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Extrême Le «wingsuit», un sport à hauts risques

Le «wingsuit», une discipline qui a coûté la vie au faux James Bond des JO de Londres 2012, est un sport extrême entre deltaplane et chute libre dont certains fans en manque d'adrénaline prennent parfois des risques démesurés.

Le «wingsuit» est un sport extrême entre deltaplane et chute libre.

Le «wingsuit» est un sport extrême entre deltaplane et chute libre. Image: Keystone

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«Le wingsuit c'est une activité très technique, plus proche du pilotage que de la chute libre, où on suit des +lignes+ à quelques mètres du sol», explique à l'AFP Jérôme Rochelle, coach sportif de 48 ans, environ 80 sauts à son CV, sous le label de Jeronimo.

La communauté du wingsuit étant un petit monde, Jeronimo avait d'ailleurs croisé Mark Sutton, ce Britannique de 42 ans décédé mercredi lors d'un saut dans les Alpes Suisses, un an à peine après être passé sur tous les écrans du monde comme le parachutiste déguisé en James Bond sautant sur le stade olympique en compagnie de la reine Elizabeth II. «C'était il y a trois quatre ans, sur le spot du Lauterbrunnen, en Suisse».

Spécialiste reconnu dans cette discipline du wingsuit, Mark Sutton mettait notamment à profit sa passion pour filmer, comme cameraman volant. Dans ce cadre, il avait notamment filmé son complice Gary Connery, la Elizabeth II des JO, lors d'une première, un vol intégral en wingsuit, sans parachute.

Amateurs d'adrénaline

Pour se poser au sol sans danger, le wingsuit ne suffit en effet pas, et ses adeptes déclenchent toujours un parachute, pour freiner leur chute et atterrir en douceur.

Mais c'est la phase du vol, qui peut durer jusqu'à 2 minutes, qui est le moment recherché par ces amateurs d'adrénaline. 120 secondes durant lesquelles la vitesse peut atteindre 200 km/heure. Objectif: suivre une +ligne+, parfois à quelques mètres du relief, le long de falaises ou dans des gorges de montagnes.

«Souvent, on refait plusieurs fois la même ligne, pour l'apprivoiser», explique Jeronimo. «Le risque, c'est quand on suit une ligne improvisée, avec moins de repérages, et donc un manque d'informations sur le relief».

Pour son saut mercredi, Mark Sutton et son partenaire de vol avaient décollé depuis un hélicoptère, à 3300 mètres d'altitude. Mais la plupart du temps les adeptes du wingsuit -ils sont près d'une centaine de réguliers en France, au sein de l'association de paralpinisme, affiliée à la Fédération française des clubs alpins de montagne- sautent depuis des falaises ou des parois à pic, dans les massifs de montagne.

L'erreur peut être fatale

Une fois dans le vide, le but pour le sauteur est alors de +planer+ le plus longtemps possible, bras et jambes écartées, grâce à sa combinaison et ses +caissons+ gonflés d'air. Les meilleurs spécialistes pourront alors atteindre des vols d'une +finesse+ de 3, c'est-à-dire des vols qui les mèneront à 3 km de leur point de départ pour un dénivelé d'un km.

«Dans sa tête, il faut savoir gérer ce genre d'émotion, il ne faut pas se laisser griser», explique Jérôme Rochelle: «Mais la tendance maintenant est à suivre des +lignes+ très engagées, très près du sol, plus risquées. La moindre erreur, la moindre brise de vallée peut te déstabiliser».

Mais surtout, la moindre erreur est fatale. Avec quelque 20 morts par an dans le monde, la discipline du wingsuit est celle affichant le plus fort taux de mortalité parmi l'activité des sauts de falaise.

La ville française de Chamonix avait d'ailleurs interdit ce sport l'été 2012, à la suite de deux accidents, avant de l'autoriser à nouveau cette année, avec diverses restrictions horaires, pour éviter notamment les accidents avec les parapentistes. (afp/nxp)

Créé: 15.08.2013, 18h05

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