connaisseurs de la branche, le natif de Trub (BE) aurait au contraire plutôt fait du bon boulot dans des circonstances très difficiles, ayant même réussi à ramener la compagnie dans les chiffres noirs entre 2015 et 2018. Peter Fankhauser pourra-t-il se remettre de ce qui constitue un gros échec sur son CV?

Opération Matterhorn

L'opération de sauvetage lancée ce lundi par les autorités britanniques ne le concerne évidemment pas: elle est destinée à venir en aide et rapatrier les 600 000 vacanciers laissés en rade par la soudaine faillite de Thomas Cook. Mais pourquoi baptiser cette opération «Matterhorn», du nom allemand du Cervin? Certains ont avancé que c'était en rapport avec une campagne de bombardements américains sur des cibles japonaises entre 1944 et 1945, appelée «opération Matterhorn». Si c'est cela, il est tout de même étrange de nommer le plus grand rapatriement de civils de l'histoire du Royaume-Uni en mémoire d'une campagne militaire particulièrement violente. On pourrait plutôt y voir une allusion à la nationalité du patron de Thomas Cook.

Mais selon Nicolas Bideau, directeur de Présence suisse, qui s'occupe de gérer l'image de notre pays à l'étranger, cette référence au Matterhorn aurait une tout autre signification. «Le Cervin est, je pense, plutôt utilisé ici comme une métaphore en référence à cette montagne réputée très difficile mais que les Britanniques ont été les premiers à conquérir. En nommant ainsi cette opération de rapatriement délicate, ils expriment leur détermination à la mener à bien.»

Y a-t-il des Suisses coincés?

Des Suisses, figurent-ils parmi les 600 000 touristes impactés par la faillite de Thomas Cook? Le département fédéral des affaires étrangères l'ignore, même s'il a reçu quelques demandes d'information sur sa Helpline: «Il s’agit d’une entreprise privée britannique à laquelle les voyageurs ont choisi de faire appel. Le DFAE n’est pas informé et ne peut donc pas donner de renseignements sur l’origine ou les destinations des voyageurs. Le DFAE n’organise pas de rapatriement dans un tel cas.» Que devraient donc faire des Suisses en difficulté? «Les personnes concernées s’adressent en premier lieu à leur agence de voyage, et à leur assurance de voyage», précise le département, qui conseille d'ailleurs de toujours contracter une assurance de voyage. Mieux vaut en avoir une dans ce cas, puisque l'agence, ici, ne répond plus.

Michel Pralong

Créé: 23.09.2019, 15h09

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