Samedi 20 janvier 2018 | Dernière mise à jour 21:43

Suisse Un fichier des personnes dangereuses à l'étude

La création de registres permettrait aux polices cantonales d'agir même si un individu détecté comme dangereux n'habite pas sur leur territoire.

Les forces de l'ordre jugent positivement la création d'un registre des personnes dangereuses.

Les forces de l'ordre jugent positivement la création d'un registre des personnes dangereuses. Image: Keystone

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Schaffhouse: un forcené  à la tronçonneuse sème la panique

Schaffhouse: un forcené à la tronçonneuse sème la panique Un individu a blessé 5 personnes, dont deux gravement, lundi matin.

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La Confédération pousse les cantons à disposer d'un outil de gestion des menaces et de le mettre à disposition. André Duvillard, délégué du Réseau national de Sécurité, travaille avec les autorités fédérales, cantonales et communales à un plan d'action national, comme le révèle le Tages-Anzeiger dans son édition du 2 août 2017.

Plusieurs cantons, essentiellement alémaniques, ont déjà créé un tel outil tandis que les cantons romands sont à la traîne, à une exception près: Neuchâtel. Sa propagation est facilitée outre-Sarine par le fait qu'il a été préparé en allemand.

Désamorcer les situations dangereuses

La gestion des menaces permet de repérer des personnes potentiellement dangereuses en raison de leur radicalisation. Plusieurs offices, qui traitent des personnes en situation délicate, travaillent déjà avec des spécialistes. Ils ont pour but de détecter les situations potentiellement dangereuses et de les désamorcer.

Si certaines informations existent au niveau cantonal, elles deviennent inopérantes dès que les individus détectés commettent un acte de violence hors du canton. Raison pour laquelle certains estiment que ces banques de données doivent être reliées avec le registre des armes à feu pour être plus efficaces.

Une base légale dans chaque canton

Les problèmes pour de telles réalisations sont multiples, puisqu'il faut d'abord récolter des données de personnes qui n'ont encore commis aucun crime. Il s'agit donc de créer une base légale pour chaque canton. Ensuite ces lois devront être harmonisées pour permettre l'échange d'informations.

Ces difficultés ne découragent pas André Duvillard. «Le fichier des armes montre que c'est possible». Et si ce système avait existé dans le cas du forcené à la tronçonneuse qui a attaqué à la tronçonneuse une agence d'une caisse maladie à Schaffhouse, l'homme aurait pu être détecté bien avant qu'il ne passe à l'acte.

Collaboration intercantonale

Le canton de Schaffhouse dispose déjà d'un outil pour la gestion des personnes dangereuses. «Mais lorsqu'apparait chez nous une personne qui n'y habite pas et que nous ne connaissons pas, nous ne pouvons pas agir», a déclaré Martin Tanner, responsable de piquet à la police cantonale de Schaffhouse. Les forces de l'ordre se sont rendues rapidement sur place mais elles n'étaient pas en mesure d'empêcher quoi que ce soit.

Outre Schaffhouse et Neuchâtel, ces outils de gestion de la menace existent à Zurich, Bâle-Campagne, Glaris et Lucerne. Zoug, Argovie et Obwald préparent le leur. Pour André Duvillard, il est évident que chaque canton doit disposer de son propre outil. Mais pour éviter des coûts qui asphyxieraient les plus petits, ces derniers devraient conclure des accords de collaboration avec les grands cantons.

«Cet outil a fait ses preuves»

Le canton de Soleure a créé son registre en 2013. C'est même le premier en Suisse à s'être équipé d'un tel outil. A ses début, il comptait environ 70 personnes qui ont proféré des menaces ou se sont montrées dangereuses envers autrui. A la fin 2016, il en comptait près du double, a précisé Bruno Gribi de la police cantonale. Cette inflation s'explique parce que les anciennes données n'ont pas été effacées au terme de la période légale.

«Du point de vue de la police, cet outil a fait ses preuves. Il n'est plus question de s'en passer», a ajouté Bruno Gribi. Selon les forces de l'ordre, le registre a permis d'éviter des actes de violence. Les auteurs potentiels ont reconnu que les mesures prises avaient contribué à la désescalade de situations dangereuses. Il est important de soutenir les personnes agressives et de leur montrer comment elles peuvent créer des mécanismes de défense, a souligné Bruno Gribi. (nxp)

Créé: 02.08.2017, 10h17

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