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IVG Des femmes doivent encore se rendre à l'étranger pour avorter

La Suisse enregistre chaque année près de 500 avortements tardifs, après la douzième semaine de grossesse. Dans certains cas, les femmes n'ont d'autres choix que de se tourner vers l'étranger.

Environ 5% des interruptions volontaires de grossesse en Suisse se font après 12 semaines.

Environ 5% des interruptions volontaires de grossesse en Suisse se font après 12 semaines. Image: Keystone

Les motifs des IVG répertoriés par l'OFS entre 2007 et 2012

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La loi suisse sur l'avortement est très claire depuis le 1er octobre 2002: une femme peut choisir d'interrompre une grossesse non désirée durant les douze premières semaines. Au-delà, elle nécessite un avis médical qui démontrera qu'une interruption est nécessaire pour écarter le danger d'une atteinte grave à l'intégrité physique ou un état de détresse profonde de la femme enceinte.

Ce cas de figure concerne chaque année en Suisse entre 400 et 500 femmes, soit 5% des 10'000 à 11'000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) enregistrées chaque années en Suisse. Un chiffre qui reste stable depuis quelques année en Suisse, peut-on lire dans les documents de l'Office fédéral de la Statistique.

Impossible de se spécialiser

En Suisse, ce sont principalement les hôpitaux publics qui pratiquent une telle intervention. Contactés par Le Matin, des centres comme les HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) et le CHUV (Centre hospitalier universitaire vaudois) se refusent à donner le moindre détail compte tenu de la votation du 9 février, «ne voulant pas interférer dans le débat public.»

Ce genre d'opération est moins fréquent dans les cliniques privées puisqu'elle nécessite des spécialistes hautement qualifiés. Elles savent en revanche très bien gérer les cas de moins de douze semaines. «La Suisse est mal équipée pour les avortements tardifs», estime dans le Tages Anzeiger André Seidenberg dont le cabinet zurichois est spécialisé depuis 30 ans dans les avortements.

Outre les réticences des milieux médicaux à pratiquer une telle intervention, leur faible nombre empêche une spécialisation des cliniques ou de cabinets, contrairement à certains pays étrangers.

Du coup, plus la grossesse est avancée et moins sont grandes les chances de trouver un centre spécialisé capable de prendre en charge une IVG tardive. «Pour cette raison, des douzaines de femmes partent chaque année à l'étranger pour y avorter», explique le praticien.

Des cas lourds

Avortement-Informations, l'ex-Union suisse pour décriminaliser l'avortement (USPDA), évalue leur nombre entre 60 et 100 personnes chaque année. Ce sont souvent des cas qui se sont vus refuser une autorisation médicale, par exemple des cas de malformation des fœtus qui sont détectés très tard, explique-t-on à la permanence de l'association. Sans compter celles qui se sont aperçues trop tard de leur grossesse.

Les femmes se rendent alors dans des cliniques spécialisées en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas où ce genre d’intervention chirurgicale est pratiqué, jusqu’à parfois 22 semaines de grossesse. Ce sont des cas lourds et personne n'aime faire ça, ni la patiente, ni le corps médical, y fait écho la gynécologue Regina Widmer.

Comme l'explique Avortement-Informations, les interruptions après la 14ème semaine sont rares en Suisse où les médecins provoquent le plus souvent une fausse couche en donnant des médicaments. Et après la 24e semaine de grossesse, on ne fait pratiquement plus d'IVG dans le pays.

(nxp)

Créé: 30.01.2014, 12h03

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