Vendredi 5 juin 2020 | Dernière mise à jour 23:11

Election au Conseil fédéral Comment faut-il lancer sa candidature?

Annonce dans les médias ou conférence de presse? Les candidats à la succession Burkhalter sortent du bois de manière différente. Qui a le plus de chances? Décryptage.

La photo officielle du Conseil fédéral en 2017.

La photo officielle du Conseil fédéral en 2017. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La course à la succession de Didier Burkhalter s'est accélérée ces derniers jours. En effet, ce week-end, la conseillère d'Etat PLR vaudoise Jacqueline de Quattro a annoncé à l'ats qu'elle entrait en lice. Peu après, son collègue vaudois, le conseiller aux Etats Olivier Français, a déclaré lui au «19:30» de la RTS qu'il serait «très honoré» si son parti le sollicitait. Deux candidatures annoncées donc dans les médias, pour contrer celle d'Ignazio Cassis, lancée en conférence de presse le 11 juillet par le PLR tessinois.

Deux méthodes pour sortir du bois. Mais quelle est la meilleure manière de procéder? La NZZ s'est penchée ce mardi sur la façon dont les conseillers fédéraux se sont lancés ces huit dernières années. Verdict: ce sont plutôt ceux qui font les choses officiellement avec leur parti qui sortent le plus souvent vainqueurs.

Les candidatures officielles marchent mieux

Le journal alémanique reste toutefois prudent. Les élections au Conseil fédéral ne sont pas une science exacte, rappelle-t-il en tirant néanmoins des parallèles intéressants. Ainsi en 2015, Guy Parmelin se présentait lors d'une conférence de presse, de même qu'Alain Berset en 2011. Johann Schneider-Ammann (2010), Simonetta Sommaruga (2010), Didier Burkhalter (2009) et Doris Leuthard (2006) ont tous été présentés officiellement eux aussi.

Peut-être est-ce ce qui a motivé le PLR tessinois a intronisé Ignazio Cassis devant les médias cette année? Pour rappel, le Latin s'était déjà lancé en 2010, mais via la presse alémanique à l'époque, dans la course à la succession de Hans-Rudolf Merz. Sans succès, puisque c'est Johann Schneider-Ammann qui avait été élu.

Exceptions

Pourtant, plusieurs conseillers fédéraux sont passés par des voies détournées pour accéder à leur fonction. Ainsi Ueli Maurer n'a jamais déclaré ses ambitions, avant que l'UDC ne place son nom sur le ticket à la succession de Samuel Schmid en 2008.

Et tout le monde se rappelle l'arrivée d'Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral. La Grisonne, quasiment inconnue à Berne, avait été la candidate secrète contre Christoph Blocher. Elle avait été présentée le jour même de l'élection à l'Assemblée fédérale. Avec le succès que l'on connaît.

Nombre d'observateurs estiment aussi qu'annoncer sa candidature trop tôt est souvent dangereux. Celui qui se dévoile le premier, partirait la plupart du temps perdant. De mauvais augure donc pour Ignazio Cassis. Pourtant, rappelle la NZZ, Guy Parmelin, Simonetta Sommaruga, Didier Burkhalter et Doris Leuthard ont déclaré leur intérêt relativement tôt eux aussi.

Partir favori n'est pas une tare

Parfois, partir avec la casquette de favori est dangereux. La sénatrice st-galloise PLR Karin Keller-Sutter en a fait la cruelle expérience en 2009, lors de la succession Merz. Donnée largement gagnante, elle avait été évincée au final par Johann Schneider-Ammann.

Mais être favori n'est pas forcément une tare non plus. En effet, Alain Berset, Johann Schneider-Ammann, Simonetta Sommaruga et Didier Burkhalter partaient eux aussi avec de l'avance sur leurs rivaux. Et ils ont finalement été élus facilement. Quant à être l'unique nom sur un ticket de parti, ce n'est pas forcément rédhibitoire non plus. Doris Leuthard avait été la seule candidate du PDC en 2006.

Enfin, attendre ou hésiter avant de se déclarer peut également être préjudiciable. Le PLR Fulvio Pelli en a fait expérience en 2009 lors de la succession de Pascal Couchepin, rappelle la NZZ. Ses déclarations énigmatiques sur ses intentions à l'époque avaient semé la confusion et le Tessinois, qui aurait pourtant eu de bonnes chances, n'a jamais figuré sur le ticket final. C'est Didier Burkhalter qui avait alors été élu.

Créé: 25.07.2017, 10h48

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.