Mardi 24 septembre 2019 | Dernière mise à jour 10:15

Europe Des élections qui suscitent une inquiétude certaine en Suisse

L'un estime qu'il en va de la survie de l'UE, l'autre redoute que le désintérêt fasse le jeu de l'«Europe des râleurs». Manuel Tornare, Olivier Français et Didier Berberat évoquent les élections européennes.

Que ce soit pour Manuel Tornare (PS/GE) ou pour Olivier Français (PLR/VD), la pression des nationalistes dans tous les pays va marquer ces élections européennes.

Que ce soit pour Manuel Tornare (PS/GE) ou pour Olivier Français (PLR/VD), la pression des nationalistes dans tous les pays va marquer ces élections européennes. Image: Keystone

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Membre de la Commission de politique extérieure du Conseil national, Manuel Tornare (PS/GE), est plutôt pessimiste par rapport aux élections européennes de dimanche prochain: «Je suis effrayé par la monté des populismes et des extrêmes, l'extrême droite en particulier, même si l'extrême gauche n'est pas brillante non plus. C'est la survie de l'Europe qui est en jeu ce dimanche, c'est un tournant.»

Jusqu'à 15 %

Son collègue du Conseil des Etats, Olivier Français (PLR/VD) est à peine plus mesuré: «Le populisme existe aujourd'hui dans le monde occidental, mais aussi dans le monde oriental, c'est une constante un peu partout. Chez nous, il prend plus de place qu'avant et répond aux attentes déçues des gens. Sur ce point, c'est vrai que je redoute ces élections, j'ai des inquiétudes. Le populisme est là, c'est l'«Europe des râleurs» qui peut aller de 5 jusqu'à 15 % des suffrages».

Ingérences russes

Un autre phénomène est palpable ces dernières semaines, ce sont les tentatives de déstabilisation: «Ce qui me préoccupe, ajoute Manuel Tornare, ce sont les menées souterraines des Etats-Unis et de la Russie surtout pour diviser l'Union européenne. En tant que membre de la délégation du Parlement au Conseil de l'Europe, je constate cette situation. Beaucoup de d'argent ou d'aides logistiques viennent de la Russie ou de certains pays de l'Est par l'intermédiaire des mouvements nationalistes.»

Diviser pour affaiblir

Sur ce point Olivier Français se montre moins surpris: «Il fut un temps où le Parti communiste français était financé par l'URSS... On a été tranquille pendant 20 ans. Maintenant la Russie interfère par un autre canal. Les Américains ne sont pas en reste non plus. Les grandes puissances ont tout intérêt à ce que l'Union européenne soit faible, c'est un fait récurrent.»

Bouc émissaire

Le résultat est sans doute que l'Union européenne est accablée de tous les maux: «Il y a certes des critiques à faire, admet le Genevois, à sa bureaucratie, à sa lourdeur ou à son manque d'ambition, mais aujourd'hui elle est devenue le bouc émissaire de tout ce qui ne va pas dans chaque pays. Ce qu'on peut regretter aussi c'est qu'il n'y ait pas une voix forte pour répondre à ces critiques continuelles. Il faut améliorer l'Europe, mais ce ne sont pas les populistes qui vont le faire!»

Désintérêt

Olivier Français constate aussi un manque d'intérêt ou de passion politique dans les pays concernés: «Quand je regarde ce qui se passe en France et en Italie, j'ai surtout l'impression qu'il y aura d'abord une forte abstention. Il y a manifestement un désintérêt pour l'institution européenne, doublé d'une méconnaissance du travail du député européen dans la population, contrairement à chez nous où les gens réagissent dans les cantons à la moindre décision prise à Berne...»

Intérêt pour la Suisse

Enfin, le conseiller aux Etats Didier Berberat (PS/NE), membre de la délégation du Parlement suisse auprès du Parlement européen, espère lui que ces élections verront une majorité encore claire pour les partis pro-européens: «On sent qu'il y aura une forte poussée des partis nationalistes, mais encore faut-il qu'ils arrivent à fonctionner ensemble. Ce qui les rapproche, c'est la méfiance, voire la haine envers l'UE, qu'ils veulent faire exploser, mais au-delà ils ne sont pas très homogènes. Pour nous, la Suisse, nous avons tout intérêt à avoir une Union européenne forte et cohérente comme interlocuteur, que l'on puisse travailler avec dans de bonnes conditions.»

Créé: 23.05.2019, 06h43

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