Lundi 22 avril 2019 | Dernière mise à jour 00:46

Zurich Des enfants bloqués depuis des semaines à l'aéroport

Quatre familles kurdes se retrouvent coincées à Kloten (ZH) depuis une cinquantaine de jours. Une politicienne est scandalisée. La Confédération, elle, se défend.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les témoignages recueillis par Watson.ch sont à peine croyables. Un scénario digne du film «Terminal» dans lequel Tom Hanks se retrouve bloqué à l'aéroport de New York pendant 9 longs mois parce qu'une guerre civile a éclaté dans son pays.

Or les récits relayés par le site alémanique n'ont rien à voir avec un film hollywoodien, mais reflètent le triste quotidien de vingt Kurdes, actuellement coincés en zone de transit à l'aéroport de Zurich. Certains s'y trouvent depuis sept longues semaines. Les quatre familles, provenant de Syrie, de Turquie et d'Irak, sont arrivées en Suisse via l'Afrique du Sud avant de demander l'asile dans notre pays.

Pour certaines de ces demandes, le Secrétariat d'État aux migrations (SEM) et le Tribunal administratif fédéral ont décidé de ne pas entrer en matière. Les personnes concernées doivent donc retourner en Afrique du Sud. La date du départ, elle, n'est pas encore connue. La loi autorise le SEM a retenir les réfugiés durant 60 jours au maximum dans la zone de transit.

«Ils pleurent souvent»

Mustafa Mamay, un journaliste kurde venant de Turquie, fait partie de ces personnes coincées à Kloten (ZH). Selon lui, le quotidien y est très pesant, tant au niveau du manque de place, du bruit et de l'ennui. «Tous les hommes dorment dans une pièce et toutes les femmes et les enfants dorment dans une autre pièce. Les chambres n'ont pas de fenêtres», explique-t-il au site d'information alémanique. Il explique que tous craignent d'être renvoyés en Afrique du Sud, puis en Turquie où ils risquent l'emprisonnement et la torture.

Selon Watson.ch, huit enfants figurent parmi les réfugiés kurdes. Mustafa Mamay confirme que la situation est particulièrement difficile pour eux. Nombre d'entre eux dormiraient mal et ne mangeraient plus. «Ils pleurent souvent et veulent aller jouer dehors.»

«C'est douteux!»

Pour la conseillère nationale Sibel Arslan (Verts/BS), cette situation est inacceptable. «Que des familles soient retenues si longtemps alors qu'elles n'ont rien fait et qu'elles ont juste fait usage de leur droit humanitaire est douteux! Ça peut être traumatisant, surtout pour les enfants.» Renvoyer les familles en Afrique du Sud revient à bafouer la convention relative au statut des réfugiés, critique la Bâloise, qui estime que l'Afrique du Sud ne peut pas être considérée comme un état tiers sûr. «Nous ne savons pas si depuis là les réfugiés sont renvoyés en Turquie, où ils seront très probablement emprisonnés.»

Contacté, le SEM assure que chaque demande est traitée individuellement dans le cadre des lois nationales et internationales. «Le SEM vérifie si un état tiers est éventuellement responsable et s'assure que la sécurité et l'intégrité des migrants soient garanties», informe le porte-parole Lukas Rieder. Dans tous les cas, dit-il, les personnes ne sont pas renvoyées dans un pays qui n'est pas considéré comme sûr.

Pris en charge médicale et psychologique

Lukas Rieder défend par ailleurs les conditions de vie dans l'espace de transit: «A l'aéroport de Zurich, les requérants d'asile ont la possibilité de sortir à l'air libre et ils peuvent se déplacer librement dans la zone. Ils peuvent prendre le métro pour se rendre au dock E où il y a des kiosques, des magasins, des restaurants et une grande terrasse extérieure.»

Pour finir, le porte-parole rappelle que les migrants ont accès, en cas de besoin, à une prise en charge médicale et psychologique. (Le Matin)

Créé: 25.10.2018, 16h23

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.