Samedi 17 novembre 2018 | Dernière mise à jour 03:16

Suisse/Libye «Les exécutions sont ce qui m'a le plus marqué»

L'ingénieur suisse Max Göldi a été retenu pendant deux ans en otage par le dictateur Mouammar Kadhafi. Il vient de publier son journal intime.

Dans son livre, Max Göldi critique également le Conseil fédéral, les autorités genevoises et le Département fédéral des affaires étrangères.

Dans son livre, Max Göldi critique également le Conseil fédéral, les autorités genevoises et le Département fédéral des affaires étrangères. Image: Keystone

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Max Göldi a été retenu en otage en Libye pendant deux longues années par Mouammar Kadhafi. Lui ainsi que Rachid Hamdani, un homme d'affaires helvético-tunisien, ont été retenus en 2008 à Tripoli à la suite de l'arrestation de l'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, à Genève. Une plainte pour maltraitance avait été déposée au préalable par deux de ses domestiques.

Le sexagénaire vient de publier son journal intime, qui fait 608 pages. Intitulé «La vengeance de Kadhafi. Journal intime d'un otage», l'ouvrage relate le calvaire subi par les deux hommes durant leurs 695 jours de captivité.

«Pas quelqu'un d'émotionnel»

Interrogé par «20 Minuten», Max Göldi explique: «Les Libyens ne m'ont jamais empêché de tenir un journal intime. Ça ne les a pas intéressés, parce qu'ils n'ont pas de culture littéraire.» Le Suisse, qui vit désormais en Asie, ne semble pas brisé après tout ce qu'il a enduré. Au contraire, relate le journal alémanique: il parle calmement, de manière réfléchie, et semble s'être distancié du temps passé en détention provisoire, puis à l'ambassade de Suisse, de son enlèvement et des 53 jours passés seul dans une geôle libyenne.

«Je ne suis pas quelqu'un d'émotionnel. En revanche, je suis très équilibré. Des aptitudes parfaites pour tenir bon lorsqu'on est pris en otage», raconte-t-il. Les scènes qui l'ont le plus marqué sont les dizaines d'exécutions auxquelles il a dû assister lors de sa détention.

«L'arrestation d'Hannibal Kadhafi était exagérée»

Dans son livre, Max Göldi critique par ailleurs le Conseil fédéral, les autorités genevoises tout comme le Département fédéral des affaires étrangères. Selon lui, menotter Hannibal Kadhafi lors de son arrestation dans un hôtel de Genève était exagéré. «On aurait dû d'abord le convoquer, comme on l'aurait probablement fait pour un Suisse.» L'ingénieur de 63 ans affirme également que certains diplomates suisses à Tripoli ne sont pas parvenus à gérer correctement les crises et les situations stressantes. Il fait notamment allusion à l'ambassadeur suisse en Libye qui «n'a cessé de partir en vacances parce qu'il ne supportait plus de passer du temps au consulat».

Göldi loue en revanche les agissements de Hans-Rudolf Merz, alors président de la Confédération. Il s'était excusé en août 2009 auprès de Kadhafi pour l'arrestation de son fils. «Un dictateur comme Kadhafi ne parle qu'avec des présidents. Je suis sûr que ce geste a marqué le début de la résolution de l'affaire.»

Göldi et Hamdani avaient finalement été libérés huit mois avant le début du Printemps arabe en février 2011. Mouammar Kadhafi a été par la suite destitué par le peuple et exécuté. Malgré tout, Max Göldi n'éprouve aucune satisfaction: «Personne ne mérite une fin pareille.» (Le Matin)

Créé: 31.10.2018, 13h07

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