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Vaud L'éleveur ne recevra pas ses 24 moutons volés... mais 26!

Entre le rapt et la restitution prochaine d'un troupeau à Vevey, deux agneaux sont nés chez le marchand floué par les voleurs.

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Ce sont bien 24 moutons porteurs de cloches qui ont été volés à Vevey la nuit de la St-Valentin. Ils étaient encore 24 lorsqu'un marchand a acheté le lot samedi matin. Mais après la livraison du troupeau du côté de Payerne, 26 moutons seront restitués demain à l'éleveur vaudois Christophe Gavin (45 ans): «Il y aura 13 brebis et 11 + 2 agneaux: deux petits sont nés chez moi», explique le marchand qui a alerté la police.

Comme un bonheur ne revient jamais seul, la brebis «Coeur d'Amour» sera dans l'une des deux bétaillères qui ramèneront le troupeau à l'étable. Le marchand qui n'a pas pris les vendeurs pour des voleurs avait déjà revendu cette brebis au pelage dégarni par une pneumonie traitée récemment, mais il l'a récupérée. «C'est la préférée de ma fille», rappelle l'éleveur Christophe Gavin.

Pour téter

Pour Christophe Gavin, mécanicien automobile passionné par l'élevage de moutons depuis l'âge de neuf ans, ce qui prime, c'est le retour de ses bêtes: «Dans le véhicule qui les a emportés, les agneaux qui venaient à peine de naître ont dû chercher leur mère pour téter», dit-il.

Les 13 brebis et les 13 agneaux qui seront transportés à Vevey demain iront paître au lieu-dit Gilamont avec les 16 moutons épargnés parce qu'à la St-Valentin, ils broutaient dans une prairie, visible depuis l'autoroute.

Le marchand qui a racheté le troupeau refuse de dévoiler le prix payé pour le lot de race «Blanc des Alpes» et «Tête noire». Un prix que les professionnels estiment «dérisoire» dans ces circonstances. «Celui qui me les a proposés samedi matin savait que j'en cherchais», dit simplement le marchand.

Barrettes changées

La première information rapportée au matin.ch n'était pas la bonne: si les 13 brebis et les 11 agneaux volés portaient bel et bien une barrette d'identification à une oreille samedi matin, d'un coup de couteau ou de tenaille, elles avaient toutes été changées pour des neuves, avec des suites de numéros qui ont paru suspectes.

Le côté professionnel du vol ne fait pas un pli pour l'éleveur qui vit à Saint-Triphon: «Non seulement des repérages ont été effectués, mais les voleurs se sont procurés des barettes délivrées uniquement par la fédération», constate-t-il.

Pas inconnu

Les voleurs, justement, ne devraient pas être trop difficiles à identifier: «J'ai transmis à la gendarmerie deux numéros de téléphone portable», indique le marchand de Faoug.

Le comble, c'est que l'homme qui s'est présenté chez lui samedi matin avec son complice ne lui est pas inconnu: «Il m'a déjà vendu des moutons, je ne me suis douté de rien», dit-il en le gratifiant de noms d'oiseau.

« Je porterai plainte, même si j'ai peu de chance de récupérer mon argent», annonce ce marchand, lui-même victime de vols à deux reprises: 15 moutons lui ont été dérobés en 2007, puis 100 l'année suivante. Le voleur de 2008 a été identifié et condamné. Les noms d'oiseaux redoublent dans le vocabulaire du marchand.

Vincent Donzé

Créé: 19.02.2020, 06h57

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