Mercredi 27 mai 2020 | Dernière mise à jour 01:51

Éditorial Épidémie: la Suisse ne peut s'arrêter de faire des lois!

Polémique à Berne: faut-il continuer ou non la session dans ces conditions? Oui, répondent les élus qui ont balayé la proposition de Thomas Aeschi.

Ce matin à Berne, le conseiller fédéral Alain Berset est venu partager son point de vue avec les délégations des Chambres du Parlement. Devant les médias, no comment pour le chef du Département de l'intérieur.

Ce matin à Berne, le conseiller fédéral Alain Berset est venu partager son point de vue avec les délégations des Chambres du Parlement. Devant les médias, no comment pour le chef du Département de l'intérieur.

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En Suisse, on peut s’arrêter de jouer au football, au hockey, on peut renoncer à voir des concerts ou au théâtre, renoncer au loto du village, au train les heures de pointes, aux musées ou à la semaine de l'absynthe, on peut renoncer un peu près à tout, mais pas à faire des lois! C’est le message du Parlement en cette troisième semaine d’épidémie de coronavirus sur fond d’augmentation galopante des cas dans tout le pays.

Tessin: de un à 60 en une semaine

Lundi dernier, le conseiller national tessinois Fabio Regazzi (PDC/TI) se réjouissait de ne compter qu’un seul cas dans son canton: «Nous avons une forte constitution» plaisantait-il. Une semaine plus tard, il y a soixante cas au Tessin et cela ne va pas s’arrêter là. Au Parlement, qui réunit 246 parlementaires et environ autant d’autres personnes, soit un total de 500 personnes, on estime qu’il faut continuer à siéger coûte que coûte. «Un arrêt serait une désertion», déclare le chef du groupe socialiste Roger Nordmann (PS/VD). En face, l'UDC réclame l'interruption. Le combat devient hélas une guerre de tranchées.

Quel est le bon signal?

Le président des Etats, Hans Stöckli (PS/BE), a déclaré dans la presse dominicale qu’il n’était pas question que les institutions donnent un «mauvais signal». Mais quel est le bon signal? S’arrêter pour suivre les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique ou continuer à se réunir en grand nombre pour montrer qu'on ne cède pas à la panique? Ce sont deux façons donner de l'exemple.

Pas «d'immunité parlementaire»

Pour l’instant, aucun élu n’est touché à Berne, mais en France cinq parlementaires (sur 577 à l'Assemblée nationale) ont été touchés et isolés, alors que la semaine dernière, certains élus français plaisantaient aussi sur «l’immunité parlementaire » dont ils bénéficiaient. Tout peut aller très vite dès aujourd’hui.

Angoisse métaphysique

On sent au Parlement une sorte d’angoisse métaphysique à se dire qu’il faudrait repousser une session. Comme si stopper la mécanique parlementaire signifierait quasi l’anarchie dans ce pays. Il n’en est rien. Le Parlement pourrait très bien s’arrêter un moment de faire des lois. La rente-pont, le mariage pour tous, la protection des données, l’initiative sur le matériel de guerre ou les accords de libre-échange peuvent attendre un peu, cela ne changera pas le quotidien des gens.

Décision responsable

Par contre, la menace d'une surcharge des hôpitaux mériterait une décision plus responsable et immédiate des parlementaires, fut-elle aussi symbolique qu'efficace. Surtout, ils montreraient une certaine cohérence avec les mesures de précaution et de distance recommandées par les autorités fédérales. Mais une grande majorité des parlementaires a décidé de poursuivre (155 à 13 contre la motion d'ordre Aeschi). Peut-être qu'on en reparlera la semaine prochaine...

Eric Felley

Créé: 09.03.2020, 14h32

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