Mercredi 26 septembre 2018 | Dernière mise à jour 07:00

«Celebration Days» Montreux: elle est folle de Freddie Mercury!

La plus grande fan du chanteur du groupe de rock Queen était en pèlerinage» ce week-end à Montreux. Le Matin.ch est allé à sa rencontre pour découvrir une passion étonnante et envahissante… Confidences.

Elle aimait aussi Mercury mais à l’italienne…

Sans le savoir, Patricia Menuset semble avoir détrôné Cristina Milone. Cette volcanique Italienne, résidant en Ligurie à 450km de Montreux et née en 1952, fut avant elle la plus grande fan de Freddie Mercury et probablement la plus décalée aussi.

Nous l’avions rencontré en 2007 à Montreux, pour le compte de nos confrères de «24 heures». Elle était si fascinée par Mercury, que son mari avait fini par lui acheter un appartement de standing dans la fameuse Tour d’Ivoire de Montreux, un immeuble dont le bon goût suscite aujourd’hui encore d’ailleurs presque autant de polémiques que celui de la musique de Queen. Cristina Milone pouvait ainsi venir se recueillir à loisir devant la statue de son idole.

Quelques jours après la publication de ce travail, Cristina nous avait invité à partager un repas chez elle. L’article était déjà dûment encadré au mur de son appartement au milieu de dizaines de portraits de Mercury tout en moustache. Le champagne, boisson favorite du chanteur, avait coulé. A un bout de la table, notre hôtesse avait prévu une assiette, un verre et des couverts pour lui. «Car son esprit est toujours parmi nous», avait-elle précisé très sérieusement tandis que les tubes de son idole tournaient en boucle en fond sonore. Depuis quelques années, Cristina Milone se fait rare à Montreux. Suite au décès de son mari, elle a revendu son appartement montreusien. «Un jour, je me souviens l’avoir vu enlaçant la jambe de la statue de Mercury un air hagard et s’énervant que d’autres veuillent la toucher, se souvient un habitué des hommages montreusien à Mercury. Avec Cristina, la passion allait parfois trop loin!»

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Pour une histoire d’amour ou même pour une simple passade avec Freddie, j’aurai tout plaqué», confesse Patricia Menuset, tandis qu’un sourire songeur contredit son visage empourpré. La Française de 54 ans a deux hommes dans sa vie. L’un étant méchamment plus encombrant que l’autre. Le premier est son mari depuis trois décennies. Vendeur dans un magasin de bricolage à la retraite, ce sexagénaire lui a donné trois décennies de sa vie et «trois magnifiques filles» au passage. Il a préféré ne pas participer à l’interview.

Le second est feu-Freddie Mercury, charismatique chanteur à moustache du mythique groupe de rock britannique Queen, lequel a planté en elle, un soir au début des année 80, les graines d’une passion dévorante. «Il chantait "We are the champions" à la télé. Je l’ai trouvé très libre et attirant. Il m’a fasciné sans que je puisse dire pourquoi. Je me suis mise à acheter tous ses disques.» Le vers était dans le fruit…

Douze heures de route au son de Queen

Ce week-end, Patricia était venue pour la énième fois «en pèlerinage» à Montreux, se recueillir au pied de la célèbre statue de son idole aux côtés de quelques 400 autres mordus, parmi lesquels des Anglais, des Ecossais, des Russes, des Français, des Polonais, des Hongrois et beaucoup d’Italiens. Pour lui accorder le plaisir de participer aux Freddie Mercury Celebration Days, son mari a roulé 12 longues heures depuis leur domicile des Sables d’Olonne en Vendée. Sur la route, comme à chaque fois, l’autoradio n’a cessé de cracher du Queen, groupe à qui ce père de famille semble vouer, officiellement tout au moins, une sorte d’indifférence polie. Et comme à chaque fois, une fois passé le Château de Chillon, sa Patricia a «pleuré d’émotion».

«Tout mon argent y passe!»

Rendez-vous avait été pris avec cette fan d’exception au casino de Montreux. Là, un musée gratuit a remplacé l’ancien Mountain Studio, propriété de Queen de 1979 à 1993, et où le groupe avait notamment enregistré «Under pressure» avec David Bowie. Quel titre a été composés, par qui, où, comment et à quelle date? Dans quel collant multicolore a-t-il été interprété ? Devant combien de personnes? Patricia est incollable sur tous ces sujets qu’elle juge cruciaux et s’étonne au passage de notre inculture relative en la matière. «Tout mon argent passe dans Freddie », confesse aussi la Française sur un ton finalement plutôt satisfait. Soit un budget total à cinq chiffres, très loin d’être négligeable pour cette secrétaire de formation, qui fut mère au foyer de profession avec trois enfants à charge, une grande partie de sa vie.

Domicile conjugal transformé en musée

Patricia s’enorgueillit de n’écouter que du Queen, 24heures sur 24 à de rarissimes exceptions près accordées à Elton John et Georges Michael, «deux proches amis de Freddie quand même», se sent-elle obligée de préciser pour sa défense. Son domicile conjugal s’est métamorphosé depuis longtemps en un musée dédié à son idole. «Au départ, mon mari m’avait concédé un petit pan de mur mais je ne pouvais pas m’arrêter là et depuis tous y sont passé notamment ceux de notre chambre à coucher», s’amuse Patricia, en nous faisant admirer, ravie, sur son téléphone portable, l’œuvre de sa vie qu’elle songe sérieusement à faire assurer. Elle y voit plutôt l’œuvre d’une vie et songe sérieusement à la faire assurer. Du couvre-lit, au vaisselier en passant par la porte d’entrée, rien ne semble avoir échappé au charisme moustachu de Mercury.

L’une de ses filles rêve de l’inscrire à «Confessions intimes»

Les filles de Patricia, qui ne sont autorisées qu’à lui offrir des cadeaux en rapport avec Queen, voient les choses d’un angle différent, sauf la plus jeune, de 28 ans, qui elle aussi adore Queen et rêve d’inscrire sa mère à l’émission de téléréalité «Confessions intimes». «Elle héritera de ma collection! De toute façon, mes filles le savent: si elles bazardent quoi que ce soit, je leur en voudrai jusqu’à la fin de ma mort!» énonce Patricia sur le ton de l’évidence non négociable. Sa cadette, 33 ans, ose estimer de son côté, que la passion de sa génitrice est «étouffante». «Elle est né un 6 septembre. Je n’ai pas réussi à la faire naître le 5 comme j’aurais aimé car cela aurait correspondu à la date de naissance de Freddie!», peste Patricia.

Rendez-vous manqué à Fréjus

Son autre grand regret à propos de cette fille? «C’est d’avoir suivi les conseils de mon gynécologue alors que j’étais enceinte d’elle et ne pas m’être rendu à Fréjus le 30 juillet 1986 pour voir enfin Freddie en concert!» Elle ne le verra finalement jamais. L’artiste de 45 ans décède quelque années plus tard, le 24 novembre 1991 et est bombardé illico icône des années Sida à grands renforts de concerts-souvenirs et d’émissions-hommage.

«J’ai appris sa mort en regardant le 20heures de TF1, se souvient Patricia. Ça a été le coup de massue. J’ai pleuré. Depuis, chaque année, ce jour-là, je déguste une coupe de champagne à sa mémoire car c’était son vin préféré.»

«On me dit parfois que je suis zinzin mais je m’en fous!»

Et la passionnée de continuer dans la même veine, un lapsus en sus: «Freddie passe avant tout, à égalité devant mes enfants. On me dit parfois que je suis zinzin mais je m’en fous!» Elle préfère se voir comme une midinette et l’assume. La réalité serait probablement que Patricia est folle de son Freddie. Elle l’a littéralement dans la peau comme en atteste seize tatouages «queenesques» (bientôt dix-sept) recouvrant son corps du cou, aux mains en passant par le dos et la poitrine…

Seize tatouages parlants

Sur son bras gauche est par exemple inscrite, en anglais, cette citation de son idole: «Si tu veux la paix de l’âme, viens à Montreux». «C’est tellement vrai!», commente Patricia qui, ose dans la foulée et de manière inattendue une brève escapade de l’autre côté des amusantes apparences, là où la vérité et la souffrance pointe. «Quand je ne suis pas bien, j’achète un objet en rapport avec Freddie ou je viens à Montreux, cela apaise mon angoisse. Après je me sens mieux», confesse Patricia sans vraiment pouvoir en dire plus. A quelle blessures ou aspirations, profondément enfouies en elle, Mercury fait-il écho? Nul ne le sait. Seule certitude: Patricia est aujourd’hui la fan la plus hardcore du chanteur moustachu.

Combler un vide existentiel?

C’est en tous les cas la conviction de Norbert Muller, l’organisateur de ces «Celebrations days » qui est du genre calé sur la question et en a vu défiler au fil des ans! Pour le Montreusien de 63 ans, Patricia est «authentique et sympathique». Au-delà de son cas, il constate que la passion des Mercury vient parfois combler un vide existentiel chez certain de ces fans. «Mais ils forment une grande famille et tout cela est plus sain que la drogue ou l’alcool!» (Le Matin)

Créé: 10.09.2018, 11h41

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.