Vendredi 6 décembre 2019 | Dernière mise à jour 23:40

Suisse Les enjeux des élections fédérales à Fribourg

On se dirige peut-être vers un statu quo au National où six élus sur sept se représentent. Aux États, le duo sortant est grand favori.

Qui succédera au PDC Dominique de Buman, seul élu à quitter ses fonctions cet automne?

Qui succédera au PDC Dominique de Buman, seul élu à quitter ses fonctions cet automne? Image: Keystone

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Les élections fédérales du 20 octobre pourraient conduire à un statu quo pour le Conseil national à Fribourg, où six des sept élus sortants se représentent. La succession du PDC Dominique de Buman et une possible percée des Verts donnent toutefois lieu à du suspense.

Ils sont 154 candidats, soit 23 de plus qu'en 2015, et même 54 par rapport à 2011, dont 40% de femmes, à vouloir briguer l'un des sièges à la Chambre basse du parlement revenant au canton de Fribourg. Ce nombre record, à l'instar du niveau national, se répartit sur 25 listes. L'âge moyen des candidats atteint 39 ans.

Rime en locomotive

Sorti premier parti il y a quatre ans, l'UDC aura à cœur de maintenir ses positions. Il compte sur la locomotive Jean-François Rime en premier lieu, le président de l'Union suisse des arts et métiers (USAM) cherchant à décrocher un cinquième mandat à Berne. Le Gruérien apparaît indéboulonnable.

Le deuxième siège, pris au PS en 2015, est détenu par Pierre-André Page, aussi candidat au Conseil des États. L'agriculteur glânois semble en mesure de le conserver, grâce à sa solide implantation en terre fribourgeoise. La posture de l'UDC, peu active sur les questions climatiques, pourrait toutefois lui faire perdre des plumes.

Vague verte

Un aspect qui pourrait profiter aux Verts, qui estiment leur heure venue de décrocher un siège. Profitant de la bonne image de la députée Sylvie Bonvin-Sansonnens, pas candidate mais qui vise le Conseil d'Etat en 2021, ils veulent s'inscrire dans la dynamique nationale de la grève pour le climat, même s'il leur manque une figure de proue.

Le PDC, dont la base s'érode au fil des ans, sera le théâtre d'une lutte intéressante pour la transmission du siège de Dominique de Buman, l'ancien syndic de Fribourg et président du Conseil national en 2018, qui ne se représente plus après 16 ans sous la Coupole. Le tout sur fond d'équilibre linguistique.

Trio singinois

Si le siège de la sortante singinoise Christine Bulliard-Marbach paraît assuré, le maintien du second donne lieu à un certain suspense. L'ancien président du Grand Conseil, Bruno Boschung, autre Singinois, est bien placé pour emporter la mise dans un district germanophone votant traditionnellement en bloc pour les siens.

Un ticket Bulliard-Marbach/Boschung, complété par la réélection probable de Beat Vonlanthen aux États, déboucherait sur une présence uniquement singinoise à Berne au sein du PDC fribourgeois. De quoi ébranler les équilibres internes. La question est de savoir qui du côté de la majorité francophone peut s'y opposer, le nom de la Bulloise Marie-France Roth Pasquier ressortant le plus souvent.

Ambition socialiste

Les socialistes voudront récupérer le siège perdu il y a quatre ans. Ils présentent les sortantes Valérie Piller Carrard, qui ambitionne un troisième mandat à Berne, et Ursula Schneider Schüttel. Si la première devrait parvenir à ses fins, le renouvellement du siège de la Moratoise est moins certain.

Le député au Grand Conseil et président de l'Asloca Fribourg Pierre Mauron se profile. Il pourrait prendre la place d'Ursula Schneider Schüttel, qui n'avait pas réussi en 2015 à confirmer la succession en cours de mandat de Christian Levrat, parti aux États, ou occuper un troisième siège socialiste au National, si le PS est en verve.

Du côté libéral-radical, Jacques Bourgeois, à Berne depuis 2007, devrait être reconduit. Le directeur de l'Union suisse des paysans (USP) reste une locomotive. En revanche, le PLR aura de la peine à aller chercher un deuxième fauteuil, même si cela constitue un objectif de campagne, dans la foulée de sa bonne tenue sur le plan national.

Rôle des alliances

Les apparentements auront leur rôle à jouer dans la cuisine électorale. La gauche comptera sur l'alliance entre le PS, les Verts, le Centre Gauche-PCS et Objectif 2030 pour reconquérir un troisième siège, sans oublier de nombreuses listes socialistes, des jeunes aux seniors, avec l'ancien conseiller d'État Erwin Jutzet (68 ans).

L'UDC est apparentée à ses jeunes et à l'Union démocratique fédérale (UDF). Le PDC dispose d'une vaste alliance comprenant les Vert-libéraux, le Parti bourgeois-démocratique (PBD-Centre droit), le Parti évangélique ainsi que quatre listes de jeunes PDC. Enfin, le PLR est moins doté en la matière, avec uniquement sa liste de jeunes.

Le duo sortant grand favori pour le Conseil des États

La bataille pour le Conseil des États lors des élections fédérales du 20 octobre à Fribourg ne devrait pas donner lieu à beaucoup de suspense. Le duo sortant, formé du socialiste Christian Levrat et du démocrate-chrétien Beat Vonlanthen, paraît indéboulonnable.

Christian Levrat est la figure de proue du Parti socialiste fribourgeois. Personnage emblématique, président du parti sur le plan national depuis plus de onze ans, il ne devrait pas rencontrer de difficultés à conserver un siège qu'il avait repris en 2012 à son collègue de parti Alain Berset, élu alors au Conseil fédéral.

À côté de Christian Levrat, qui a siégé au Conseil national entre 2003 et 2012, un autre poids lourd semble assuré de rempiler pour un deuxième mandat, le PDC Beat Vonlanthen. L'ancien conseiller d'État, de 2004 à 2016, devrait profiter de son expérience et de son statut de Singinois lui assurant le vote discipliné des germanophones du canton.

Des challengers

Solidement installé, le duo n'en sera pas moins contesté. Il y a d'abord l'UDC Pierre-André Page, conseiller national sortant et candidat à sa succession à la Chambre du peuple, qui viendra se mêler à la lutte. L'agriculteur de Châtonnaye, dans la Glâne, défendra les couleurs d'un parti arrivé en tête sur le plan cantonal en 2015.

Les libéraux-radicaux affichent également des ambitions. Ils ont choisi la députée au Grand Conseil et conseillère communale de Bulle Johanna Gapany, 31 ans, pour tenter de venir titiller les sortants. Ce ne sera certainement pas le tour de la PLR cette fois, mais sa candidature annonce peut-être un rôle en vue ces prochaines années.

Dix candidats

Les Verts se montrent tout aussi ambitieux. Ils lancent dans la bataille Gerhard Andrey, un entrepreneur, menuisier et informaticien, peu connu du grand public, car dépourvu de mandat électif, mais qui occupe la vice-présidence du parti suisse. M. Andrey est aussi candidat au Conseil national.

Au total, dix candidats se disputeront la bataille pour le Conseil des États. Il y a le président cantonal du Parti bourgeois-démocratique (PBD) Anthony Jaria, le Vert-libéral Ralph Alexander Schmid, Claudio Rugo du Parti des artistes ainsi que Démocratie directe, spiritualités et nature, avec Flavio Guido et Ruedi Raemy. (ats/nxp)

Créé: 23.09.2019, 09h26

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