Mardi 7 avril 2020 | Dernière mise à jour 15:17

Cruauté «Il faut arrêter ce massacre!»

Ils s’appellent «Scout», «Marcello», «Cara», «Gigel» ou encore «Homer». Ils sont arrivés à l’aéroport de Genève hier en début d’après-midi en provenance de Bucarest. Et ils ont surtout eu la chance de se trouver sur la route de Lolita Morena.

Image: Lionel Flusin

L'EDITO

Il n’y a pas de petits combats

Sauver des chiens errants: à peine ces mots prononcés, et déjà les sourcils se froncent, les reproches fusent: «Pourquoi des chiens? Pourquoi ne pas aider les enfants?» Comme si les grandes causes nous interdisaient d’en soutenir d’autres.

Lolita Morena ramène 24 chiens de Roumanie, avec l’aide d’amis. A leurs frais. Pourtant, ces critiques, elle a dû les entendre plus d’une fois. On l’aura peut-être même traitée de Brigitte Bardot, de mamie à toutous, d’insensible à la misère humaine. Heureusement qu’elle n’y a pas prêté attention: le gouvernement roumain vient d’autoriser l’euthanasie des 40 000 chiens errants du pays. Lolita Morena s’est donc alliée au combat mené par les associations locales de défense des animaux.

Un chien ne vaut pas un enfant, personne ne dira le contraire. Mais respecter l’un empêche-t-il de défendre l’autre? Non. «On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités», disait même Gandhi.

Que l’on approuve ou pas le sauvetage de chiens roumains, il soulève au moins une question: que pouvons-nous faire, à notre échelle, pour défendre les plus faibles? Quelques canidés sortis de l’enfer des refuges, dans le pays le plus pauvre de l’Union européenne, voilà qui en fera ricaner certains. Mais rien n’interdit à ceux qui se moquent de se battre pour une cause qu’ils jugent plus noble. De la misère à soulager, il y en a assez pour que tout le monde ait sa part. Ils n’auront alors plus une minute pour rire.

Trinidad Barleycorn

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L’ex-Miss Suisse a en effet organisé leur venue en Suisse, avec 19 autres de leurs camarades poilus. «Un refuge de Galati, à 250 kilomètres au nord-est de Bucarest, m’a demandé de l’aide. Il y a une réelle urgence sur place depuis septembre dernier. L’Etat roumain commet le plus grand génocide de chiens jamais organisé. Il faut arrêter ce massacre. C’est indigne de notre société!» s’emporte l’animatrice, qui précise que des chiens sont capturés dans l’enceinte même des refuges. «Les gens reçoivent de l’argent en échange d’une bête tuée, donc ils ne se gênent pas», explique-t-elle.

Toutou cherche famille d’accueil

Accompagnée d’une autre amoureuse des animaux, Anne Moulin, Lolita Morena a donc ouvert la voie en transportant trois premières caisses par avion. Les rescapés qui les occupaient sont restés particulièrement calmes, malgré les complications administratives suscitées par leur entrée sur le territoire helvétique. Au total, ce sont 24 boules de poils qui passeront la douane ces prochains jours. Ils seront répartis dans différents refuges dans toute la Suisse jusqu’à ce qu’ils trouvent un vrai foyer. D’ailleurs, le temps des formalités à l’aéroport, «Gigel», petite chienne d’un an, a déjà fait craquer une employée de Swissport. «Je sais que ce n’est pas raisonnable. Mais je viens de perdre mon animal et elle lui ressemble tellement! Je vais essayer de négocier avec mon mari», dit Catherine.

Oscar Appiani, président du refuge de Cottendart, à Colombier (NE), va en accueillir cinq. «Nous allons les garder en observation pendant 10 jours et prendre soin d’eux pour qu’ils s’habituent à leur nouvel environnement et qu’ils se remettent de leurs émotions.» Après seulement, ils seront proposés à l’adoption. Mais les acteurs de ce sauvetage se montrent confiants: «Nous avons beaucoup de demandes pour des chiens de ce genre, de petite et moyenne tailles», affirme Marina Tami, fondatrice de l’association Oasis des vétérans, en Gruyère, qui prendra sous son aile 6 chiens.

Lolita Morena a conscience que cette opération est une goutte d’eau dans l’océan – le refuge roumain abritait près de 700 chiens. Mais l’élan de solidarité qu’elle a produit en Suisse, notamment via les réseaux sociaux, a mis du baume au cœur à l’animatrice. «Si les refuges partenaires sont d’accord, je repars demain», lance-t-elle.

Et au fait, comment a-t-elle sélectionné les heureux élus? «Ils étaient tous beaux. C’était horrible, je n’ai pas pu! C’est la directrice du refuge qui a fait ces choix.»

Créé: 14.11.2013, 14h22

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