Dimanche 24 mars 2019 | Dernière mise à jour 12:23

Partenariat Quand les élèves écrivent leur propre livre

Avec Roman d’école, soutenu notamment par la Loterie Romande, des écrivains jouent les coaches dans des classes terminales. Histoire de permettre à des ados d’écrire collectivement leur fiction.

Une classe de terminale lors de la lecture de son roman en public à Peseux(NE), l'an passé.

Une classe de terminale lors de la lecture de son roman en public à Peseux(NE), l'an passé. Image: Guillaume Perret

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Deux classes de 11e à Genève, deux à Lausanne vivent actuellement un entraînement particulier sous la houlette d’auteurs expérimentés. Chacune de ces classes a pour mission de produire un récit qui sera lu publiquement au printemps. Ces ateliers portent un nom: Roman d’école. Ils existent dans tout le pays et dans chaque langue nationale.

En Suisse romande, huit à dix Roman d’école sont réalisés chaque année. Les élèves n’ont que huit fois une heure et demie pour produire un texte cohérent dont ils ont choisi la trame et les héros. «Ce processus permet à des ados, qui ont parfois des difficultés en français, de s’exprimer de manière plus authentique, souligne l’écrivain neuchâtelois Thomas Sandoz*qui dirige l’Antenne romande. On ne juge pas l’orthographe ou la grammaire, c’est l’émergence des idées qui est privilégiée. Notre rôle consiste à exercer des outils d’expression utiles.»

Pour ces élèves, l’opération peut aussi leur redonner le goût de la lecture. «Les classiques de la littérature les passionnent rarement, constate l’écrivain, mais quand ils ont accès aux récits de leurs camarades qui parlent le même langage qu’eux, qui ont des valeurs proches, la réaction est vraiment différente.» Ce qui n’est pas un hasard, puisque les thèmes des romans sont choisis par les élèves eux-mêmes: sexe, amour, horreur ou suspense, aucun sujet n’est tabou.

Des aventures souvent palpitantes

Une fois le texte achevé, il est imprimé sous forme de brochure à une centaine d’exemplaires. Le récit, publié sous le nom de tous les élèves et de leurs coaches, est parfois surprenant. «Dans les yeux d’Alice», imaginé l’an passé par une classe du Collège Billeter de Marin(NE), plonge par exemple le lecteur dans une aventure où cohabitent un incendie dramatique, une boîte mystérieuse cachée dans un grenier, une apparition de fantômes et bien d’autres péripéties décrites souvent avec humour et qui prouvent que le courage n’attend pas le nombre des années. «Lors de la lecture en public, des personnalités se révèlent en portant leurs mots», ajoute Thomas Sandoz.

De nombreux partenaires institutionnels et privés soutiennent Roman d’école, une société à but non lucratif. «La Loterie Romande, avec une aide importante, prend en charge notre relation avec le public. C’est elle qui nous permet, entre autres, de réaliser et de publier nos brochures.» *«La balade des perdus» (Grasset 2018) (Le Matin)

Créé: 22.02.2019, 07h16

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