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Suisse Fronde à haut risque contre les touristes chinois

Boudée par les voyageurs européens, la Suisse se paie le luxe de tirer à boulets rouges sur les habitudes des touristes venus de l’Empire du Milieu.

Des touristes chinois au Titlis en mars 2014.

Des touristes chinois au Titlis en mars 2014. Image: Keystone

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Ils seraient bruyants, sales, ne finiraient pas leurs plats et bousculeraient les autres touristes… Depuis une semaine, pas un jour ou presque sans que les voyageurs chinois soient brocardés par le quotidien «Blick», outre-Sarine. A l’origine de cette campagne, divers coups de gueule, dont celui du président d’Ebikon (LU), localité dont un restaurant (chinois) est l’un des arrêts réguliers des cars des touristes. Face au raz-de-marée, l’élu UDC menace même de déclarer ces hôtes indésirables entre les murs de sa commune. Autre secteur sensible, le Rigi, en Suisse centrale, où les chemins de fer feront désormais des convois spéciaux pour séparer les voyageurs asiatiques des randonneurs du cru, en rogne.

Une polémique malvenue

Au moment où chute le nombre de visites des voisins européens, une telle polémique surprend. Comment la Suisse, affaiblie par le franc fort, peut-elle vilipender une manne financière aussi vitale que celle des touristes chinois, majoritairement des jeunes cadres? C’est la question que se pose Marta dos Santos, directrice de la Fondation du château de Chillon. Depuis deux ans, la Chine y représente la première provenance des visiteurs étrangers. Leur nombre augmente de 15 à 20% chaque année. «On est très contents de les avoir. Ils compensent clairement les visiteurs en moins de la zone euro et de Russie.» Pour éviter le choc des cultures, le personnel du château est toutefois spécialement formé à l’art de recevoir les Chinois. Un guide les accueille même dans leur langue. «Bien sûr, ils viennent en groupe, et du coup ça peut être bruyant, mais le problème n’est pas propre à eux.» Marta dos Santos ajoute n’avoir jamais vu l’un de ces touristes cracher par terre.

Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme, refuse aussi de hurler avec les loups. Pour elle, la population et les professionnels de son secteur font désormais face à des cultures et des habitudes différentes auxquelles il convient de se préparer. A l’inverse, «les «nouveaux» voyageurs doivent aussi se faire un peu plus à la culture suisse et européenne. C’est un processus qui va durer un certain temps», affirme-t-elle. La porte-parole signale que les autorités chinoises ont déjà pris le taureau par les cornes en invitant leurs concitoyens à ne pas cracher par terre à l’étranger, par exemple. «Souvent, ces touristes chinois qui voyagent en grands groupes ne sont encore jamais sortis de leur pays», ajoute la spécialiste. Elle note l’arrivée d’une nouvelle génération de voyageurs de l’Empire du Milieu, déjà rompus aux coutumes et à l’art de vivre européen, adeptes de plus petits groupes.

«On doit tous faire un effort, mais le boom de ces visiteurs est très positif», conclut un employé des chemins de fer du Rigi, soumis à la forte pression des touristes chinois.

Créé: 25.08.2015, 15h01

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