Samedi 6 juin 2020 | Dernière mise à jour 22:22

Confinement Faut-il se préparer à un baby-boom pour Noël?

La peur aiguillonne les pulsions sexuelles et la natalité pourrait s'en ressentir dans neuf mois. Mais le mode de transmission du coronavirus peut être un tue-l'amour, selon les sexologues.

Avec les mesures de confinement en vigueur pour plusieurs semaines, les couples vont se retrouver ensemble bien plus souvent. Cela boostera-t-il la natalité au début 2021?

Avec les mesures de confinement en vigueur pour plusieurs semaines, les couples vont se retrouver ensemble bien plus souvent. Cela boostera-t-il la natalité au début 2021? Image: istock

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Quel sera l'impact sur le couple de cette épidémie et des mesures strictes de confinement qui vont s'étaler sur cinq semaines au moins? Verra-t-on, comme certains ironisent sur les réseaux sociaux, un baby-boom dans neuf mois et une pluie de bébés sous le sapin de Noël? Ou alors, l'anxiété coupera les ailes de la libido chez plus d'un ou plus d'une?

Célibataires, oubliez...

La question retient toute l'attention de Patrizia Anex, sexologue indépendante à Orbe, qui voit, elle aussi, son quotidien bousculé par la situation: «J'ai eu un certain nombre d’annulations de rendez-vous, notamment... des célibataires. C'est vrai que pour les gens qui cherchent un partenaire en ce moment, ce n'est pas facile, cela devra attendre...»

«C'est très inconscient»

Pour les personnes en couple, celles qui nous intéressent, la situation peut être par contre piquante: «On observe depuis toujours, note-t-elle, que lorsque les gens ont peur, la sexualité est plus vivante. On l’a observé dans les pays justement touchés par des épidémies, la sexualité rapproche les gens, pour se sentir vivant, c’est très inconscient comme réaction.»

Plus d'échappatoire...

Son confrère sexologue et psychologue lausannois Yves Dufour voit plusieurs cas de figure: «Pour les couples qui ont des relations déjà tendues, ce sera plus compliqué, car il n’y aura plus d’échappatoire par le travail ou les loisirs. Cette situation risque de rompre l’équilibre fragile de la relation. Par contre, les couples qui s’entendent bien devraient passer du bon temps. Sociologiquement, dans les situations de stress ou les guerres, l’instinct de survie se manifeste et les gens procréent davantage. C’est une forme irrationnelle de réponse à la peur.»

«Cela peut être explosif au début»

«A mon avis, réfléchit à haute voix Patrizia Anex, au début cela peut être explosif dans un couple. Sans doute, qu’il y aura plusieurs phases. Durant la première, on se sent seul, on ressent de la colère et de l’injustice. Ensuite on s’adapte. Petit à petit, on va peut-être reparler de choses dont on ne parlait plus. C’est comme dans une thérapie de couple, on part avec de la violence, mais à la fin, les gens parviennent à se dire des choses plus vraies et authentiques, on peut revenir à l’amour. On le leur souhaite en tout cas!»

Le désir dictera sa loi

Si l'instinct de survie favorise davantage de relations sexuelles, ce même instinct se méfie aussi de la salive de l'autre, vecteur du virus et probable tue-l'amour, du moins au début. «Le mode de transmission est un premier frein, reconnaît Yves Dufour. Mais au niveau de la famille, les membres n’observent pas les mêmes règles de distance qu'au-dehors. Et, si l'un est contaminé dans un couple, l'autre risque fort de l’être aussi.» A partir de là, le désir dictera sa loi... «On peut imaginer des couples faire l’amour, sans s’embrasser», relève sa collègue.

Un ennemi commun

Finalement, nul ne peut prédire si la natalité sera à la hausse, à la baisse ou similaire lors de cet épisode inédit dans l'histoire. «Ce virus peut fonctionner aussi comme un ennemi commun, note la sociologue, qui rendra le couple davantage soudé». Le temps des grossesses estivales – et de la vie retrouvée – apportera toutes les réponses à ces inconnues démographiques.

Eric Felley

Créé: 17.03.2020, 06h50

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